‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 65 sur 220 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

déploya-t-il une grande bravoure unie à une remarquable habileté; acculée à un ravin, son armée fut taillée en pièces. Pour échapper à la mort qu'ils avaient devant les yeux, un grand nombre d'Arabes s'étaient précipités pelemèle du haut d'un rocher taillé à pic : des ebasseurs et des voltigeurs les attendaient au bas et enfirent un affreux carnage. La victoire delà Sickak venail d'ébranler jusque dans ses fondements la puissance moi aie de l'émir : beaucoup de ses alliés l'abandonnèrent.

A Paris, cependant, le maréchal Clauzel poussait le gouvernement à une résolution décisive. Si nous nous bornons, disait-il, à occuper le littoral, attendons-nous à être jetés dans la mer.

Mais à l'idée d'une occupation complète, illimitée, beaucoup d'esprits s'effrayaient. La définition de M. de Broglie « Alger n'est qu'une loge à l'Opéra » avail fait fortune parmi les doctrinaires, hommes qui manquaient souvent de portée dans les vues et qui n'étaient pas sans justifier ci' mol de .M. de Tallevrand : « Rien n'est plus léger « qu'un lourd doctrinaire. »

Quant au roi. la possession d'Alger l'inquiétait moins (pic son goût pour l'Angleterre et son ardeur pour la paix ne l'avaient fait croire généralement. Car les Anglais ne faisaient pas étalage de leur jalousie, nous croyant peu propres a garder notre conquête", ci le nu savait bien que l.i guerre d' Wget n'était pas de celles qui embrassent tout . « l'eu importe, disait-il avec un grand bonheur d'expresi sion. qu'on tire en Afrique cent nulle coups de canon :

on ne les entend pas en I uiope. i

Restait M. Tbiers : et île ions les personnages marquants c'était le seul qui eut, relativement à l'Afrique,

v. Il

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■ne volonté forte. Le fond des idées de M Thiers étant l impérialisme, l'Algérie lui plaisait comme pépinière de soldats. Si nos troupes n'\ apprenaient pas .1 se tenu debout «'I inébranlables devant la gueule des canons, elles >\ exerçaient ilu moins ;'i la Fatigue, «-lli-- s'j accoutunaienl ■ jouer avec le péril, à supporter les privations, ■ mener la rie du bivouac, i surmonter la nostalgie. Voilé ce qui attachait M. rhiers a 1 Afrique, d'autant que n<>s luttes j mettaient en saillie des amesvraimenl militaires, des hommes qui, tels que t hangarnier, 1 amoriciire, Bedeau, Cavaignac, Duvivier. de Bourjolly. pouvaient un jour être opposés .1 il uropeen armes, avei sécurité, con- (lance el orgueil.

«m le voit, les conceptions de M. rhiers n'étaient pas dignes, sous tous les rapports, du principe représenté par la 1 rance dans le monde. Pas plus que le gouverneur gé néral de I Mgérie, il ne - était élevé ;i l'idée <U- la colonisation pai 1 1 lai 1 léc qui ne paraissail impraticable que qu'elle était grande Étendre les possessions militaires de la 1 i.in <■. lui assurer le long de la rote africaine Jes possessions maritimes d'où elle pill commander a la

Médilerra la , temps de paix, et, 1 n cas de

lutte, \ dérhalpei des M rhiers dans les con>

setpie - il<- 1 nquele n'apercevail rien au-delà < était

beaucoup el trop peu

Mais •• il n'avait quedea vues bornées >m l'avenir de

rie, 'i 1 moins ne se Faisait il auci illusion -m ce

qu'il importail d'oaei pour la soumettre, H r pirn.ni

nue le mal venait uni |uemenl de la guerre mal faite; que

I incendie une fois allu il n n avait p.is de milieu entre

rétoufle-i puissa ni el le luir; que les demi mesures

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