CHAPITRE VIII
Les exigences financières du Château étaient à l'ordre du jour -. on y revint. Et la royauté eut lieu d'être satisfaite de la générosité des Chambres. 11 fut décidé, malgré l'opposition de MM. Garnier-Pagès.Demarçay. Briqueville, àla Chambre des députés, et malgré celle de M. le vicomte Dubouchage, à la Chambre des pairs, que la dotation du prince royal serait portée annuellement à deux millions, que les contribuables paieraient un million pour les frais de son mariage, et que le douaire de la princesse serait fixé à 300,000 francs.
C'était trop faire pour une famille : on demanda plus encore, on demanda en faveur de la Bile aînée du roi, d( renue reine des Belges, une dot d'un million. En vain MM. Demarçay, Lherbette, Salverte, Larabit, Charamaule, adjurèrent-ils la Chambre de prendre en considération la misère du peuple, l'opulence de la maison royale, la grandeur des sacrifices déjà consentis : en vain reclamèrent-ils ;i\ qui s'appuyaient sur L'insuffisance du domaine prise, la production des pièces justificatives, la Chambre ne prêta une attention bienveillante qu'à M. de Montali- \il. ministre personnellement dévoué au roi et le plus â] re des orateurs de la Cour, M. de Montalivet exposa d'abord avec habileté que les ressources de la royauté u« devaient point être séparées de leur application n saire, le roi des Français ayant naturellement des actes < 1 « bienfaisance à accomplir, des récompenses à donner, des encouragements à distribuer aux savants et aux artistes, des palais à restaurer ou à embellir. Mais, quand il en vint aux attaques provoquées par la présentation des lois de famille, il fui acerbe, accusateur, et s'attira une réponse terrible. Faisan! allusion aux pamphlets de M. de
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Cormenin, il avait prononcé le mol calomnie. Aussitôt II. (!<• Cormenin se lève el rail si^m- «mil veul parler de sa place, on savait combien il était intimidé par la tribune : "H espère l'accablai - il j monte, el de ions l< •«, bancs minislériels s'élève ce cri : A la tribune! à la tribune! Étonné, interdit, M. « 1 « - < ormenin se consulte, il promène autour ilf lui <li •- regards troublés, il hésite. Mais lc> clameurs redoublant, encouragé par ses amis, il se risqu»l'iilin. ri appuyant sur le mai lui- de la tribune où ou rentrai ne ses mains qui tremblent d'émotion 1ère pousse, ihi-il en s'adressanl à M. de Monlalivet, les « inculpations qui viennent de tomber de votre bouche. ', \ a calomnie ilaiiN l'évaluation des» hiflres énoncés par vous, la calomnie vient dévoua, non de moi Cai si dans un méchant pamphlet de police inlituli . liste civile dnoUée, que les forêts il<- la couronne li- .ii-n t poui 184,000 hectares Jene lésai portées, moi, • qu'à 102,000 hectares En sorte que vous vous :
m calomnié vous me. le ne me perdrai pas dans le
laie de vos calculs osez produire les pièi es juslifl
l'ai ceple le i nmbal I a question est
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joulei par i aigreui excessive ii<- sa réplique, \\ani dit en parlant de M. de Cormenin l'Iionorablt préopinanl ,le n.ini. .ijoiii.i i il, eu se rétractant avec vivacité m nulle lainiir où l on ue vil qu une vengeance de courli san! la discussion ne fut pas Hulremenl animée la
CHA1MTKE Mil. '.'I .
Chambre avait liàte de montrer qu'on n'épuiserai! pas facilement sa complaisance. Au reste, puisqu'elle se disait monarchique, elle avait raison de ne pas refuser quand c'était un roi qui demandait !
Cependant, les amis de M. Guizol frémissaient de dépit cl d'impatience; et lui-même, immuable dans son orgueil, il ne vivait plus que de l'espoir d'abattre ses faibles vainqueurs. Mais la véritable cause de sa rupture avec M. Mole n'étant pas de relies donl ou se vante, il cherchait avec inquiétude par où il saisirait sou adversaire pour le renverser. Lorsqu'ils étaient ensemble au Pouvoir, n'avaientils pas I iiu et l'autre professé les théories delà violence.' n'avaient-ils pas voulu, d'une commune ardeur, aggraver la législation de septembre par le téméraire el brutal appendice îles lois île disjonction. île déportation, île non révélation? si M. Guizol criail a M. Mole: - Vous êtes coupable », M. Mole n allait-il Das lui répondre : » Nous êtes mon complice. » Que l'aire donc!' Inspiré el poussé par ses intimes, M. Guizol prit un parti qui ne prouvait pas -;, sincérité, mais qui plaisait à son audace. Il résolut de se donner comme ayant représenté spécialement, dans le Cabinet dissous, la politique de Casimir Périer, cette vieille politique de résistance sous laquelle l'esprit révolutionnaire avait fléchi. C'était se parer d'un rôle monstrueux, car, depuis Casimir Périer. la société n'avait cessé de pencher vers le repos, et la langueur des partis \ rendait tout au moins superflu le gouvernement de la colère. Mais M. Guizol n'ignorail pas que, dans la plupart des hommes donl s'était composée l'ancienne majorité. la guerre civile avait laisse une trace brûlante, il espéra les attirer & son ambition en les enivrant du souvenir de
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leurs triomphes passés, en leur montrant toujours debout et toujours armé l'esprit révolutionnaire, immortelle pâture de leurs passions; en leur soufflant enfin la peur et i.i haine. Mors, de deux choses l'une: ou m. Mole m laisserait imposer une politique sauvage, et il périrait par l'excès, un bien il Ferait effort contre l'impulsion donnée, et, trop faible, il tomberait chargé de mépris.
i • lécution il<- ce plan lui poursuivie avec une impétuosité singulière Dans la commission des ronds secrets, les amis de M <.iii/<>i sommèrent fièrement M. Mole de s'expliquer sur le retrait de la lui d'apanage, concession pusillanime, ;'i les entendre, l ui, étonné, incertain, et m sachant encore dans quelle partie de l'assemblée il chercherait son point d'appui , il promit d'être ferme, d'être résolu, et «pu- le Pouvoir n«' défaillirait pas entre m mains. Mais les doctrinaires avaient juré de le pousser si ardemment dans la carrière îles rigueurs, qu'à la fin, haletant et saisi d'effroi, il fut forcé de s'arrêter et de dire irai pas plus loin i i i c'était la qu'on l'attendait i >< h h le livrai aux coups d'une majorité rendues ses en portements d'autrefois par le sentiment exagéré de ses péi ils
M. Duvergier de Hauranne avait ét< i hargé du rapport rets il le (Il avec une habileté redoutable H demandait aide et protection pour les ministres, mais i certaine conditions; et, après avoir rappelé es
que le i ■ .l'\.ni .1 i.i politique vigoureuse du 13 mars,
continuée pai celle du i i ex lobre, il affirmait que l heure m était pas venue de faiblir, mêlant ainsi i des eon< lusiona fatoi ahles au < abinel des i onseila pleins de hauteur, al à des offres de sympathie des avertissements d'une auaté