CHAPITRE Vil
ni grandeur: c'est ce que M. Thiers fit ressortir avec beaucoup d'impétuosité. Il prouva que, considéré dans son esprit et non dans ses termes, le traité de la Quadruple-Alliance liait à la conservation de la royauté d'Isabelle les destins de la monarchie constitutionnelle née . en France, de la tempête de juillet: que l'intervention en Espagne nous était commandée par notre alliance avec les anglais : qu'en courant combattre au-delà des Pyrénées don Carlos . l'élu de l'absolutisme, c'était la cause des gouvernements constitutionnels que nous allions soutenir à la face des peuples, et comme il convenail à des Français, fièrement, l'épée à la main : que nous ne pouvions abandonner ainsi la Péninsule, sans y perdre notre influence, sans nous amoindrir à l'excès, sans nous priver d'avance de cette bonne et fidèle arrière-garde que l'amitié ib' L'Espagne aurait à nous fournir si jamais l'Europe coalisée revenail sur nous par les roules du nord. Répondant à ceux qui n'apercevaient aucune différence ent e le système du il octobre celui du 22 février, el celui du 6 septembre, qu'il attaquait, « la différence, s'écriail l'ora- « leur, la voici : le premier n'avait accordé à l'Espagne
« que des secours insuffisants, le second voulait lui en (( porter d'efficaces, le troisième n'en veul pasdonnerdu " tout ». Puis, habile à manier les craintes qu'inspi ni ;'i la classe moyenne de France 1rs premières clamei la démocratie espagnole el ses progrès orageux, il entrevoir à la hourgeoisie française le châtiment possible de son apathie. <;>r enfin, les juntes espagnoles se formiuit <\r toutes parts en tumulte; Toreno renvers Mendizabal, Mendizabal par Isturiz; l'Espagne constitutionnelle poussée violemmenl dans les bras du parti dé-
ISO BISTOIM H |il\ »\-.
mocratique; répée des démagogues frappant aux portes ,!<• Saint-lldefonse parce qu'on ne savait pas écraser les carlistes dans la Navarre; en un mot, l'émeute dans les appai tements » l «* Christine, el la royauté d'Isabelle sur le point de manquer de place entre les séides enrégimentés
■ lu vieux despotisi i i>'^ partisans de la constitution de
1813 soulevés, rurieux... toul cela n'accusait-il pas assci h. lut l égolsme des hommes d'Étal opposés à l'intervention, el la folie de leur prudence .'
i étaient là des considérations pressantes: M. Mole leur opposa l élasticité manifeste des termes dans lesquels le traité de la Quadruple-Alliance était conçu, les inconvénients M une politique d'aventures, l'or el le -.ni;; de l.i
Francei tire en réserve pour des intérêts français, la
guerre à éviter là où dominait l'imprévu. Quelque auto rite qu eussent de tels arguments sur une assemblée de puis long-temps asservie à la peur, II. Mule aurait difficilement triomphé de son advers -il n'avait pu l'opposer à lui-même. De fait, M rhiers avait varié dans sa politique .1 1 égard de I 1 spagne. Bous lo charme des flatteries dont la diplomatie autrichienne l avait enivré, il lui était h 1 in <• de repousser l intervention dans une dépêche en date du 18 mars, dépêche ralalequeM Mole vint lire .1 la tribune, el <1< >tii il loua la sagesse ave une triomphante ironie.
La discussion lit aussi revivre !>■ souvenir de l'aflaire
1 onseil, basse intrigue dans laquel 1 avail laissé lom
lui le nom de la France Vainement II. Odilon Itarro de manda t-il des explications aur un mjslêre dont la honte te perdait dans les derniers mois du cabine que M. rhiers avait présidé m filière affirma qu'il n'avaitjmi t<ntt tu,