CHAPITRE VIII
Annonce du mariage du duc d'Orléans. — Discussion sur les affaires d'Afrique. — Dotation du duc d'Orléans. — Débats parlementaires. — Le cabinet du lô avril est sauvé par M. Thiers.— Amnistie.— Arrivée de la princesse Hélène; son entrée dans Paris. — Ouverture du musée de Versailles. — Fêtes dans Paris.
En arrivant aux affaires, M. Mole avait eu à suivre une négociation importante. Dans une entrevue qu'il ont alors avec son prédécesseur, M. Thiers lui dit : «■ Le mariage du duc d'Orléans est à conclure, el il esl question de donner au prince pour femme, ou la duchesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin , ou um' princesse de Cobourg : la première, moins belle; la seconde, d'un esprit moins cultivé, très-jeune d'ailleurs et jouanl encore, pour ainsi dire. avec sa poupée'. » La princesse Hélène passait . eu effet, en Allemagne pour une femme de beaucoup de mérite, cl ce l'ut elle qui Gxa le choix du cabinet des Tuilerii négociation lui conduite par M. Bresson avec une dextc nie remarquable. Mais le succès tut ion- temps incertain. Car. pour ruiner les tentatives île la < oui de France, la Russie mit Loul eu œuvre. Inspiré par elle le frère de la princesse Hélène manifesta pour l'alliance à laquelle on le
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pressail de donner les mains, la répugnance la plus injurieuse et la plus obstinée. Peu s'en t'a II ut qu'un successeur de Louis \iv nese \ It hautemenl rebuté par un petit prince >r MIemagne, et c'esl ce qui sérail arrivé sans l'entremise bienveillante du roi de Prusse.
l <• i s avril donc, M. Mole pul annoncer à la Chambre qne le traité de mai iage élaii conclu.
i m projet 1 1 « • loi étail en même temps présenté ayant pour bul d'accorder au prince royal un supplément de dotation : et, de peur que, pressée par trop d'exigences à la fois, la munificence du pays ne s'avouAI lassée, le ininistère faisait la déclaration suivante, qui produisit une sensation profonde . < s. M a décidé que la demande présentée pour !<• prince son second fils serait ajournée l c mo Lait significatif, il trahissait l'obstination
.1 un .l'~ 1 1 inassouvi la malignité publique s m empara, mais on la laissa s'exhaler en commentaires, h l'on attendit.
i attention des esprits fut d'ailleurs un moment distraite pai les affaires >\ vrriquc. l 'effectil de l armée ayant été augmenté en i 836, !<• ministère demandait a la Chambre
un crédit supplémentaire de 5,647 ,( ii et M lanvier
avait présenté à ce sujet un rappoi t qui frappai! d'une cri ti'|in- amère, el la politique suivie par le ministère du ~ii févriei en llgérie, el la conduite que le maréchal i laur.cl \ avait tenue i es débats s uuvrii enl
On reprochail au maréi hal « lauzol >\ avoii trop poussé .i la guerre . il a m mi écrasé les Koulouglis de ricmeen, mis alliés, il une contribution énorme, dont h avail exempté
d< - lia. lais. ni", i- uns. el qui, levée pai des élran
i h ili . indigènes, avail donné lieu i ■! al nablea extoi
III il'l I l;l Mil.
sions. à des trafics spoliateurs. On lui reprochait aussi I;i province de Bone livrée aux violences île Joussouf. el L'expédition de Constantine , entreprise sur la loi des illusions les plus téméraires. Sa réponse ne le jusliiia point d'une manière complète, mais elle fui noble et d'une
tristesse plei le grandeur. « Je connaissais, dit-il en
« commençant, la fatalité qui s'attache à tous les services « rendus au loin, surtout a ceux qui tendent à donner de ii nouvelles provinces à la patrie. Dupleix disgracié sur le » rapport de quelques commissaires intéressés, après « avoir établi notre puissance dans l'Inde : Labourdonnais « abreuvé de dégoût et d'injures, Lally-Tollendal mourant
<• sur l'échafaud, un haillon entre les dents le savais
(i tout celaet je suis parti, i) Il reprit ensuite une à une les accusations dirigées contre lui. <>ui sans doute, il avait voulu en Afrique une guerre énergique et décisive •. et de quel droit venait-on lui en faire un crime? Puisqu'on n'entendait pas abandonner l'Algérie, ne fallait-il pas la soumettre! El comment la soumettre, si par l'incertitude des plans, la puérilité des efforts tentes, l'insuffisance des ressources mises en action, la domination française s'offrait à la risée des Arabes ? Vouloir, il fallait vouloir. On
lui demandait compte de la contribution frappée SUT les
KouIouglisdeTlemcen? Mais d'avance ils s'étaient engagés à supporter les frais d'une expédition entreprise pour les sauver; et l'on sciait adressé à eux parce qu ils étaient riches, parce qu'il s'agissait de l'entretien d'une garnison destinée à les défendre, parce qu ils avaient pillé la ville, pillé les Hadars, et qu'il n'eût été ni juste ni raisonnable de rançonner ceux qui venaientd'être dépouillés, en l'a\ eur
de ceux qui jouissaient des dépouilles. La perception, fl
JU HISTOIRE DE M\ l\-.
ù, .in -m été violente dans ses tonnes : mais t*li«' s étaii Elite suivant les usages du pays; l'administra tion française n'j avait trempé en rien; <-t les détails n'en étaient pas plus toi connus qu'on donnait l'ordre de la suspendre. Quant a l'expédition de ( onstantine, avait-elle été un échec? svait-elle été une défaite? Non. L'inclémence ilu temps, dont il <•-! >i difficile en Afrique de prévoir les variations, tel lut notre ennemi. El pourtant, oo l avait destitué, lui maréchal de France, destitué pour ne
pas ntré plus tort *\\\<- les éléments '. t <■ Directoire
avait-il donc trappe Bonaparte échouant devant Saint-
lean d v m- i b gouve ment an -lais avait-il IVappé le
dur di' Wellington renonçant a s'emparer il«' Bui Louis \in avait-il Frappé « onde levant le siège de i éi ida ' Ces explications amenèrent M. Baudeàla tribune. Envoyé en Afrique par le gouvernement avec une mission spéciale, il avait recueilli les plaintes des Koulouglis, suivi l'expédition de Constantine; et il n'hésita pas i se porter hautement l'accusa teui du maréi liai Son discours ne lut, du reste, qu'une reproduction plus vive de griefs déjà énoncés, et il provoqua, de la part du maréchal C.lauzel, une réplique où perçait l amertume d'un cœur blessé i |amaii i .1 devait se borner tout l'intérêt de la discussion i es saillies spirituelles de m Jaubert au sujet d'Alger, » nui . nous possédait plus que nous le possédions », les il laques de M IMscator^ contre l< système de l'occupation illimitée et celles de M rhiers contre le système de la ri m. il laite, les vagues remai |uea de M Guizot, les
protestai » philanthropiques de M. de i imarline, tout
i.i que très faiblement le problème et eut peu il influe mu le mouvement de l opinion