‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 56 sur 201 · CHAPITRE m. iZZ · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. iZZ

A(l(3lplie, appuyé sur rélecteur de Saxe et les luthériens allemands, l'ut le chef-d'œuvre de la pollticjue de Richelieu. Et Louis \IV essaya de porter le dernier coup à la puissance autrichiemie en plaçant son petit-fils sur le trône de Charles-Quint. De Tait, il y avait pour la France un intérêt vital à ce qu'on ne lui enlevât pas, au midi, la liberté de ses mouvements^ et tel était le danger dont la menaçait l'Autriche, se rendant nécessaire au pape, pesant sur ritalie et donnant la main à l'Espagne.

Plus tard, Napoléon ne fit que reprendre et exagérer la politique de Henri IV et de Richelieu, lorsqu'il se déclara le protecteur de la confédération germanique. C'était toujours l'Allemagne opposée à l'Autriche. Seulement, il aurait fallu opposera l'Autriche une Allemagne indépendante et non pas une Allemagne en tutelle.

Au reste, ce ne fut là qu'un des aspects de la politique de Napoléon, et personne n'ignore qu'à l'abaissement de l'Autriche se liait dans sa pensée la ruine de l'Angleterre. Son esprit était trop élevé, sa vue trop perçante, pour qu'il ne comprîtpasquele principe de concurrence introduit depuis 1789 dans notre ordre social nous commandait impérieusement d'étendre de plus en plus nos marchés, de conquérir au loin des comptoirs , de devenir une grande Puissance maritime enfin, et, par conséquent, d'arracher aux Anglais la dictature des mers. Napoléon a dit dans ses mémoires : « Le principal but de l'expédition des (( Français en Orient était d'abaisser la Puissance anglaise. (( C'est du Nil que devait partir l'armée qui allait donner « de nouvelles destinées aux Indes. L'Egypte devait remu placer Saint-Domingue et les Antilles, et concilier la u liberté des noirs avec l'intérêt de nos manufactures.

i:;» HISTOIRE DE DIX ANS.

a La conquête de cette province entraînait la perte de (( tous les établissements anglais en Amérique et dans la « presqu'île du Gange. Les Français une fois maîtres des « ports d'Italie, deCorfou, de Malte et d'Alexandrie, la (( Méditerranée devenait un lac français. »

Lh bien, par un merveilleux concours de circonstances, en admettant que l'empire ottoman ne pût échapper à un partage, et que l'occupation de Constantinople par les Russes fût inévitable, les deux seules Puissances intéressées à nous repousser de FOrient et à nous exclure de tout partage étaient précisément celles qu'avait poursuivies la politique de Henri IV, de Richelieu, de Louis XIV, de Napoléon : l'Angleterre et l'Autriche.

Nous n'aurions pu, en effet, aider les Russes à s'installer à Constantinople, qu'autant qu'ils nous auraient aidé à nous établir en Syrie et en Egypte, en vertu d'un échange qui, leur donnant la Mer-Noire, nous eût donné la Méditerranée. Or, il était impossible que l'Autriche consentît à notre prépondérance dans la Méditerranée, à cause de ses intérêts en Italie -.et, quant à FAngletterre, elle savaitbien qu'elle serait perdue le jour où, devenus maîtres du cours de FEuphrate et de l'isthme de Suez, nous pourrions lui fermer la porte de son domaine indien.

La France, après 1830, était donc naturellement amenée à tenir à la Russie le langage que voici :

<( La révolution de juillet qui vient de s'accomi)lir est plus que le dénoûment d'une lutte politique engagée entre la Chambre et la royauté, c'est l'explosion du sentiment national refoulé outre mesure par les traités de 1815. Nous sommes résolus à secouer le joug de ces traités et a refaire l'équilibre européen. Nous le pouvons en associant

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