CHAPITRE Vil
en renvoya la responsabilité à M. de Gasparin,qui, en balbutiant, la rejeta sur M. de Montalivet. M. de Montalivel n'était pas dans la salle en ce moment. Le lendemain, il se contenta d'écrire à ses collègues, dans nue missive arrogante, qu'il était prêt à répondre de ses actes. Mais il ne dormait pas les explications attendues. Et la Chambre se tint pour satisfaite en se voyant bravée! soit qu'on s'effrayàl de l'imminence du scandale, soit qu'on respectât dans M. de Montalivet son protecteur caché.
Le ministèredu 6 septembre venait de sortir vainqueur d'une épreuve pleine de péril; mais son existence n'eu était pas plus assurée, parce qu'il couvait dans son propre sein le vernie de sa dissolution.
Un jugement droit, une élocution sans relief mais suffisante et sobre, beaucoup de tenue, de la présence d'esprit ei du sang-froid, de l'habileté dans le maniement des hommes, tout ce que donne l'habitude des grandes relations, l'expérience des affaires, une politique apprise à l'école de l'Empire el par conséquent le goûl du despotisme, mais avec cela une facilité singulière à se plier au joug des circonstances, peu d'élévation dans les vues, nulle hardiesse dans l'exécution, un amour-propre inquiet et trop aisément irritable: voilà ce que M. Mole avait apporté aux affaires en qualités el en défauts.
Qu'il eût occupé dans le Conseil la première place sans y prétendre à la domination, M. Guizol le lui aurait pardonné; mais M. Mole, comme premier ministre, entendait avoir le pas surses collègues, el c'est ce qui paraissait intolérable à M. Guizot, jaloux de personnifier dans un poste secondaire le Cabinet tout entier, el réclamant une influence proportionnée aux haines soulevées contre lui.
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m Mole devant H. Gaisot, c'était la susceptibilité patricienne .ni\ prises .ino- l'orgueil, l e premier s'irritait d'a- • suprématie à conquérir; !>• second affectait à i égard de l'homme qui la lui contestait une sorte d'étonnement dédaigneux dont rien n'égalait l'injure. De là un duel sourd, implacable, dans lequel les conceptions It^islatives, les desseins politiques , l'emploi des agents, les mesures les plus générales en apparence, n'entraient que comme des ai mes à l'usage de la jalousie Nous en pourrions citer mille preuves; quelques-unes suffiront, et peutêtre le lecteur Irouvera-t-il instructive la puérilité même de i 'i tains détails.
C'était, on l'a vu, II. Guizol qui avait fail placer au ministère de l'intérieur, pour > être tout-puissant, M. de Gasparin. La présence de H. de Gasparin dans le Conseil était donc Lrès-gônante pour m Mole, lussi, quelle "<■ fut joie du premier ministre lorsque, dans la discussion de I adresse, il \ii -<<u importun collègue réduil a laisser tomber de la tribune des excuses insigniûantes, embar nos l'iiim des murmures qu'elles excitèrent! Plus de doute, M. de Gasparin était perdu dans l'esprit de l.i i hambre »pr» s une démonstration aussi i taire de son insulDsan ratoire, m Guizol oserait il encore le soutenu ' Êvidem nti était impossible le moment était venu
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courait chez m Guizol poui le mettre en demeure, ou plot le ministère de I intérieur, ou d j loufTrii M de