CHAPITRE VI
dition de Constantine, la seule chose à en conclure, c'est que le ministère, par un calcul peu équitable, se préparait en même temps, soit à profiter du succès, soit à décliner la responsabilité du revers.
Qu'allait résoudre le maréchal? Victime d'un refus qui déjouait ses plans et lui enlevait les moyens de succès reconnus par lui-même indispensables, donnerait-il sa démission ? Laisserait-il au comte de Damrémont. qu'on lui avait envoyé pour prendre sa place, le cas échéant, la conduite d'une entreprise aussi importante, aussi décisive? Ou bien, sans renoncer au commandement, se bornerait-il à déclarer que le moment d'agir était passé, et qu'il fallait ajourner une expédition désormais compromise par une politique avare et de funestes retards?
Ce dernier parti eût été le meilleur-, mais l'entreprise • ■tait depuis long-temps annoncée; elle tenait éveillée l'attention publique: elle devait servir de couronnement à des projets nourris avec complaisance, elle attirait un des Mis du roi; elle avait fait déjà tant de bruit parmi les Arabes, qu'à la suivre l'honneur pouvait paraître engagé...: le maréchal Clauzel pril le parti d'aller jusqu'au bout!
D'ailleurs, Joussouf, qu'il avait nommé bej de Constantine, n'avait cesse de lui souffler la confiance : que craignait-on? Il ne s'agissait en réalité que d'une promenade militaire; les tribus étaient disposées à se soumettre: Constantine n'attendrait pas une attaque el s'empres-
serajl d'ouvrir ses portes i»e telle- pr ■--,■- flattaient
le secret penchant du maréchal : il s'\ abandonna ; et les troupes eurent ordre de se reunir a itone. qui devait être le point de départ
i in entrai! dans le mois de novembre, et le ciel ne nous épargna point les avertissements sinistres. La ploie tombai! joor «i iiiui par torrents. La neige couvrait les montagnes. Fatigués par le mal de mer, les soldats étaient entassés Mans des casernes malsaines, mal abritées, où la lit- \ it- les venait saisir. Le nombre des malades B'aocrut d'une manière effrayante. \ la veille du départ, deui miiit- nommes gisaient «l;ui> les hôpitaux.
i t puis, i inondation de la plaine interceptait les communications, s'opposait a l'apport des denrées, au* achats de mulets. Joussouf, de qui on en attendait 1,500, l'ut
t' l'avouer qu'il en rassemblerait 500 à peine, m ce
chiffre, en effet, ne lut pas atteint .
Mais rien ne put ébranler la résolution «lu maréchal ( lauzel i e général de Rign] avec -a brigade avait pris les devants. Le m novembre 1836 . les pluies avant cessé, le maréchal salua comme un heureux présage le premier rayon de soleil, et, !<• lendemain, I armée se mit en marche iii'' comptai! en tout ".non hommes, portant pour quinze jours de \ h i es
i n orage lenible accueillit le convoi au camp de Dréhan. sur 230 bœurs appartenant au parc de l'administration, la moitié s'enfuil effrayée pai les éclairs el le tonnerre,
la marche continua, inceru it pénible, sur la terre
argileuse qu on parcourait, détrempée par les pluies, les prolongea mettaient cinq heures a franchir un espace de
cinq nulles, el poui allégei le fardeau a traînerai lieu
des boues, on jetai! quelques-unes îles échelles destinées ilader, au besoin, < onstanline i e I ■• lea troupes al teignaient les mines romaines de Ghelma; le r. elles traversaient la Sey bouse: et le 10. «lies au Ivaienl a Rai