‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 53 sur 201 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

eiiropocM 110 fut pas trop violemmetil rompu! l/iiicoiisrquence était monslnieuse.

L'équilibie de llùirope par rinléjiritô do IVrnpiro otloman irôtait donc plus qu'un valu mot. Le veut du noi'd, qui dans ces parafes souille huit mois de raunée sur douze, poussait irrésistil)lemeut les Kusses vers Coustantiuople. l^a siaiu quo oriental no retardait leur ('on({uol(' que pour mieux l'assurera

Mais si l'empire ottoman ne [)ouvait être sauvé par le statu qiio^ n'aurait-on pu le sauver par une révolution? Si l'élément turc y était sans vigueur, u'aurait-on pu chercher une vie nouvelle dans l'élément arabe? Si la Turquie était impossible par Mahmoud, ne fallait-il pas essayeide la rendre possible par Méhémet-Ali ? Tel est le système qui, comme nous le verrons par la suite de cette histoire, obtint en Franco le plus de faveur. Ki })ourtant il était chimérique aussi.

Méhémet-Ali avait, sans nul doute, accompli de grandes choses. Il avait extirpé, en l'absorbant dans sa famille, la domination des Mameluks, sujets du sultan ; il avait fait de son pachalick d'Egypte une souveraineté presqu'indépendante ; il avait tiré en quelque sorte du néant une armée instruite et disciplinée à la faç^on des armées d'Europe; dans un pays qui manque de chanvre, de fer, de bois de

' Le seul moyen, pour la France, de raffermir en 1830 l'empire des sultans, eût été de tirer l'épée contre les îUisses en armant Constantinople et en prêtant appui à Varsovie soulevée. Mais si on ne voulait pas du système «|ui eût opposé à la ligue de tontes les Puissances principales, la France fe'appuyant sur toutes 1rs Puissances secondaires, système plein de péril mais plein de grandeur, l'unique parti à prendre pour détruire les traités de Vienne et conserver à la France le rang qui lui convient, était celui que nous proposons dans ce chapitre.

construction, il était parvenu, au moyen de ses trésors, à créer une marine; TÉgypte, à sa voix, s'était couverte (Fateliers et d'établissements dirigés par des Européens et surtout par des Français : en un mot, il avait su mettre au service de sa puissance orientale l'expérience , la science, lindustrie et les arts de rOccident. Puis, audessous de sa gloire, brillait celle de son fds Ibrahim, guerrier terrible et intelligent, plein de confiance dans le sort des batailles, plein de foi dans le génie paternel, bras de cette Egypte dont Méhémet-AIi était le cœur et la tête. Il y avait là, certes, de quoi éblouir, et il était naturel que la France, dont Méhémet-Ali aimait à se dire le protégé et rélève, ne vît en lui qu'un continuateur de Fœuvre commencée sur les bords du Nil par le vainqueur des Pyramides, (jne le vicaire oriental de Napoléon -, il était naturel quelle cherchât à consolider son influence au Caire et à Alexandrie, pour étendre le long des rives méridionales de la Méditerranée cette souveraineté nouvelle dont la prise d'Alger venait de fixer le point de départ et le centre.

Cej)endant, pour peu que la France eût approfondi la situation, elle aurait vu que les créations de Méhémet-Ali reposaient sur la plus odieuse, la plus dévorante tyrannie ([ui fut jamais^ que, pour recruter une armée, il avait eu l'ccours à ]'d presse des jeunes gens, et n'avait pu traîner les malheureux fellahs sous ses étendards que les mains liées derrière le dos et la chaîne au cou; qu'il avait dû, pour se former un trésor, non-seulement établir, en matière d'impôts, un abominable système de solidarité, mais encore se substituer, lui tout seul, à la nation égyptienne tout entière, se rendant ainsi l'unique propriétaire, lu-

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