‹ Histoire de Djouder le pêcheur;Chapitre 5 sur 10 · U HISTOIRE · texte numérisé non relu

U HISTOIRE

inÊme teiûpSt il descendit de sa mule : « Rends-moi

donc le ra6me service que lu as reudu à mes lï ères. » Puis il présenta le lacet de soie au jeune pêcheur.

« Vous aLtacherai-je les mains derrière le dus i domanda Djouder ; mais faisons vite , je vous ai atieudu ce matin, vous ôtes venu un peu tard, Theure s'écoule et je suis pressé. »

11 serra donc fortement le lacet. Le reste suivit, cl Djouder tint ses yeux attachés sur la place où rhomme avait disparu ; mais tout à coup deux maius se monti*èrent, puis la tète ruisselante et joyeuse du Maugrebin qui se prit à crier: Jette ton lilet , mon bmve ! » Djouder jeta son filet. Le Maugrebm se secoua bientôt paiement sur la plage.

Rendons justice à rbuimête pécheur ; il se trouva plus coiUciit lui-même que s il eut louché les cent dinars ; mais ce cpi'il n'avait pas remarqué , c'est que le Maugrebm elait soi-ti de Teau tenant à chaque main un poisson rouge de la couleur du corail.

« Ouvre les deux étuis, dit-il à Djouder, les deux

étuis qui sont aux côtés de la valise. » Djouder obéiU Le Maugrebin y introduisit les poissons , et replaça soigneusement les couvercles. Quand ce fut lait , il serra Djouder contre sa poitiûne, le baisa sur les deux joues, sur Tune et puis sur Tautre. « Ami, lui dit-il avec eltusion , que Dieu détourne toute infortujQe de ton chemin et du chemin de ceux qui t'ai^

D£ ]>iOUI>£K LE PECHEUR. 13

meut ! Par le voile sacré qui recouvre la Caabah ! si tu ne m'avais pas jeté dans ce lac, si lu ne m ou avais retiré ensuite , je n'aurais pas pris ces deux poissons, et je serais au fond de Teau sans pou\uir regagner le bord.

— Seigneui- pèlerin, répondit Djuuder, puisque j'ai été assez heureux pour tous venir en aide, je vous en cojjjuiv, au nom du Dieu de Maiioiaet, racontez-moi rhistoire des deux cavaliers Maugrebins qui boni venus se noyer daus ce lac , Fbistoii'e du juiX et celle des poisse».

— Ecoute donc, 'répondit rélranger : Les deux bomuies qui sont passés par ici étaient deux des lils de mou père. L'un se nouuuuil Abd Essclam, l'autre Abd Ësahad ; celui que tu vois se nomme Abd Essamad. Quant au juif Cliemyah, il ne s'appelle pas Chemyah, mais Abd Ërrahym; il n'est pas juif, mais musulman, et musulman de la secte de Malek; notre père comptait en lui son qua« trièuic iils; aujouid'bui je n'ai plus d'autre frère.

« Notre père nous enseigna la science des choses occultes. 11 nous apprit à découvrir les trésors cachés; nous fûmes ses disciples, mais il resta le maître , et personne n'a surpris à Dieu plus de se-

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