‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 61 sur 159 · Vous nous soniir.es f;,il montrer ['actfl dfl vente · texte numérisé non relu

Vous nous soniir.es f;,il montrer ['actfl dfl vente

fortune politique. Enfin, l'on fit revivre tout ce qui, depuis 1830, se liait à des manœuvres de corruption, à des scandales de cupidité. Un événement imprévu vint ajouter à ce débordement d'accusations. Un jour, sur la façade de la maison qui avait servi de quartier général à la révolution de juillet, ces mots parurent aux yeux du passant étonné : mise en vente de l'hôtel Laffitte. Il était donc ruiné, celui qui avait couronné roi le duc d'Orléans, celui qui, pour en venir là, n'avait pas hésité à jouer dans les péripéties d'une crise inévitable une existence si longtemps digne d'envie, celui qui, plus tard, pour consolider son ouvrage, avait consenti à tenir les rênes du gouvernement au milieu de la tempête, abandonnant ainsi le soin de ses propres affaires et faisant à sa royale créature le double sacrifice de sa popularité engagée dans les combats delà rue et de ses intérêts financiers mis en quelque sorte à la merci du hasard ! Tel fut le cri qui s'échappa soudain de toutes les bouches, lorsqu'on sut que peu de temps après l'avènement de Louis-Philippe et à quelques pas du château des Tuileries, des affiches portaient : mise en vente de l'hôtel Laffitte ! Les ennemis du roi en prirent texte pour l'accuser d'ingratitude, et ils le firent avec cette joie secrète et cette indignation bruyante qu'on puise dans les torts ou les imprudences d'un ennemi. De leur côté, les partisans de Louis-Philippe s'évertuèrent, pour mieux absoudre le monarque, à noircir son ancien ami, auquel ils déclarèrent, dès ce moment, une odieuse guerre de mensonges. Ils prétendirent que, lorsque la révolution de juillet éclata, la maison Laffitte chancelait sur ses bases mal assurées ; que l'origine des embarras de M. Laffitte était dans les spéculations qu'il avait faites sur le 3 p. °/0; que, loin de s'être montré ingrat à l'égard de M. Laffitte, le roi lui avait tondu à plusieurs reprises une main secourable, comme le disaient assez, et la forêt de Breteuil achetée dix millions bien qu'elle n'en valût pas huit, et un prêt de six millions fait à M. Laffitte par la Banque, sous la caution du roi, qui avait déjà dû s'exécuter dans trois

paiements successifs pour une portion de La somme garantie. Rien n'était pins faux que ces assertions1 ; et pourtant, un article qui

i. II est temps que, sur ce débat célèbre, U rente* Boil enfin connue. Mais il faut reprendre lea choses d'un pen plus haut.

Quelque ébranlement qu'eût imprime! an crédil commercial de M. Laffltte cette révolution 6 laquelle il n 'avait su trouver qu'un dénoumenl dynastique, sa maison était trop solidement assi>.> pour ne pas résister an choc qui alors renversa tant de fortunes. Mais c'était trop peu d'avoir crée une royauté, il importait <F la soutenir. Nous avons raconté les agitations qui remplirent les premiers jours de la révolution. L'émeute allait frapper à toute heure aux portes du Palais-Royal. Sur les places publiques, dans les rues, on n'entendait que le bruit du rappel se mêlant aux clameurs d'une Coule en délire. L'atmosphère, s'il est permis de s'exprimer ainsi, était chargée de passions; et les courriers lancés sur toutes les routes de l'Europe n'apportaient pas une nouvelle qui ne contint un soulèvement. Fe premier ministère allait tomber d'impuissance et de peur; le sol tremblait de toutes paris autour du troue nouveau; la famille royale était éplorée; le roi croyait entendre déjà sonner l'heure de sa chute, si voisine de son avènement : on eut recours à M. Laftitle.

L'empressement grossier qu'on mit plus lard à envahir le pouvoir, on le mettait alors à s'en éloigner. Mais M. Laffitte avait des raisons particulières pour fuir le tourbillon des affaires publiques : sa maison avait besoin de son activité, de ses soins; ses associés le pressaient de renoncer à des grandeurs au fond desquelles devait, selon toute apparence, se trouver sa ruine. M. Laffltte, à cette époque, était président de la chambre des députés; et, quoique ministre sans portefeuille, nul, parmi les membres du conseil, n'était plus occupé que lui. Il voulut entrer dans la vie privée. Le roi, auquel il était encore nécessaire, n'épargna rien pour le retenir; et ce fut alors qu'eut lien la vente de la forêt de Breteuil. Le prix en fut tixé à dix millions; mais alin que le roi, dans tous les cas, ne s'engageàt point au delà de ce qui était raisonnable, ou stipula dans l'acte que l'acheteur aurait le droit de faire expertiser la forêt, droit que le vendeur ne se réservait pas a lui-même.

S'il y eut là un service rendu à M. Laffitte, ce service fut chèrement payé. Car il ne servit qu'à engager M. Laffitte plus avant dans les affaires publiques. La présidence effective du conseil lui tuf offerte ; il refusa d'abord. Résistance vaine! Il y avait quelque chose d'irrésistible dans les supplications du roi. — Pourquoi lui avait-on donne une couronne, si l'on avait entendu le livrer ensuite sans défense à tant de haines conjurées? M. Laffltte, qui avait tant fait pour lui, refuserait-il de lui donner, au moment du péril, sa popularité pour rempart? Nul ne consentait a être ministre; nul ne pouvait apportera la royauté, en affaires, une force morale assez grande. Le roi des Français n'avait donc plus qu'a descendra de son trône solitaire, de son trône ébranlé ! Fallait-il » qu'il se retirât a

Neinlly ou qu'il se précipitât dans la Seine?» — M. Laffitte céda, se \it traité comme un sauveur par le monarque,

par madame Adélaïde, par toute la famille royale; et le

ministère du 3 novembre s'installa.

Cependant les affaires privées de M. Laffltte ne tardèrent pas, comme il l'avait prévu, à soutt'rir de son rôle ministériel. D'ailleurs, une circonstance imprévue le

poussait à quitter In scèue politique. Lors de la vente de la forêt de Jireteiil, il avait ete convenu verbalement, entre le roi et M. Laftitle, que l'acte ne serait point enregistre Nous avons raconte comment fut violée cette clause im-

av.iii pour Imt d.- les répandre fui rédi§ Paris, envoyé a Marseille pour qu'on soupçonnât moins facilement la source, et publié «lins le Garde National. M. Laffitte fui blessé jusqu'au fond do cœur, mais il sut

portante du contrat. L'enregistrement ébruita l crut la maison Laffitte emb

bonnement affluèrent; et '[ Laf-

title dut emprunter sept millioi ,-; France.

La crise qui troublait le monde commercial et ipii, par les motifs que nous venons de dire, pesait plus spécialement sur la maison Laftitle. avait rendu cette ressource i: santé. .M. Laffltte résolut de nouveau d'abandonner son portefeuille. Mais .M. Casimir Périer,q -rvait pour

«le- lemps moins orageux, M. Casimir Parier intervint. Invoquant tour a tour l'intérêt du monarqu • et celui d-; la France, il conjura M. Laffltte de rester au timon des affaires. « La Banque, lui dit-il, vous prél >re six

millions, et le roi vous servira de caution. M. Casimir Périer savait, en effet, par les I. Laffltte,

que, pour se soutenir, sa maison n'avait ; l'une

somme plus considérable. M. Laffitte repoussa Ion-' et avec beaucoup de fermeté, les avances qui lui étaient faites; mais le roi l'avait mande au château : il dut s'y rendre. Il était nuit. M. Laffitte trouva le roi au moment de se coucher, sur deux matelas que supportait uu canapé. Louis-Philippe reçut son ministre avec cette affectation de familiarité qui lui était ordinaire, et il le supplia si affectueusement d'accepter la garantie offerte, que M I linit par y consentir. Les deux amis

s'être tendrement embrassés. Le lendemain tout était conclu : la Banque prétait six millions a M. Laffitte, et F roi s'engageait comme caution envers la Banque. Le traite portait que la garantie, s'il devenait nécessaire de l'invoquer, se diviserait en cinq paiements annuels, dont les quatre premiers seraient de treize cent mille francs, et le dernier de huit cent mille. Du reste, le roi, dans tout ceci. ne sortait pas des bornes prescrites par la prudence : car, M. Laffitte avait remis a la Banque une masse de bonnes valeurs qui. réalisées, dépassaient de beaucoup les sommes qui constituaient l'emprunt. Quoi qu'il en soit, la première échéance étant venue, et la Banque s'étant adressée au

roi. il paya trois cent mille francs, mais sur quatre cent mille qu'il devait a M. Laffitte pour la forge de BooMville. Fa Banque ne put obtenir davantage. File insista: un procès eut lieu, et la liste civile BOUtint, par M. Dupin. que la caution du roi étant pure et simple, la Banque devait

commencer par discuter le débiteur principal. (!••- conclusions étaient rigoureuses à regard de M. Laffitte, mais enfin elles étaient légales. La Banque perdit son proc se \it amenée, par décision judiciaire, à poursuivre M. Laffltte. File aurait voulu s'épargner un te! comme les \aleurs que M. Laffltte lui avait remises formaient a ses \eu\ une garantie a peu près sure, elle proposa au roi de le décharger s'il consentait a la remplacer par une de deux mil.

seulement, laquelle ne porterait par intérêt et ne d être invoquée qu'au bout d.'

peu dangereux d accepter, lut neaum ; formelle-

ment. Fa Banque revint a M. Laffitte : il lui était impossible de payer; il mit son hôtel eu vente! Il est vrai que, deux ans après, un arrangement étant survenu eutre la Banque, la maison Faillite et le roi, celui-ci donna, pour se libérer de la une somme de douse cent,

nulle francs. Mais NF Laffitte ne pouvait j voir, ni un don royal, ni un dédommagement des énormes sacrifices lui avaient coûtes quelques mois de ininisf

LOUIS BLANC

se renfermer dans une réserve pleine de calme et de dignité.

Pour ce qui est de ses amis, leur sollicitude éclata d'une manière touchante. M. Guillemot, rédacteur en chef du Commerce, avait émis l'idée d'une souscription : cette idée fat acceptée par le public avec une sorte d'enthousiasme ; des listes nombreuses remplirent les colonnes des feuilles publiques; un comité se forma dans le sein de la chambre pour recueillir les souscriptions ; et l'on nomma M. Nitot trésorier. Cet élan inquiéta la Cour. Car, aux yeux des uns, M. Laffitte ruiné représentait la révolution de juillet trahie; et, chez d'autres, le dévoûment à M. Laffitte n'était que de la haine à l'égard du roi. Dans la plupart des journaux de l'Opposition, le mot ingratitude avait été prononcé, sans égard pour la majesté royale. Pour faire tomber cette accusation, les hommes du château s'adressèrent à M. Laffitte lui-même. Ils lui firent savoir qu'ils étaient prêts à souscrire et à faire souscrire pour lui tous leurs amis, si, dans une lettre publique, il consentait à se déclarer entièrement étranger aux attaques dirigées contre le monarque. C'était lui demander la déclaration de ce qui était vrai. Il n'hésita point, et fit même plus qu'on n'attendait de sa loyauté. Passant noblement sous silence les grands services qu'il avait rendus au roi, pour ne parler que des services, très conlroversables, que le roi lui avait rendus, il adressa aux hommes du château une lettre dans laquelle il se reconnaissait l'obligé de Louis-Philippe. Mais, sur ces entrefaites, un député de Marseille, M. Reynard, lui ayant apporté l'article du Garde National, mentionné plus haut, il retira aussitôt sa déclaration, ne voulant pas qu'on ajoutât à ses biens ce qu'on espérait enlever à son honneur. Il en résulta que la Cour ne souscrivit point. Lui, cependant, il resta debout sur les débris de sa fortune, après avoir appris, par une expérience amère, ce que gagnent à faire des rois les hommes du peuple.

Pendant que ces choses se passaient, le parlement approchait du ternie de ses tra-

vaux. Il y avait dépensé une ardeur plus fastueuse que féconde. Des propositions sans nombre avaient soulevé d'inutiles débats ; et, par leurs fréquentes collisions, les deux Chambres avaient montré combien sont embarrassés les rouages du mécanisme constitutionnel.

L'abolition du dueil anniversaire du 21 janvier avait, surtout, donné lieu à ces sortes de tiraillements dont le scandale n'est jamais moindre que le danger. La Chambre élective ne voyait dans la fête expiatoire du 21 janvier qu'un outrage à la nation ; la Chambre des pairs n'y voyait qu'un hommage au principe de l'inviolabilité des rois. Après une lutte aussi vive que prolongée, les deux pouvoirs rivaux firent sortir de leur commune impuissance une loi conçue en ces termes : « La loi du 19 janvier 1816, relative à l'an- « niversaire du jour funeste et à jamais dé- « plorable du 21 janvier 1793, est abrogée. » Loi pusillanime qui laissait dans le doute si ces législateurs inconséquents avaient entendu adopter la révolution ou la proscrire ! Placés devant l'échafaud sanglant de Louis XVI, ils n'osaient continuer la réhabilitation de la victime, et ils s'en dédommageaient en calomniant le bourreau !

11 serait aussi fastidieux qu'inutile de faire parcourir au lecteur le dédale des discussions sans issue qui remplirent les deux sessions de l'année 1833. Mais il importe de s'arrêter à trois décisions législatives qui eurent des conséquences graves, et où l'esprit de la bourgeoisie se montre profondément empreint.

On sait en quoi consiste, dans ce pays, la hiérarchie politique et administrative. Dans L'État, un roi, et, à côté, un parlement qui vote l'impôt; dans le département, un préfet, et, à côté, un conseil général qui répartit l'impôt entre les arrondissements; dans l'arrondissement, un sous-préfet, et, à côté, un conseil d'arrondissement qui répartit l'impôt (Mitre les communes; dans la commune, un maire, et, à côté, un conseil municipal qui repartit l'impôt entre les citoyens... Tels sont les principaux ressorts du gouvernement

Ainsi, la société française est traversée en quelque sorte par deux grandes institutions parallèles : L'institution monarchique, personnifiée dans le roi, les préfets, les souspréfets, les maires, et l'institution élective, représentée par la Chambre, les conseils néraux, les conseils d'arrondissement, les conseils municipaux.

Ces deux; institutions sont-elles de nature à vivre perpétuellement face à face? Est-il possible qu'elles se développent sans se heurter, et qu'elles se heurtent sans enfanter des troubles mortels? Y a-t-il sagesse à établir, à chaque degré de la hiérarchie, la lutte du pouvoir électif et du pouvoir monarchique, iutte dont les péripéties sont marquées dans notre histoire par ces dates célèbres : le 21 janvier, le 10 août, le 18 brumaire, le 29 juillet 1830, sans parler de cette autre date, la plus célèbre de toutes, qui répond au désastre de Waterloo? Voilà ce qu'aurait dû examiner, avant toute chose, une Chambre ayant à faire une loi sur l'organisation départementale.

Mais les représentants de la bourgeoisie étaient incapables de s'élever à d'aussi hautes pensées. Supprimer le principe électif, ils ne le.pouvaient pas, regardant l'élection comme la base de leur puissance ; toucher au principe monarchique, ils ne le voulaient à aucun prix, regardant la monarchie comme un privilège protecteur de leurs privilèges.

Aussi laissa-t-on complètement dans l'ombre la face la plus importante du problème. Dans les débats qui s'ouvrirent sur l'organisation départementale, nul ne sut ou n'osa protester contre cette prise de possession de la société par l'anarchie. L'antagonisme de deux principes, essentiellement rivaux, et se disputant l'ordre social comme une proie, ne parut pas un mal assez profond pour qu'on le discutât : on s'abstint même d'en parler.

La discussion roula presque tout entière sur la question de savoir si les conseils d'arrondissement seraient supprimés et feraient place à des conseils cantonnaux.

C'est ce que demandaient MM. Bérard, Lherbette, de Rambuteau, Odilon Barrot. — Des relations journalières, nécessaires, ont

créé, disaient-ils, l'être collectif qu'on appelle la commune : «les rapports de voisii ont créé l'être collectif qu'on appelle le canton. Le canton, qui n'est que- la réunion «!•• plusieurs communes contignés ou très rapprochées, placées dans des situation-, analogues, ayant des besoins presque identiqu le canton a, comme la commune, une existence qui lui est propre, des intérêts auxquels il faut une représentation. Pourquoi donc refuser un conseil au canton, lorsqu'on en donne on à l'arrondissement, qui n'est qu'une agrégation de cantons séparés l'un de l'autre par la diversité des intérêts et des besoins? Le canton est une circonscription réelle, indiquée par la nature même des choses. L'arrondissement est une circonscription arbitraire, factice, qui n'existe que sur le papier. Si les fonctions des sous-préfets étaient assimilées à celle des préfets, on concevrait qu'on plaçât un conseil auprès de ceux-là comme on en place un auprès de ceux-ci. Mais les sous-préfets ne sont bons tout au plus qu'à instruire les affaires; Us ne décident rien, ils ne font que préparer les décisions : ce sont des instruments administratifs, non des autorités. Et, dès lors, quel rôle assigner vis-à-vis d'eux à un conseil d'arrondissement ? Aussi l'inutilité de ces conseils est-elle manifestement prouvée par l'inanité de leurs fonctions. A part la répartition de l'impôt entre les communes, opération dont la nécessité diminue de jour en jour par les corrections apportées aux inégalités primitives, et qui, d'ailleurs, serait tout aussi bien faite par des conseils cantonnaux, à part cette répartition, de quelle utilité sont les conseils d'arrondissement.' Ils donnent des avis, ils émettent des \o-ux, sorte d'attribution puérile et qui ne sert qu'à compromettre la majesté du principe électif! Oue des conseils cantonnaux tussent institués, et l'on ne tarderait pas à eu comprendre l'importance. Au conseil cantonnai, par exemple, toutes les communes seraient directement représentées et l'on pourrait en conséquence lui confier le soin de régler les différends qui quelquefois les divisent, sur-

LOUIS BLANC

tout en ce qui concerne les chemins vicinaux. Un conseil d'arrondissement est un centre trop éloigné des divers points de la circonférence pour que sa juridiction s'exerçât sans condamner les citoyens à des déplacements considérables et onéreux. Il n'en serait pas de même du conseil cantonnai, dont les membres ne seraient presque jamais obligés de rompre trop brusquement avec les habitudes du foyer domestique, et auxquels il serait possible d'imposer, sans les accabler de fatigue, une activité proportionnée aux besoins.

A cette argumentation qui manquait d'ampleur, mais non pas de justesse, les orateurs adverses et, à leur tête, M. Mauguin, répoudaient : que la suppression des conseils d'arrondissement aurait pour effet de ralentir l'action administrative; que ce résultat, fâcheux en toute circonstance, le deviendrait surtout en temps de crise et en temps de guerre ; que si les conseils d'arrondissement n'avaient pas des attributions suffisantes, il fallait les pourvoir un peu mieux au lieu de songer à les détruire; que l'arrondissement étant déjà une criconscription politique par le système électoral une circonscription judiciaire par le tribunal civil, une circonscription administrative par la souspréfecture, il était tout simple d'y placer le centre des délibérations relatives aux intérêts de localité ; qu'en un mot, ce qu'il fallait craindre surtout et éviter, c'était TalTaiblisscment du pouvoir central, l'énervement de l'administration.

M. Mauguin, on le voit, opposait au système des conseils cantonnaux le grand principe de l'unité dans le pouvoir. Mais en cela il confondait deux choses essentiellement distinctes; il oubliait que la centralisation n'est utile, féconde, nécessaire même> qu'en matière d'intérêts généraux, c'est-à-dire en matière de religion, d'enseignement, de direction morale par les fêtes ou les spectacles, d'industrie, de travaux publics; qu'elle est au contraire étouffante et funeste, appliquée aux intérêts d'une nature spéciale, aux intérêts locaux. Nous avons eu ailleurs occasion

de le remarquer : la centralisation politique, c'est la force ; la centralisation administrative, c'est tôt ou tard le despotisme. Malheur au pays où la liberté politique ne se lie pas intimement avec la liberté municipale ! Car c'est par l'exercice régulier et continu de sa puissance sur tous les points du sol que le peuple s'entretient dans le sentiment de sa dignité. En perdant l'usage fréquent de ses facultés, il arrive à perdre la conscience de sa force, et de l'indifférence il tombe dans l'hébétement. Là où une autorité centrale se fait dépositaire, même des intérêts locaux, la vie publique, violemment" refoulée au même lieu, y devient confuse et tumultueuse, tandis que partout ailleurs elle est inerte. Le cœur de la société bat trop vite; et les membres, desquels s'est retiré tout le sang-, restent sans vigueur et glacés.

Quand, sous Dioclélien, le pouvoir central des empereurs se fut infiltré dans l'administration, quand les fonctionnaires accourus de Rome eurent fait intervenir la volonté impériale dans toutes les mesures locales : la construction d'une fontaine, l'affranchissement d'un esclave, la nomination d'un magistrat local, l'enr ire se précipita vers sa ruine. Ne trouvant plus dans le libre exercice de leur pouvoir la compensation de leurs charges, les curiales cherchèrent à se perdre dans les rangs du clergé ou de l'armée. Mouvement fatal de dissolution qui livra aux barbares, venus du nord, la société romaine, énervée, désarmée, déjà morte. Voilà ce qu'auraient dû se rappeler et M. Mauguin et le gouvernement dont il appuyait en cette occasion les doctrines. Et certes, ils n'auraient pas demandé que, sous la main d'un pouvoir central chargé d'une besogne impossible, la société demeurât complètement passive; ils n'auraient pas demandé qu'autour de Paris, en proie à tous les désordres d'une vie surabondante, la France s'abîmât dans l'impuissance et la langueur, s'ils avaient visité la plupart do nos communes, et tant de paies rites, où à des aspirations brûlantes, à des élans de patriotisme et d'orgueil, à une vie mêlée de gran-

des joies et de oobles douleurs, L'excès de La centralisation administrative a Uni par substituer cette symétrie, ce calme, cette stabilité morne, qui ne sont autre chose que la régularité dans l'oppression, Le Bilonce dans L'abaissement, L'immobilité dans la servitude !

Quoi qu'il en soit, La Chambre des députés, en se déclarant pour le maintien (1rs conseils d'arrondissement, donna raison au principe de la centralisation administrative. Mais ce même principe, elle se hâta de l'abandonner en décidant qu'il y aurait: l'dans le conseil général autant de membres que l'on compterait de cantons dans le département ; 2° dans le conseil d'arrondissement, autant de membres que l'on compterait de cantons dans l'arrondissement.

Portée à la Chambre des pairs, la loi y subit des modifications importantes, mais qui, cependant, n'attaquaient point l'ensemble du système. En donnant à chaque canton un re présentant au conseil général, la Chambre élective avait voulu que le nombre des conseillers ne pût dépasser 60 : la Chambre des pairs lixa le chiffre 30 pour maximum. Fidèle aux traditions de ce libéralisme inquiet que le 18e siècle avait porté dans ses lianes, la Chambre élective, sur la motion de M. Comte, vivement appuyée par M. Dupin aîné, avait exclu les prêtres de lacatégorie des éligibles : la Chambre des pairs condamna cette exclusion, en dépit du jansénisme obstiné de MM. de Montlosier et Rœderer. La Chambre élective avait décidé qu'on appellerait à l'élection des membres des conseils, les citoyens inscrits sur la liste du jury, les électeurs politiques et, en outre, un citoyen sur deux cents, pris parmi les plus imposés : pour resserrer encore davantage le monopole, la Chambre des pairs décida que le droit d'élire ne serait attribué qu'aux citoyens portés sur la liste électorale et sur celle du jury, sauf à leur adjoindre les plus imposés dans les cantons qui n'auraient pas cinquante habitants inscrits sur ces listes. Quant au droit d'éligibilité, les deux Chambres en attachèrent l'exercice au paiement

d'un crus de 200 francs pour le conseil général el de 150 francs pour le conseil d'arrondissement.

Les modifications de la pairie av. oit été adoptées par la Chambre des députés, la loi lui votée définitivement le 10 juin 1833. Mlle* consacrait, dans ce qu'il a de plus vicieux, le système de la centralisation administrative; elle maintenait dans Les conseils d'arrondissement un rouage inutile, une autorité sans attributions; enfin, elle consacrait, jusque dans la sphère des délibérations ce monopole électoral, instrument d'oppression aux mains d'une bourgeoisie qui avait accaparé la fortune de la France, et n'avait proclamé la souveraineté du peuple que pour mieux la détruire.

Mais cette impuissance de la bourgeoisie à gouverner la société d'une manière équitable et forte, devait ressortir bien plus clairement encore de la loi sur l'instruction primaire. Ici tout était à créer. Pour l'enseignement des fils du pauvre, la Convention avait conçu des plans dignes de son audace et aussi vastes que son génie ; mais elle n'avait pas eu le temps de les réaliser, ayant le monde à étonner, à vaincre et à convertir. A l'Empire, impatient de combler le gouffre où les générations disparaissent englouties, à l'Empire il n'avait fallu qu'une pépinière de soldats. Plus tard, sous la Restauration, partagée entre le fanatisme et l'hypocrisie, l'obscurantisme était devenu moyen de gouvernement et la propagation des Lumières révolte. Ce n'était donc pas de reformer qu'il s'agissait après 1830, il s'a^i — fonder. Malheureusement, les hommes manquaient à L'œuvre. Et C'est ce que prouva bien le projet île loi présente par M. Cm sur l'instruction primaire.

Ce projet portai', que l'instruction primaire comprendrai! des écoles élémentaires et des écoles supérieures; que, dans les premières on enseignerait aux enfants des principes de religion et de morale. la lecture, l'écriture, les éléments de la langue franc et du calcul, le système légal des poids et mesures; que, dans les secondes on ensei-

LOUIS BLANC

gnerait les éléments de la géométrie, le dessin linéaire, l'arpentage, des principes de science physique et d'histoire naturelle, le chant, des éléments d'histoire et de géographie ; que tout individu âgé de dix-huit ans pourrait ouvrir une école primaire, sans autres conditions qu'un certificat de moralité et de capacité délivré par le maire, sur l'attestation de trois conseillers municipaux ; qu'indépendamment des écoles privées toute commune serait tenue d'entretenir une école publique ; que l'école primaire publique serait placée sous la surveillance d'un comité local et d'un comité d'arrondissement ; qu'on n'y admettrait gratuitement que les enfants désignés par les conseils municipaux comme incapables de payer la rétribution ; que l'instituteur aurait pour minimum d'appointements : dans les écoles élémentaires, deux cents francs par an, et dans les écoles supérieures quatre cents, plus une rétribution mensuelle déterminée par le conseil municipal ; qu'il serait établi, en faveur des instituteurs primaires communaux, une caisse d'épargne formée par une retenue annuelle du vingtième de leur traitement.

Ce projet fut accueilli avec acclamation. Il trahissait pourtant une extrême pauvreté de vues.

L'éducation ne saurait être nationale qu'à la condition d'être une dette de la part de l'Etat, un devoir de la part du citoyen. Il faut donc qu'elle soit tout à la fois gratuite et obligatoire. Obligatoire, on n'aurait pu la rendre telle en France sans toucher à l'organisation du travail, parce que, sous l'inlluence d'un régime aussi insensé que barbare, le travailleur pauvre en était réduit presque partout à considérer ses enfants comme un supplément de salaire et avait trop besoin de leurs services pour avoir souci de leur instruction. Forcer le père à mourir de faim, pour instruire le fils, n'eût été qu'une dérision cruelle. Mais cela même aurait du faire sentir combien touto réforme partielle est absurde, et qu'il n'y a d'amélioration véritable quo celle qui se lie à un ensemble de réformes constituant une rénova-

tion sociale, profonde, hardie et complète. M. Guizot n'était pas en état de le comprendre.

Son projet renfermait un autre vice. Lorsqu'un pouvoir à un but, il se doit d'y pousser la société avec unité de vues, avec suite, avec vigueur. En matière d'enseignement, la centralisation ne saurait être trop forte.

Lakanal. (1762-1843.)

Permettre, dans un pays déchiré par les factions, la folle concurrence des écoles privées, c'est inoculer aux générations nouvelles le venin des discordes civiles, c'est donner aux partis rivaux le moyen de se continuer, de se perpétuer au milieu d'une confusion croissante d'opinions et de principes, c'est semer dans le chaos. Sacerdoce sublime quand l'Etat y pourvoit, l'éducation du peuple n'est plus, quand elle est abandonnée au

caprice individuel, qu'une spéculation pleine de dangers; et ce qu'on appelle la liberté de l'enseignement n'est que la gestation de l'anarchie. Sous ce rapport, L'œuvre de M. Guizot était d'une portée funeste. .Mais elle avait d'autres défauts non moins graves quoique moins éclatants.

En créant aux instituteurs communaux une existence précaire et misérable, le gouvernement appelait des hommes sans mérite et sans consistance à une des plus hautes fonctions de l'État. Encore n'avait-on songé à offrir à ces instituteurs aucune perspective.

Or, qu'attendre d'hommes isolés, parqués, pour ainsi dire, dans leurs bourgs ou dans leurs villages, confinés à jamais dans leur misère, n'appartenant à aucune association hiérarchique, et n'ayant en conséquence ni l'orgueil fécond que donne l'esprit de corps, ni les excitations qui se puisent dans l'espoir do l'avancement ! Comment ces hommes auraient-ils pu lutter, dans la carrière de l'enseignement, contre les Frères de l'Ecole chrétienne, association compacte, persévérante, et soutenue par le clergé?

Le travail de M. Guizot était donc sans valeur. Combien n'était pas plus élevé, plus profond, plus digne d'un homme d'Etat le rapport que Lakanal avait présenté à la Convention, le 26 juin 1793, rapport qui contenait des dispositions semblables à celles-ci : « Tout citoyen pourra ouvrir" des cours particuliers, mais il y aura auprès du corps législatif une commission centrale chargée de veiller, sur toute la face de la république, à l'uniformité de l'enseignement. — A certains jours de l'année, les enfants et leur instituteur iront, sous la conduite d'un magistrat, visiter les hôpitaux et les prisons.

Ces jours-là ils suppléeront dans leurs travaux domestiques les citoyens pauvres qui seraient attoints d'infirmité ou de maladie. L'instituteur portera, dans L'exercice de ses fonctions et à toutes les t'èles nationales, une médaille avec cette inscription : « Celui </tti instruit est un second prr<\ etc., etc.. »

Grandes pensées qui suffisent pour révéler une grande époque ' I

Mais, depuis que le gouvernement de ce noble paya de France était tombé aux main-, d'une oligarchie de liu.uiri.-is et de marchands, tout s'était étrangement rapeti Aussi le projet de M. Guizot fut-il favorablement accueilli. Adopté presque sans restrictions par les commissions des deux Chambres, il n'eut à subir dans le parlement que

La colonne Vendôme et la rue Caatàglione avant l'érection de la statue, d'après une estampe du tenip<.

des attaques plus violentes qu'approfondies. 1M. Salverte demandait qu'au programme de l'instruction primaire on ajoutât la connaissance des droits et des devoirs du citoyen : cette proposition, si patriotique et >i seul fut rejetée comme inutile. Et. qui le croirait?

dans un débat duquel dépendait si étroitement l'avenir du peuple, on ne s'émut que pour savoir si, dans le comité local de sur-

t. La rapport de Lakanal n'était, au reste, qu'une ébaucha lorsqu'il fut présenta* à !» Convention. C'était un travail qui avait évidemment besoin d'être oomplété. Am-i, le chiffra il<-s appointements da l'instituteur est laissé an blanc, al l'on na a"J prononça pas tur cette question importante; l'instruction primaire est-elle obligatoire?

Gi2

LOUIS BLANC

veillance, le curé serait admis à côté du maire et des habitants notables. Résolue contre le clergé par la Chambre élective, et en sa faveur par la Chambre des pairs, la question allait jeter dans le parlement un nouveau brandon de discorde, lorsqu'enfin la Chambre élective céda. La discussion fut close alors, et l'on vota définitivement l'adoption d'un système qu'on n'avait pas même pris la peine d'étudier. Puis l'on aborda, sans l'avoir étudiée davantage, la loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.

L'extension abusive du droit de propriété a couvert la terre de révolutions et de crimes. L'abolition de l'esclavage sur une grande partie du globe, l'affranchissement des serfs, la chute de toutes les tyrannies féodales, la suppression des lois de substitution et de primogéniture, ont tour à tour témoigné de l'impatience du monde à porter le joug de la force victorieuse, mensongèrement transformée en domination légitime. Qu'est-ce que l'histoire, sinon le récit de la longue et violente révolte du genre humain contre le droit, mal défini et mal réglé, de celui qui « le premier ayant enclos un terrain, s'avisa « de dire : ceci est à moi, et trouva des gens « assez simples pour le croire » !

Mais à de certains abus il faut un jour pour naître, plusieurs siècles pour mourir. En dépit de tous ces formidables essais de rénovation auxquels la France avait été soumise, en dépit de ce dogme de la fraternité humaine emprunté à la législation sublime de l'évangile, et proclamé hautement parle 19e siècle, au plus fort d'une tempête sans exemple et sans nom, le droit de propriété n'avait pas cessé d'être un despotisme absorbant et jaloux. Ce despotisme, il avait vu fléchir devant lui, en mainte occasion, Napoléon lui-même ; la Restauration l'avait respecté jusqu'au scandale ; et le mal était devenu si grand, après la révolution de juillet, qu'aucune entreprise de route, de canal, de chemin de fer, n'était plus possible en Franco, tant on y méconnaissait ce principe posé par L'immortel auteur du contrat social : « Lo droit qno chacun a sur son pro-

« pre fonds est subordonné au droit que la « communauté a sur tous. »

Vaincre, la loi à la main, des résistances aussi aveugles qu'obstinées, était donc devenu indispensable. Le gouvernement dut s'y résoudre. Jusque-là, deux systèmes avaient été successivement en vigueur et n'avaient eu que des résultats déplorables. En attribuant au conseil de préfecture le droit de statuer sur l'indemnité due au citoyen exproprié, la loi du 16 septembre 1807 avait mis trop complètement à la merci de l'administration l'intérêt privé. La loi du 8 mais 1810, au contraire, en remplaçant la juridiction de l'autorité administrative par celle de l'autorité judiciaire, avait pourvu d'une manière insuf lisante à l'intérêt général. Il fallait sortir de ces deux voies également dangereuses, et faire du nouveau.

Doués d'une intelligence plus ferme, les ministres n'auraient pu réfléchir sur la matière, sans s'apercevoir qu'il y avait une grande lacune dans la constitution du pays, et qu'il était urgent de créer, non seulement pour le cas particulier dont on avait à s'occuper, mais pour tous les autres cas analogues, une autorité chargée de tenir la balance entre l'administration et les citoyens. Les tribunaux ont pour mission de régler les différends des citoyens entre eux, et non les différends qui s'élèvent entre un citoyen et L'administration ; le conseil d'Etat, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, n'est qu'une sorte de bureau consultatif, placé immédiatement sous la dépendance des ministres : que faire donc, en présence des difficultés qui peuvent naître, soit de L'interprétation, soit de l'exécution des lois.' Si L'administrât on >'abstîeut, le pouvoir ab lique ; si elle prononce dans sa propre cause, la loi disparait sous une interprétation capricieuse, le despotisme est fondé.

Voilà ce qui aurait dû frapper le gouvernement. Il aurait dû comprendre qu •, lorsqu'eutre les ministres, représentants supposés <le l'intérêt général, el les citoyens, représentants de l'intérêt privé, il n'existe aucune autorité spécialement investie du

IIISTOIIŒ DK DIX ANS

droil de statner sur L'interprétation el l'exé cution de la loi. il arrive toujours de deux choses l'une, ou que le pouvoir reste atteint de paralysie, ou que la liberté succombe.

Ces importantes vérités ne furent pas même entrevues. Dans le projet de loi qu'il présenta aux Chambres, le gouvernement proposa de substituer, et à la juridiction administrative consacrée par la loi du 16 septembre 1807, et à la juridiction judiciaire reconnue par la loi du 8 mars L 810, l'autorité d'un jury composé des principaux proprié taires de la contrée où l'expropriation aurait été jugée nécessaire. Système pitoyable qui conviait des propriétaires à exagérer, au gré de leur avidité commune, le prix des propriétés dont l'État avait besoin ! Système inique, anti- social, qui, dans tout conflit entre l'intérêt privé et l'intérêt général, abandonnait la décision aux représentants naturels de l'intérêt privé l !

Ce n'est pas tout : comme s'ils eussenl craint de ne pas avoir assez complètement sacrifié l'Etat à l'égoïsme individuel, les minisires eurent soin d'embarrasser l'expropriation pour cause d'utilité publique de formes si lentes, si minutieuses, si compliquées, qu'elles devaient en mainte occasion apporter un obstacle invincible à l'exécution des travaux publics.

lit cependant le projet fut adoplé par les deux Chambres, après une discussion qui montra combien était dépourvue de grandeur et d'équité la domination de la bourgeoisie. Il était dit, par exemple, dans le projet, que, lorsque l'exécution de travaux exécutés sur une partie de la propriété serait de nature à augmenter la valeur des autres parties, cette augmentation entrerait en ligne de compte dans l'évaluation de l'indemnité. Rien de plus juste assurément; car, puisqu'on tenait compte des déprécia-

Page 1