‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 70 sur 220 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

autour de lui l'inébranlable confiance dont il-était animé. Digues de leur chef, les soldats ne cessèrent pas de s'avancer en bon ordre, les cavaliers, dans leur généreuse sollicitude, cédant leurs chevaux, aux malades, et les officiers supérieurs tenant les blessés par la main pour 1'"- aider à marcher. On raconte qu'un soldat tombant de fatigue et un officier lui demandant s'il ne pouvait plus aller, celui-ci répondit : « Dans un instant je vais avoir la tète k coupée. .Mais prenez mes cartouches; je ne voudrais « pas que l'ennemi les employai contre vous. ■> Touche de tant de courage, l'officier mit pied à terre et plaça le pauvre soldat sur son cheval, qu'il se mit a conduire luime par la bride jusqu'à Ghelma.

Mais il était impossible que la retraite ne fùl pas douloureuse. La faim se taisait sentir cruellement et ajoutait aux fatigues de la marche. \ussi. dan-, les moments de balte, \o\ait-on les bataillons s'étendre sur la terre, semblables à des épis couchés par le vent. Or, attirés sur la trace de leur proie, les Arabes suivaient avec une avidité hideuse la colonne harassée. Et, de loin en loin, des soldats s'en détachaient que [a force venait d'abandonner. ll> se couchaient ceux-là, muets et résignés, se couvraient la tète, et attendaient l'ennemi «{ii i la leur devail couper. Souvent des charges eurenl lieu pour arracher a une mort certaine les malheureux qui . de lassil 1 1 1 i • - . se laissaient tombersur la route: mais tous ne purent être sauvés

Le :2."> novembre, au déclin du jour, le nombre des traînards augmentant, et les officiels taisant remarquer que la nuit allait livrer à l'ennemi des victimes qu'on ne lui pourrait soustraire, le général de Rignj . qui commandait l'art iÈre-fe'3rde snvcva demandei au maréchal ( I iuzel

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de ralentir sa marche; et, comme il ne recevait pas de rc| >i\ il s'avança lui-même jusqu'à la hauteur <le l'ambulance, en prononçant «t«--i paroles ou perçait imprudemm**ii i nne inquiétude exagérée torl réel -;hi> nul limite, mais qui lut envenimé outre-mesure et provoqua de la part du maréchal m ordre du jour d'une accablante sévé-

Le 30 novembre 1836 , l'armée avait couchée Dréban, et le ("décembre, elle rentrait è Bone.

Quatre cent quaranle-troic hommes tués ou morts de froid et deux cent vingt-huit blessés, c est a cela que se réduisait le chiffré île- pertes éprouvées Hais, en Franco, on mesura la grandeur du mal moins au nombre dea morts - 1 1 1 .i la nature des circonstances qui avaient marqué comme il un sceau fatal cette expédition tant dés

l> ailleurs, cou| s par le brouillard ou par la nuit, les dé-

pê nos lélégra| niques n'avaient apporté que lambeaui p a .n\ la funèbre nouvelle, prolongeanl .misi l'anxiété publique Mais re qu il j eût «le plus triste, ce lut le parti que cherchèrent a tirer de l'événement les passions politi que», de toutes parts déchaînées \ qui revenait la ras lilité de nos malheurs lel fui le texte d'une polé

miqueai ban impitoyable l».ms la conduite dn m in

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ii dont on a renversé les plans, et l héroïsme d'un

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