‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 13 sur 159 · Chamfrre des Communes. Séances du 20-25 février 0. Id · texte numérisé non relu

Chamfrre des Communes. Séances du 20-25 février 0. Id

:;. Chambre dee Communes. Séance du 26 mars

HISTOIRE DE ï)l\ \\S

fit La proposition d'une enquête. Mais il aurait fallu avouer, à la face de l'Europe, que

la politique anglaise n'avait jamais été qu'une criminelle bévue ; qu'après avoir bouleversé maints royaumes, fomenté mille révoltes, violé les traités; ravagé des provinces, inoendié des villes, asservi insolemment les mers, et tout cela pour trouver des consommateurs aux produits anglais, celte politique n'aboutissait qu'à l'impuissance . Il est certain qu'en prenant pour système de substituer son activité à celle de tous les peuples, rendus tributaires de son industrie, l'Angleterre n'avait point aperçu qu'elle [inirait par les appauvrir, et serait elle-même ruinée, le jour où elle les aurait mis dans l'impossibilité de solder leurs échanges. Elle n'avait pas songé non plus que, pour convaincre son système de folie, il suffirait que quelques grandes nations fussent tentées de l'imiter. Voilà ce qu'une enquête aurait clairement révélé. Or, les ministres torys, en possession du pouvoir, ne voulaient point prononcer contre le génie de la vieille Angleterre une aussi éclatante condamnation. Et leurs adversaires, profitant de cet embarras pour les accuser d'incapacité, se préparaient à les renverser en demandant tout à la fois et la réforme électorale et une enquête.

Ainsi déchirée intérieurement, la Grande- Bretagne voyait, au-dehors, son influence paralysée et ses destinées compromises. Egalement menacée par la marche victorieuse do la Russie vers les Indes et par les acquisitions de la France sur les bords de la Méditerranée, elle n'avait guère plus, pour faire face à ces deux dangers, que les artifices, bien connus, de sa diplomatie. Carie peuple, écrasé d'impôts, exigeait des économies ; M. Sume avait excité de vives sympathies dans les classes pauvres en proposant à la Chambre des Communes la réduction des dépenses consacrées à l'armée et à la marine4; l'Irlande, enfin, occupait des troupes considérables, [dus que jamais nécessaires pour maintenir dans cet infortuné pays une tyrannie sans exemple et sans nom.

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