DU LIVRE QUATRIÈME
(i) Nila victoire qu'il aidait remportée à Mon^ contour, ni r assassinat du prince de Condé, ni les terribles souvenirs de la Saikt'Bartkélemjr , plus méritoires encore f ne purent le /aire absoudre d'une récente velléité de clémefwe , elc. A Jamac , le prmce de Condë était déjà pris prisonnier ^ le sang coulait en abondance de ses blessures , et on renaît de l'asseoir an pied d'un arbre ^ lorsqiie Henri 111, alors duc d'Anjou, envoya le capitaine de ses gardes, Montesquiou, le tuer d'un coup de pistolet. On sait, de même, combien le duc d'Anjou se fit reraarqper à la Saint*Bar(béleni j , par la vîolenoe de ses conseils et les emportemens d'un zèle furieux.
(2) Mais , dans cet aimable désordre , elles savent
régler éT avance leurs transports , et s'attachent plus volontiers à la conquête ittin ennemi que Von veut enchaîner. L'histoire rapporte, en effet, que la demoiselle du Roiiet avait éxé charge de gligoer le cœur du roi de Navarre , tandis que la demoiselle de Limeuil mettait en œuvre toutes les ressources de la galantevie povur ciq)tiverlepnncede€oBdë. Celait aussi U9 de» grands mojei» dont te s«rvak ,Ia leine mère pomr âotgntr Charles IX des af&ires« Tout lui ^it bon pour conseryeor le peuvotr) la prostittt* tkm de ses fiUea dlioii»eur, comme le poignard de Blaurevel et les çanda parlumet de œaStfe Rone« Catberiae ne dédaignait paa dil«-méme dç gagner d'ime certaine manière le» gens de la plus basae origine : coBmieoB le disait alors, elle avait fait le maréchal de Retz gefttilbomme en une nuit.
(3») Madame de Tournony sa dame tthortn^wr^ et lapnn€€SS€ de la thcke^êw^Yon. , étaient égafe-' ment portées en litière. Madame de Toumon était la mère, de cette jeune denMiaeUe de Toiuroon, qui
NOTKS DU LIVRE QUATRlillE. 1«5
éÊÊU cé Yojnge raéine acquit une. $i fîme^ câebrité. Voici IVWnemei^^ td que le raconte dans , «es ménoires Marguerite de Navarre ■ : Madame de
• ToornoO) qui était lors ma dame d'honneur ^ arait « pk»ifrara (Ues , desquelles Tainée avait .épousé « M. de Balan^n , gouvemeur pour le roi d'Es- « pagne an comté de Bourgogne , et t'en allant à « son ménage , pria sa mère ^ madame d^ Toumon ^
• de lui bailler sa soeur , mademoiseife de Toumou ^ » pour la nonorir aiEcc eHe^ et lui tenir compagnie
• eu ce pays où elle était âoîgnee de tous ses pa*- « rens. Monsieur lemarqins de Varonbon^ lequel était
• lors destiné à être d'Église , demeurant avec son
• frère Monsieur de Bidançon^ en mémtf maison ^ de^ « vint) par l'ordinaire fréque^itation qu'il avait avec « mademoiselle de Toumon ^ fort amoureux d'elle-; « et n'étant point obbgé à l'Église^ il désire l'épouser. « Il en parie aux parens d'elle et de lui» Ceux du « câté d'elle le trouvèrent bon ; mais son frère , mon- « sâetur de Balançon, estimant plus utile qu'il fôt «.d'Eglise y. &it tant qu'il empêche cela, s'opiniâ-
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trant à lui faire prendre la robe longue. Madame de Tonmon , très sage et très pmdente femme ^ s'offensâDt de cela , prit avec elle sa fille. Celle-ci| dont la TÎe était mde et malheureuse chez sa mère^ ne souhaitant que de ^e voir hors de qette tyrannie^ reçut une certaine joie cpand elle vit que j'atiais en Flandre^ pensant bien que le marquis de Varanbon s'y trouverait^ comn^e il le fit^ et qu'étant lors en ëtat de se marier y ayant du tout quitte la robe longue ^ il la demanderait à sa mère. Mais le marquis de Varanbon^ tant que nous fiâmes à Namur ^ ne fait pas seulement semblant de la connaître. Le dëpity le regret ^ l'ennui ^ lui serrent tellement le cœur^ elle s'ëtant contrainte de faire bonne mine tant qu'il fiit prësent^ sans montrer de s'en soucier y que soudain qu'il fiit hors du bateau où il nous dit adieu j elle se trouve tellement saisie^ qu'elle ne peut plus respirer qu'en criant^ et avec des douleurs mortelles. Huit ou dix jours aprè»^ comme on faisait ses funérailles y le funeste convoi éXasA au milieu de la rue qui allait à la grande Eglise^
» le marquis de Yaranbon | coupable de ce triste ac- « cident| s'ëtant repenti de sa cruauté | et son anm- cienne flamme sVtant de nouveau rallumée ( ô « étrange fait!), se résout de la venir demander à « sa mère ; prie don Juan de lui donner une corn- « mission vers moi | et | venant en diligence | arrive « justement sur le point que ce corps , aussi malheu- « reux qu'innocent; était au milieu de cette rue. Il «. demande que c'est. On lui répond que c'est le • corps de mademoiselle de Toumon. A ce mot il « se pâme, et tombe de cheval : il le faut emporter « en un logis | comme mort. »