‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 18 sur 159 · Dauvert, chef de l'argenterie, de veiller · texte numérisé non relu

Dauvert, chef de l'argenterie, de veiller

soigneusement sur cette partie d'un tr. qui allait être désormais celui de la baronne. Madame de Feuchères paraissait au-^sj fort

LOUIS BLANC

inquiète au sujet des papiers du prince ; mais elle donnait à son inquiétude un noble motif, en exprimant le désir de trouver au bas de quelque lettre d'adieu le nom de l'homme qui l'avait tant aimée.

Mais il semblait étrange à tous les serviteurs du duc de Bourbon que, sur le point d'accomplir un dessein si funeste, il n'eût laissé aucune indication écrite de son désespoir, aucun souvenir de ses heures suprêmes, aucune marque d'affection pour ceux dont il s'était plu toujours à récompenser le zèle. C'était là une sorte de suicide moral non moins inexplicable que tout le reste. Une découverte inattendue vint mettre le comble à tant d'incertitudes.

Vers le soir du 27, M. Guillaume, secrétaire du roi, aperçut, en passant devant la cheminée de la chambre mortuaire, des fragments de papier qui brillaient sur le fond noir du foyer. Il s'approche, et sur ces fragments, que soutenaient des cendres de papiers brûlés, il lit ces mots : roi.... Vincen-

nes.... infortuné fils M. le procureur

général Bernard était arrivé le lendemain à Saint-Lcu; on lui remit ces fragments, avec d'autres que le valet de chambre Lecomtc avait recueillis. « La vérité est là, » s'écria aussitôt le procureur général; et, à l'aide des personnes présentes, il réunit les fragments de manière à recomposer les deux écrits que voici :

Saint-Leu appartient au roi Philippe

lie pilles, ni ne brûlés le château m le village ne faites de mal à personne ni à mes amis, ni à mes gens. On vous a égarés sur mon compte, je n'ai

urir on aianl cœur le peuple el l'espoir du bonheur de ma pairie.

Saint-Leu cl ses dépend Appartiennent à votre roi Philippe : ne pillés ni ne brûlés le iu-

le village mal à personne es amis, ni à mes gens.

Qp \.m,- o égarés sur mon compte, je n'ai qu'à mourir eu

souhaitant bonheur et prospérité au peuple français el à ma patrie.

Adieu pour toujours,

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