Voir aux dooutnânts historiques
un « revenu convenable à leur naissance et à leur rang '. » Il n'y avait rien Là, on le voit, qui ressemblât à une alliance expresse des monarchies constitutionnelles contre les monarchies absolues. L'idée fondamentale du traité de la triple alliance était, — on ne saurait trop le faire remarquer, — de régulariser l'entrée des Espagnols dans le Portugal; et elle n'était que cela!
Il est vrai que, pour éviter des complications faciles à prévoir, on n'avait pas jugé à propos de prévenir du traité l'Autriche, la Russie, la Prusse; mais il est à noter qu'on n'en avait pas non plus prévenu la France. M. de Talleyrand n'avait été ni appelé, ni consulté, ni sondé, ni averti! Ce fut par hasard qu'il fut instruit de la négociation presqu'au moment où elle allait être ébruitée. Il fit alors des démarches pour y entrer, craignant, d'une part, que l'absence de sa signature dans un traité où figuraient trois Puissances constitutionnelles, ne trahit aux yeux de l'Europe le secret du rôle subalterne qu'il jouait à Londres, et ravi, d'autre part, de l'occasion qui s'offrait à lui de faire cause commune avec la Grande-Bretagne. Lord Palmerston, le marquis de Miraflores et M. de Moraes Sarmento avaient cru pouvoir se passer de M. de Talleyrand; mais dès qu'il s'empressait auprès d'eux, ils n'avaient aucune raison sérieuse pour le repousser, d'autant que l'adhésion de la France fortifiait la cause d'Isabelle et celle de dona Maria.
Ils accordèrent donc à M. de Talleyrand la faveur qu'il demandait. Sa signature qu'il offrait, fut acceptée; le traité de la triple alliance prit le nom de traité de la quadruple alliance 22 avril 1834); et l'on y inséra un quatrième article couru en ces termes :
« Dans le cas où la coopération de la « France serait jugée nécessaire par les « hautes parties contractantes pour atteindre « complètement le but du traité, sa majesté « le roi des Français s'engage à faire, à cet ^ égard, ce qui serait arrête de commun
t. Voir aux il • i toriqi e -.
Entrevue de M. Dupin et de M. Persil. (Page 745, col. 1. (Ministère des Trois jours.)
« accord, entre cJle et ses trois augustes al- « liés. »
Ainsi, la coopération de la France n'était envisagée que comme une éventualité lointaine, subordonnée à des circonstances variables et à des décisions ultérieures qu'il faudrait prendre en commun. Un engagement semblable avait le tort d'être très vague, et, comme la suite le prouvera, très compromettant; mais, en revanche, le nom de M. Talleyrand avait la gloire de figurer à côté de lord Palmerston, au bas d'un traité décoré d'un titre pompeux.
Cependant, Hodil était entré en Portugal vers lo milieu du mois d'avril (1834). Le 16 mai, il remporta la victoire d'Asseicerra, que la capitulation d'Evora suivit de près et qui eut pour conséquence dernière rembarquement de don Miguel et de don Carlos. Ce
dernier serait tombé aux mains des Espagnols, sans la protection des Anglais, qui le sauvèrent. Réfugié à Londres où il trouva dans le parti aristocratique des encouragements et des secours, il ne tarda pas à en sortir furtivement, traversa incognito toute la France, passa les Pyrénées, et, se montrant tout à coup à ses partisans étonnes, leur rendit la confiance et L'espoir. Plus mi nacé que jamais, le gouvernement espagnol dut songer à étendre à L'Espagne le bénéfice du traité de la quadruple alliant t. Mais, cette fois, L'Angleterre se montra extrêmement froide et réservée, car ii ne s'agissait plus pour elle de protéger un royaume soum son influence immédiate. De son côte, le cabinet des Tuileries tremblait de s'engager dans une politique trop aventureuse. Ce ne fut doue pas >ans difficulté que M. Martine!
LOUIS BLANC
de la Rosa obtint de ces deux Puissances des articles additionnels portant : Que la première fournirait à l'Espagne des secours en armes et en munitions; et que la seconde veillerait à ce que des secours semblables ne fussent pas envoyés du territoire français, aux insurgés espagnols1.
Telle est la véritable histoire du fameux traité de la quadruple alliance. Des hommes qui n'en connaissaient même pas les clauses se prirent à en exagérer l'importance jusqu'au ridicule. A les entendre, ce n'était pas moins qu'une vaste et durable confédération des monarchies constitutionnelles dans un but vraiment européen ; un contrepoids venait d'être trouvé à la sainte-alliance, à la vieille politique du Continent ; l'ère de la diplomatie moderne venait de s'ouvrir. Si bien que, grâce aux commentaires de plusieurs gazetiers mal informés, grâce aux hâbleries de quelques diplomates à la suite, des proportions imposantes furent données à un traité de circonstance, qui ne réglait que des intérêts passagers, et qui n avait