‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 79 sur 220 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

« blic se présentera au jury, leur tète à la main, en quel- « que sorte, pour demander la tète des autres !... » S'élevant à des considérations plus générales, l'orateur ajoutait : « Votre loi détruit le sentiment qui fait le bon soldat, « ce sentiment qui dit au soldat qu'il est citoyen. Ce qui « rattache le soldat au pays, c'est qu'il pense à la maison « de son père, à son champ, au cimetière qui a reçu les » cendres de ses aïeux et doit recevoir les siennes. C'est « tout ce qui tient à sa petite patrie qui lui rend la grande

« chère Les bons citoyens font les bons soldats

« La justice est une en France, disait Napoléon : on est « citoyenavant d'ètresoldat.(Vousl'entendez... Napoléon! « Voilà sa pensée). Il faut que les délits du soldat soient « soumis à la justice civile. Oui, cela doil être ainsi, sauf « à l'armée, car l'armée emporte tout avec elle, c'est

n l'Étal qui voyage Un autre point capital, c'esl

h qu'il ne faut pas que la tutelle de la société soit abdiquée « par elle-même. Eh quoi! quand un crime à la répresi sion duquel tout l'État esl intéressé aura été commis, « ce ne sera plus la société qui aura le droit de répres- « sion! Or, le jury, c'est la société même.... Si vous « faites de l'armée un corps comme autrefois le clergé; « si. après lui avoir mis les armes à la main, vous l'in- \>'Mis»,v ilu droit de rendre la justice sous le- armes, tous abdiquez la justice, vous n'êtes plus la société, ■ TOUS déléguez VOS droits à des hommes armés qui " peuvenlen user contre le pays el contre vous-mêm

Pour détruire l'effel de cette vigoureuse improvisation, successivement appui ée par mm. Delespaul, de Golbérj ci \ii ml. il fallait un orateur puissant : M. de Lamartine se présenta. H commença par dénoncer dan- le verdict de

MSTOIM M MX ms.

sii.i~; ourg un scandale sans exemple, il s étonnait, il s'iudignail de tant de faveur accordée à d'aussi lundis rebelles . et, quant à l'impunité dont leur chef s'était vucouverl I .h l.i clémence royale, il rappelait que i ouis Bonaparte avait été mis h<n ^ la i"i commune le jour où, puni <lr la gloire de son nom, il fui happé par la raison d'État d'un exil éternel Qu'j avait-il d'injuste à ce i|u il profitât, coupable, d'une positron exceptionnelle dont il avait

souflerl i cent; m h supposer que l'indulgence du roi

se lut tronu de quel droit douze jurés faisaient-ils com

paraître .1 leur barre la majesté du Irone Vvaient-ik mission de vengei les principes violés, de rappeler le !i .m respect de I égalité méconnue? Suivant M. de 1 .un 11 linc. il fallait se prémunir contre de tels abus en adoptant, au moins comme mesure transitoire, la l"i pro posée, loi bien faciles justifier, après tout, puisque les délits politiques commis par les militaires avaient un 1 .1 raclère spécial de gravité qui réclamait une juridiction particulièrement sévère.

1 11 long tumulte suit ce discours M 1 liaramaule, pour le réfuter, parait h la tribune, et la lutte continue, Appuyé

pai mm Parant, Moreau delaMeurtbe , Persil, Mag 1

court, Martin du S'ord , le projet est flétri par l'Opposi lion avec une vivacité croissante M Chais d 1 -1 Vng»

1 appelle une l<n de suspicioi Ire le |ur> M, reste le

range dans la catégorie de ces mesures sinistres il> >■< i la liste comprend dans notre histoire ol le tribunal révolu-

tionn 1 les cours prévotalea Mais la violence des

purlisansdu projet se retrempe dans l'ardei le ces

Hllaque* Dépassant la limite llxée pai lea minialros, le rai lirlel ne craint pas de demandei que, dans le eu

aiAMTKE VII.

où les crimes prévus seraient commis par' des individus

de l'ordre civil, de complicité avec des militaires réunis et commandes par un ou plusieurs chefs militaires, tous les prévenus sans distinction soient traduits devant le conseil de guerre. De son coté, le général Bugeaud veut que la révolte à main armée soit justiciable des conseils de guerre, à quelque classe qu'appartiennent les coupables Ainsi, c'est le renversement de la Charte que proposent des hommes d'epée. L'agitation redouble. Alors, s'élançanl à la tribune. M. lîerryer adjure ironiquement les soutiens du minislère d'imiter les généraux liugeaud et Tirlet, d'aller jusqu'au bout, de se montrer logiques dans leurs pernicieux desseins. Car la disjonction lui paraitn on moins insensée que cruelle. « Comment ! vous allez en- « voyer les coupables d'un même crime devant des juges « différents ! El VOUS ne comprenez pas quelle atteinte est i portée par la a l'autorité de la justice, à sa dignité, au respect dûâ -es décisions? Supposez que vous l'eussiez eue, cette loi, la veillede l'attentat commis à Strasbourg : « que serait-il arrivé : que serait-il arrivé si. le jur\ res- » lant imbu des opinions que vous redoutez, leconseil de |' guérie avait été anime, au contraire, des sentiments de « rigueur que vous aliende/, de lui? que serait-il arrivé, " après l'acquittement prononcé par l'un desdeux tribu- < nauxel la condamnation prononcée par l'autre? Quoi ! i en même temps, dans la même ville, deux portes se.

ii seraient ouvertes ici la marche funèbre des c lam-

ii nés à mort, là l'ovation aux coupables acquittés el à .. leurs juges! El nous auriez laissé passer le convoi à « i ôté de ces joies bruyantes des triomphateurs de la jus- « lice! »

1S1 RISTOUU ■ MI »n-.

A peine M. Berryer a-t-tl cessé de se faire entendre, qu'un bourdonnement s'élève, l es députés onl quitté leurs - el vont se Former en groupes dans les couloirs et dans l'hémicycle. Les tribunes sont en mouvement. La ministres se concertent. Enfin, M. de Salvandy, rapporii'ui du projet de i"i. essaie de justifier son œuvre; mail au milieu de rémotion qui se prolonge, on l'écoute à peine, et l.i dis - nérale est fermée'.

■h li'in.iiii. : mars, M. Jaubert sejetail, éperdu, dans la mêlée. Pour cet homme fougueux, âpre avec esprit, incisif, aussi incapable de faiblesse que de discrétion, <-i qui mettait .1 soutenir des théoi n'^ il<' despotism e l'impatience factieuse et l'emportement d'un tribun, la loi propai les ministres n'était pas encore asseï dure, assoi absolue, il > «*■ i.-t 1 1 donc appuyer le général rirlet, et i>i<>voquer M Dupin aîné, qui avait .1 ses yeux !<■ tort il être momentanément 1 adversaire du Pouvoir, bien que f"i c

1 aire public. M. Dupin ré| lit avec une aigre

éloquence Ce fui le dernier épisode de lu discussion. Le -* 1 h un est interrogé el la l"i rejetée par il 1 vois contre 109 \i"i - monlérenl jusqu aux voûtes des cris il enthousiasme que, depuis long temps on n avait pas entendus. 1 es députés échangea ienl des félicitations passionnées; des mains qui ne s'étaient pas levées pour les mêmes serments

se « hen haient, se pressaient avec <ii u- el les fa es

agitaient leurs mouchoirs du haut des tribunes

1 m' rrisen slérielle paraissait inévitable. I 1 pourtant

1 ii suivante p. nui dans le journal ministériel du -mi

1 1 ministère du <> septembre ne se retirera pas devant - la vota de la Chambre II voulait renforcel la discipline

.1. 1 armée et provenu le reloui d'affligeants détordrai

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