‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 77 sur 220 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

« neur et ma conscience , devant Dieu et devant les <* hommes, sur toutes les questions, la réponse du jury « est : Non, les accusés ne sont pas coupables, » il y eut dans l'auditoire un mouvement de satisfaction contenu à peine par le respect dû à la justice. Bientôt la lecture du verdict d'acquittement par le greffier ouvrant un libre cours aux sentiments de tous, les accusés se précipitent dans les bras de leurs défenseurs : on s'empresse autour d'eux, on les félicite: et ce cri résonne avec force dans la salle : Vive le jury ! le jury d'Alsace ! Dans la cour extérieure du palais, mêmes transports. La ville de Strasbourg prit un air de fête, on offrit aux accusés un banquet somptueux, cl les émotions furent prolongées par un duel entre le colonel Tallandier et le commandanl Parquin, duel où celui-ci recul une assez grave blessure, après avoir mis lui-même son adversaire en danger.

L'issue du procès de Strasbourg consterna les minières. Le roi en fut particulièrement affecté. A Vendôme. le sous-officier Bruyant venait de tenter une insurrection avec le drapeau de la république; la pensée des complots grandissait ; des haines implacables germaient dans la nuit dont s'étaient environnées les sociétés secrètes; un ouvrier mécanicien nommé Champion fut découvert tramant un régicide, el il s'étrangla dans son cachot, sans qu'on put savoir s il ne laissait pas quelque sanglant héritier. Tout cela pesait sur le cœur de Louis-Philippe, ic coutume, lorsqu'il n était qu'un prince du sang, au bonheur des promenades solitaires, il gémissait sur sa liberté perdue, et il s'irritait de cette prudence pleine d'angoisse doni il avait dû s'armer contre les desseins de tant d'ennemis invisibles. Qu'il se mêlât à une semblable tristesse

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des élans d'indignation el le désir « U* couper court ;i toute tentative nouvelle par des mesures de rigueur, rien de I'Iiin naturel -;ni>; doute; mais dans cette tendance i\ étal > I ■ i un vaste système de répression, il j eut abus, et le uni \111t île-, ministres. Dominés par des ardeurs jalouses, \i Guizol el M. Mole se tenaient sans cesse en observation auprès du roi, se disputant ses préférences, épiant, -mus se l'avouer peut-être ;'i eux-mêmes, les premiers indices de sa volonté pour accaparer sa faveur, et, par une triste émulation île condescendance, exagérant sa propre pensée lussi s'étudièrent-ils comme ft l'envia noun if les inquiétudes du maître el ses chagrins \ igilants. Réprimer devint, pour ainsi dire, le mol d'ordre du < "nseil, el ce fut a qui proposerait le plus promptement lea mesures les plus sévèi • -

M Mole conçut alors un projet tel, qu'on n'aurait pu i exécuter qu'en temps de ci ise ou sous le régime do pou voii absolu il s'agissait de faire accorder au ministère le droit M éloigner arbitrairement de Paris quiconque parai trait mi peu trop dangereux C'était un véritable plagiat de la loi des suspects M Guizol ne goûta pas la propo m h .in mais h i raignit, s'il la combattait directement, que -mi rival n'en prit avantage dans le combat d'influence < I « i ils se livraient, il en consulta donc avec sea amis, el \i Duvei -l' r de llauranne se chargea «I une démarche au près de M. Mole l entretien eut tout le succès désirable \i Duvergier de llauranne ni observer que la mesure était d'une portée incalculable ; qu'elle se liait ■> un système de ■ ou pu 'i i i.ii . • 1 1 1 une crise seule pouvait justifier l emploi d< pareils moyen» qu il ne ronvenail pas après tant

de monlrei la t rance dans une situation révolution

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