CHAPITRE VI
chai Clauzel dans la stupeur. 11 prévit le -mal que tant d'incertitude et d'hésitation allait causer, et il eut. la douleur de ne pas se tromper. Bone inquiétée par Ahmed, le camp de Dréhan attaqué, les tribus sur lesquelles nous comptions détachées de nous et châtiées par le bey de Constantinc. les opérations dont Ghelma était le but. retardées à une époque où tout retard ajoutait à la somme des chances contraires, tels furent les fruits de cette instabilité ministérielle, de cette politique sans nerf et sans suite. qui caractérisent le régime constitutionnel.
Sur ces entrefaites. M. de Rancé, aide-de-camp du maréchal Clauzel. ayant rapporté de Paris la nouvelle de la formation du Cabinet dirigé par. M. Mole, les inquiétudes du gouverneur redoublèrent. La chute de M. Thiers enlevait à ses projets un soutien, l'hiver approchai! . l'effectif général dans la Régence n'allait pas au-delà de 28,000 hommes, ce qui ne fournissait guère que"23, 000 combattants. Pressé d'agir, le maréchal fit sur-le-champ partir pour ParisM.de
Rancé, avec mission de solliciter un renfort de 10,000 hommes.
Les ministres du (> septembre se trouvaient . à l'égard de l'Afrique, dans une situation f irl embarrassante. D'une part, ils ne roulaient point dépasser les crédits, compromettre leur responsabilité devant la Chambre, se laisser entraîner, à la suite de M. Thiers, dans un système dont la hardiesse les accablait. D'autre part, il leur paraissait dur d'avoir à ab indonner une entreprise d ml la nation se promettait gloire et profit: ne risquaient-ils poinl parla d'ajouter à la popularité de M. Thiers el de découronner en quelque sorte leur avé lement .' Ainsi ballottes entre des sentiments contraires, ils axaient décidé que l'expédition
Itb HISIOIRF. DE Pl\ Mi
serait laite, stais sans accroissement notable de resaMreas, h île s'étaient bornés à expédier en Afrique, pour j complétai un effectif général de 30,000 hommes, des l>;iiaillona qui étaient déjà partis quand H. de Elancé arriva.
H, daRancé ayant expliqué l'objet de sa mission, oa lui répondit par nu refus Fondé sur ce que le --<'ni chiffre ■■a ii dans ii"- dépèi bas était celui de 30,000 hommes i ■ vain exposa-t-i] nu«- le ■aréchal « lauxeJ avait demanda* 30,000 combattants, si non 30,000 hommes, pu au haquels des malades et des blessés . en vain rappeler t-ii «nie le maréchal avait, '•" outre, jugé indispensables, «•! un corps d'infanterie indigène, et 1,000 cavaliers auxiliaires: les ministres opposaient invariablement 1 l'autorité des promesses verbales celle du chiffra écrit
hu reste, et dans les limites par eux tracées, ils étaient loin ii<- désapprouver l'expédition . comme !<■ prouve le passa p suivant il une lettre que le général Bernard, ministre de Is guerre, écrivait au maréchal, le iî octobre 1836 Monsieur le maréchal, je roussi hit connaîtra,
pai ma dépêche télégraphique d'hier, que j'ai appris ■atisfei 1 1 • • ■ • que voua entrepreniez i expédition de
Canstaati tt que vous n'étiez pa» inquiet des résultats
la vous si snnoncé en marne temps que 8 i R Hoa .m m le dut de Nemours est confié i vos -chus. < | i i.-
le priace arrivera à roulon le 15, et qu'il s'embarquare ■ m tdiatemunl poui Bons
i approbation était donc incontestable et explicita,
d'autant qu'un fila du roi prenait part h l'expédil et
m. pin- lard dans une dépèche du S novembre, !<• ml Bernard lit remarquei au maternai quels gouverne n avait \<»- ardowni, maisaanlemenl nui^r >. i sxpé