‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 67 sur 201 · IV. H · texte numérisé non relu

IV. H

convention supplémentaire ne se bornait pas, comme on Fa prétendu depuis, à développer les principes posés et à résoudre les difficultés qui s'étaient présentées dans Fexécution du traité primitif ^ elle tendait à en modifier la nature et les effets. C'est ainsi qu'il était stipulé dans l'article 6 que tout bâtiment de commerce des deux nations serait présumé de plein droit s'être livré à la traite des noirs ou avoir été armé pour ce trafic, si l'on trouvait à son bord : des écoutilles en treillis et non en planches ordinaires, ou des planches en réserve propres à établir un pont volant, ou des chaînes et des menottes, ou une plus grande provision d'eau que les besoins d'un bâtiment marchand n'en exigent, ou trop de gamelles et de bidons, ou trop de riz, de farine, de manioc du Brésil, de blé des

Indes '

Considérer comme indices du crime, des chaînes et des menottes, on le pouvait assurément ^ mais permettre d'avance qu'un navire fût détourné de sa destination, enlevé à son commerce , traîné dans un port pour y subir les lenteurs et les désagréments d'un procès, parce qu'il aurait plu à un étranger de trouver à bord un peu trop de farine ou de riz, n'était-ce pas donner au droit de visite une extension dérisoire et propre à en changer le caractère ? N'était-ce pas exposer la marine marchande à des vexations de toute espèce, contre lesquelles il n'y aurait de recours que dans des représailles brutales ? Il était fort étrange que le Cabinet des Tuileries, si passionné pour la paix, Teût mise ainsi à la merci de tous les hasards ! Il était étrange qu'il la fît dépendre de l'injustice ou de la grossièreté du premier marin venu ! Et en faut-il davan- ' Voir aux documents historiques, n*» G.

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