CHAPITRE Mil
rite menaçante. Mois M. Mole s'etfraya d'avoir de tels alliés-, ne les voulant point pour maîtres, il les accepta pour ennemis, et. se décidant tout-à-coup, il dériva vers le Centre Gauche.
La situation se trouvail donc parfaitement dessinée de part cl d'autre el le champ de bataille préparé, quand la discussion sur les fonds secrets s'engagea . C'était dans les premiers jours di- mai. Le ministère n'avait pas un mois d'existence, el les doctrinaires ne doutaient pas qu'il ne leur fui aisé d'avoir raison d'un Pouvoir qui osait méconnaître l'importance de leur appui. Aussi le Cabinet eut-il à essuyer tout d'abord, après les attaques de MM. Havin, Salverte et Lacrosse, orateurs de la Gauche, l'implacable et hardi persifflage de M. Jaubert. M. de Sade vint ensuite, el enfin M. Guizot.
Quelque envenimées que fussent chez cet homme dédaigneux les blessures de l'orgueil offensé, sa démarche étail plus affaissée que de coutume; la tristesse de l'accablement tempérail le sombre éclat de ses yeux . il portail sa tète avec une fierté contenue, el l'altération de son visage n'était pascellequi trahit lesecrel des tumultueuses
pensées. Il venait de pi rdre son (ils. Mais les grandes
douleurs exaltent une âme qui n'est point vulgaire, et, loin de l'abattre, la fortifient Elevé un instant parla majesté de son deuil de pèreau-dessus de la tactique adoptée et des ruses misérables de I ambition, M. Guizot trouva quelques accents d une véritable éloquence. H émul puissamment l'assemblée, lorsque d'une voix presque éteinte ildil : i l .h prisetquitté le Pouvoir déjà plusieurs foison ma vie, « et je suis, pour mon compte, pour mon compte per- ■ sonnel, profondément indifférent à ces vicissitudes de