CHAPITRE VI
Qed-Zenati. Elles n'avaient point rencontré d'ennemis et n'avaient vu que quelques Arabes occupés ça et là au travail des champs. Mais, dans la journée du 20, des cavaliers menaçants parurent sur les hauteurs, et des coups de fusil retentirent. Il fut permis alors aux plus résolus d'avoir de sombres pressentiments, le défaut de munitions et de vivres ne permettant pas une longue lutte. Dans la nuit, la pluie, la neige et la grêle étaient tombées avec violence : plusieurs soldats avaient eu les pieds gelés, d'autres étaient morts île froid ; aperçue déjà dans le lointain, Constantine semblait reculer devant les troupes. Knlin. le 21 novembre à midi, les mamelons qui la cachaient ayant été successivement franchis, elle se dressa tout-à-coup aux yeux îles soldats, protégée par un ravin d'une profondeur immense au fond duquel mugissait l'Oued-Rummel, el qui présentait pour escarpe e( contre-escarpe un roc taillé à pic. Le maréchal s'attendait à trouver les portes ouvertes : illusion trop obstinémenl caressée, que dissipèrent bien \ ite deux coups de canon partis du rempart el le drapeau rouge arboré sur la principale batterie de la place!
Or, L'armée arrivait, épuisée par neuf jours de marche, pendant lesquels il avait fallu sans cesse lutter contre l'hiver eil furie, abattre les arbres, casser les roches, rendre
praticables à l'artillerie el aux voitures les rampes des montagnes Les vêtements étaient trempés de pluie. Nul moyen de bivouaquer autre paît que dans la fange. Les bagages restaient embourbés une demi-lieue en arrière. La neige tombai! à gros flocons. <>n n'avait presque plus
de vivres.
Ainsi, ce n'était pas un siège qu'on pouvait tenter, c'était un coup de main.
no histoiii ni nix, o-
i innée venait d'abordés sur un plateau communiquant
axée la fille par un pont tres-etroit . et elle axait dexant aile un ravin lar^f de <><» mètres, des murs éf rocher à l'épreuve de la mine et du boulet, ■ adoubes porte irés-
l'cu le. el . pour aller jusipie-là. une xoie étroit* exposée au l'eu des ■aitaot el des jardins
\u Mid elail le cote (bible de ( onstanlme. la \ille en
cei eadroil n axant tour défense qu'un simple but d'en-
eemle domine p;ir !<• plalran de koudial- \l\
Maltieureusement. il ••lait imposeible d j conduire les pièces de s- nr m laranasoè le» roues s'enfooetieBl jus-
i|U au mo\eii el ipie i -oupait I Oued lluitilliel. greaSSdénU-
surémenl par les pluie-.
i e maréchal < huerai ■ dérida donc à diriger contre la porte du poni l'attaque principale, tandis, pie. gar son ordre, le général de Rignj -,• dirigeai! avec la brigade d i vaut garde vers le- hauteurs de Kaadial -Aty.
Il s avait trois cour* d eau à traverser, outre leltuinmel.
changera lairent, el les soldats eurent parfois de l'en jusqu'à la ceinture I •■ vent, jfailtoura, ei la grêle leur
venaient .1 i.i i.i, , i\c, i telle violence, qu'ils liaient
l'on es ,1,' temps en temps de fane balte al de tournes le l'orage \ peine approchaient ils des mamelons qui précèdeetfleplateau de Koudial Uy,qu*de> ives déchargea partirent desdivers points d'un cimetière de musulmans tbriléa par les tombeaux, on grand nombre d U*abeaaortM de II ville paraissaient résolu* i dispulei citcrpiqucment
iun i i. un. os i iu\ ii manquaient de 1 dre :
ils i hargenl -i li baloi Ile . enlèvcnl II position . al v é
lalilisscnt s\ir le plateau Mus Mmied Boy , qui axait lonhe \|ssa , s,,n lieuleliaill la delensedel onsl.ilit me el
qui lui-même tenait la campagne avec sa cayalerie. vint, dans la matinée du -22. prendre en queue la brigade d'avant-garde, au moment où les Kabyles l'attaquaient de front et où les Turcs se répandaient sur son flanc droit. La situation était critique: la bravoure des Français ne laissa pas un instant la victoire indécise, et sur tous les points à la fois l'ennemi fut repoussé.
Pendant que ceci se passait sur les hauteurs de Koudiat- Aty, un nouveau malheur frappait l'armée. Le convoi resté en arrière n'ayant pu être arraché aux boues, les soldats qui escortaient les voitures se mirent à les piller avant de les abandonner, et se gorgeant d'eau-de-vie pour tromper la faim qui les tourmentait, livrèrent une proie facile au yatagan des Arabes.
La journée du 22 avait été employée par le principal corps d'armée à canonner la porte du pont et à préparer l'assaut : le 23, L'artillerie continua à battre la ville; et la brigade d'avant-garde, appelée encore une fois au combat, chargea et culbuta les troupes du bey.
La nuit venue, deux attaques sont simultanément ordonnées : l'une, du cote de Mansourah. centre la porte du pont; l'autre, du côté de koudiat-Aty. contre la porte de Bab-el-Oued. Dans la première, qui n'était qu'un héroïque effort oestre des obstacles trop multipliés, le général
I ir/c| eut le cou traverse par une balle. La seconde, conduite par le colonel Duvivier, coûta la vie à deux officiers delà plus haute espérance : le capitaine Grand et lecominandant Kichepanse. Elle échoua, d'ailleurs, faute de moyens suffisants : les haches avaient manqué pour enfoncer une porte bardée de 1er. que ne pouvaient entamer
m Use crosses de fusil ni les baïonnettes.
I " . HI»TI>IK> M MI un.
i - éléments étaient conjurés contre les Français; les vivres se réduisaient à une ration de rh et à un biscuit par homme : il ne restait guère plus que trente coups tît* canons tirer; partout où on avait i-u l'ennemi en face, on l'avait mis en fuite : le signal de la retraite fui donné.
i commandant < hangarnier Formait l'extrême arriéregarde avec son bataillon \u moment où il atteignait te plateau de Hansourah, des nuées d'Arabes vinrent Pondre sur les i rançais aussitôt le commandant l hangarnier f<>rme ^"ii bataillon en carré, et, se tournant vers bob soidats Mes amis, voyons ces gens-làen face. Ils >"nt si\ " mille, vous êtes trois cents : la partie est égale •> Cela dit, "ii attend les arabes a portée de pistolet; et un feu de deux rangs jonche la terre d'hommes et de chevaux. Saisi 'I étonnement, de terreur, l'ennemi - éloigna précipitamment et ne suivit plus qu'à distance cette intrépide armée
i .1 retraite hit admirable. Les troupes Formaient un
■ il ré long .ni milieu duquel ;i \ ;i 1 1 été nagé un espace
suffisant pour l ambulance el les équipages, i n téta marchaient li"> spahis i es deux Ries latérales se composaient d'infanterie i arrière-garde, c mandée par te général
i. -n\ . comprenait des ■ oi ps *i infanterie el des coi pa de cavalerie Des lignes de llanqueurs soutenues par des encadrons de chasseurs protégeaient toutes les faces du i m. i ,i -,■ retrouva tout entier le héros des trapiles, i<-
puissant homi le guei re qui avait jadis sauvé des alla
quesdu duc de Wellington 40, 000 Français ramenés sans perte devant une armée victorieuse l,e regard ferme, la front calme le maréchal Clause! pourvoyait .« tout avec mu' merveilleuse promptitude de coup «l vil, et répandait