‹ Histoire de Don Pablo de SégovieChapitre 39 sur 67 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Don Pablo se fait comedien, po'éte, galant de nonnes. Des avantages de chaque profession.

Je trouvai dans une auberge une compagnie de comédiens qui s'en allaient à Tolède. Leur équipage se composait de trois charrettes. Dieu voulut qu'au milieu d'eux je reconnus un de mes anciens camarades d'Alcala, qui avait renié pour se faire histrion. Le brave garçon eut d'abord grand'peine à se souvenir de moi ; mais enfin, après maint signe de croix, il me tendit la main et nous renouâmes connaissance. Je lui dis que je quittais Madrid et qu'il m'importait d'aller à Tolède, et il me fit l'amitié — pour mon argent, bien entendu — d'obtenir pour moi de ses confrères une place au milieu d'eux. Nous nous entassâmes tous pêle-mêle, hommes et femmes. Dans le chariot où j'étais monté se trouvait la danseuse de la troupe, qui faisait en même temps les reines et les rôles graves de la comédie.

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Elle avait un minais des plus agaçants. Son mari était à côté de moi, et, sans savoir à qui je parlais, poussé par le désir d'amolli1, je lui dis : « Cette femme est bien belle. Comment pourrait-on lui parler et lui proposer de dépenser Vingt éeus avec elle ? — Il ne me va guères de vous en indiquer les moyens ni de traiter l'affaire avec vous, me répondit mon voisin, puisque je suis son mari ; mais je puis avouer sans vanité comme sans passion — .car je n'en ai aucune — qu'on peut bien dépenser quelque argent avec elle, car on ne rencontre pas souvent une telle fraîcheur ni un semblable enjouement. »

Cela dit, il sauta hors du chariot et s'en alla monter dans un autre, sans doute pour me laisser libre de parler à la princesse. Le procédé du mari me sembla fort plaisant, et me prouva qu'on peut bien dire que ces gens-là ont des femmes comme s'ils n'en avaient pas. Je profitai de l'occasion ; la danseuse me demanda où j'allais, s'informa de mes ressources, de mon existence ; en un mot, après une longue et agréable conversation, nous remîmes jusqu'à notre arrivée à Tolède le reste de l'affaire.

Pendant le trajet, je me mis à réciter un passage de la comédie de saint Alexis, que j'avais apprise quand j'étais enfant, et je le récitai de telle sorte, que mes compagnons de voyage en furent ébahis. Comme ils savaient quelque chose de mes disgrâces et de mes ennuis, quej 'avais racontés tout au long à mon camarade d' Alcalá, ils s'en vinrent me proposer de me mettre en danse avec eux. Cette vie de farandole me tenta tellement, et j'avais d'ailleurs un tel penchant pour la danseuse et un tel besoin d'attachement, que je consentis. Je m'engageai pour deux années avec l'auteur1; nous signâmes un traité;

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il m'assigna ma part, me désigna un emploi, et nous arrivâmes à Tolède.

J'eus de suite à apprendre trois ou quatre prologues et de petits rôles choisis selon ma taille et selon ma voix ; je le fis avec zèle ,et enfin vint le jour de mon début. J'entrai en scène: il était question d'un navire — il n'y a pas de prologue sans navire ce navire arrivait désemparé et sans provision ; j'eus à dire : « Voici le port ; » j'appelai ce sénat » les gens qui se trouvaient là, je demandai pardon des fautes^, je me tus et je m'en allai. Il y eut des bravos, et, à dater de ce jour, j'eus des succès au théâtre.

On mit à l'étude une comédie composée par un de nos camarades ; je fus fort surpris que les comédiens fussent poetes; je croyais que ce titre n'appartenait qu'à des hommes doctes et savants, et non à des êtres aussi complètement ignorants. Mais cela est venu à un tel point, qu'il n'y a pas un chef de troupe qui n'écrive des comédies, pas un comédien qui ne fasse sa farce de Maures et de chrétiens ; et je me souviens cependant que dans le principe il n'y avait de comédies que celles du bon Lope de Rueda et de Naharro 3.

Enfin nous représentâmes notre comédie, et personne n'y comprit rien, ce qui ne nous empêcha pas de la reprendre le lendemain. Elle commençait par une bataille ; j'entrais en scène armé de toutes pièces, avec la rondache ; et sans cette circonstance, j'eusse succombé sous la pluie de coings, de concombres et de trognons de toute espèce qui nous arriva. Jamais on ne vit un tourbillon semblable, et la comédie le méritait bien. On y voyait un roi de Normandie qui, hors de tout propos, se faisait ermite ; puis un intermède composé de deux laquais bouffons, et enfin, au dénoûment de l'intrigue,

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tout le monde se mariait... et bonsoir ! Nous n'avions que ce que nous méritions.

Nous traitâmes fort mal notre camarade le poëte ; et comme je lui remontrais à quel danger nous avions échappé, il me répondit qu'il n'y avait rien de lui dans cette comédie ; qu'en prenant à l'un un morceau, à l'autre un autre, il avait fabriqué du tout un manteau de pauvre, et que tout le mal venait de ce que les coutures avaient été mal faites. Il m'avoua que les comédiens-poëtes étaient tous sujets à restitution, parce qu'ils profitaient des rôles qu'ils avaient joués ; que l'appât de deux ou trois cents réaux rendait communs ces petits larcins. Puis, quand une compagnie voyage, il ne manque pas sur son chemin de gens qui viennent lui offrir des comédies ; on les prend pour les lire et on ne les rend pas; on y ajoute une niaiserie, on retranche quelque chose de bien dit, et l'on s'en déclare l'auteur, (c Jamais comédien, ajouta-t-il, n'a fait un acte d'une autre manière. »

Cette manière d'agir ne me parut pas des plus mauvaises ; je fus tenté d'en essayer, et je me sentis tout à coup le feu sacré de la poésie. Je connaissais quelques-uns de nos poetes; j'avais lu Garcilaso ; j'en savais assez pour pratiquer l'art avec succès ; je me mis à l'œuvre, et je passai ainsi ma vie entre la poésie, l'amour de la danseuse et les représentations. Au bout d'un mois de séjour à Tolède, nous avions joué beaucoup de bonnes comédies et obtenu du public le pardon de nos erreurs passées ; j'avais déjà une certaine réputation ; on me nommait Alonsete, du nom d' Alonso que j'avais pris dès mes débuts*, et on me surnommait le Cruel, du titre d'un rôle que j'avais rempli à la grande satisfaction du parterre et de la populace. Ma fortune marchait : j'avais déjà

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trois habillements complets , et les directeurs de plusieurs compagnies voulaient me débaucher. Je faisais l'entendu ; je critiquais les comiques en renom ; je reprenais Pinedo sur ses gestes : je donnais mon approbation au jeu naturel de Sánchez; je disais de Morales qu'il était délicieux5; on me demandait mon avis pour les décorations et pour la mise en scène. Si quelqu'un proposait de lire une comédie, c'était moi qui l'écoutais. Enfin, infatué de ces succès, je donnai ma virginité de poëte en essayant quelques stances, puis un intermède qui ne fut pas trouvé mauvais. Cela fait, j'osai une comédie, et, afin qu'elle ne pût manquer d'être une chose divine6, je pris pour titre Notre-Dame du Rosaire. Elle commençait par la symphonie de rigueur; on y voyait les âmes du purgatoire et les démons parlant le langage reçu — bou... bou... ou... ou, en entrant en scène, et ri... ri... i...i... i, en sortant. Ma comédie eut du succès ; on applaudit surtout des strophes où j'avais mis le nom de Satan, et des stances où je racontais sa chute du ciel et le reste.

Je n'eus bientôt plus assez de mains pour composer ; j'étais assailli par tous les amoureux ; les uns voulaient des couplets sur des sourcils, les autres sur des yeux ; celui-ci à propos de mains, celui-là des stances pour des cheveux. J'avais un prix fixe pour chaque chose ; et comme il y avait d'autres boutiques, je travaillais à bon marché, afin d'achalander la mienne. Je fournissais de cantiques les sacristains et les sœurs converses ; les aveugles seuls m'eussent fait vivre en oraisons, qu'ils payaient huit réaux la pièce. C'est alors que je fis celle du Juste Juge, qui était grave, harmonieuse et pleine d'action, et que j'écrivis pour un aveugle, qui se les est attribuées, ces fameuses strophes qui commencent ainsi :

Mere du Verbe incarné,

Fille du divin Père,

Fais-moi la grâce virginale, etc.

Je fus le premier qui mis à la mode de terminer les strophes comme on termine les sermons, en y plaçant d'abord ce la grâce, y> puis ce la gloire, » comme dans ce couplet d'un captif de Tétuan :

Demandons avec confiance Au divin roi, Dieu tout-puissant, Qui voit notre persévérance, De nous accueillir en sa grâce, Puis à la gloire des cieux. Amen.

J'avais le vent en poupe, j'étais riche, heureux, et déjà j'aspirais à être directeur. Il m'arriva, un jour que je travaillais à une comédie, une aventure originale que je vais vous raconter, bien qu'elle soit un peu à ma honte. J'avais l'habitude, quand je composais, de me promener dans ma chambre et de réciter toutes mes tirades comme si j'eusse été au théâtre. Ce jour-là donc, j'écrivais une scène de chasse ; la servante du logis montait l'escalier, qui était étroit et obscur, et m'apportait mon dîner ; le diable voulut qu'elle arrivât à la porte de ma chambre au moment même où je récitais avec de grands cris cette strophe de ma scène :

Fuyez! fuyez! gardez-vous de cet ours, Il m'a blessé, il est furieux, Et va se précipiter sur vous!

La brave fille m'entend : elle était Galicienne, et partant des plus simples ; croyant que je l'avertis de se sauver, elle veut fuir ; dans le trouble elle marche sur ses jupes, et roule dans l'escalier; elle renverse la soupe, brise les plats, et se sauve dans la

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rue en criant : <a A l'aide, un ours est dans la maison, il a tué un homme ! »

J'entends ses cris, je descends, et je trouve tous les voisins demandant où est Tours. Alors je leur racontai la cause de la peur de la servante, et j'eus beaucoup de peine à les persuader. Je fus obligé de jeûner ce jour-là, et pour comble d'ennui l'aventure fut connue de mes camarades et devint en un instant la fable de toute la ville.

Quelques aventures de ce genre m'arrivèrent pendant que je faisais le métier de poëte, et il survint une catastrophe qui m'acheva. Mon auteur — ils sont tous de même — avait des créanciers. Ceux-ci, sachant qu'il avait fait à Tolède d'assez bonnes affaires, le firent exécuter et mettre en prison. Cet événement mit le désordre parmi nous, et chacun s'en alla de son côté. Quant à moi — je dois dire la vérité — bien que les camarades voulussent m'entraîner avec eux dans quelque autre compagnie, je refusai et m'en tins là. Je n'avais choisi cette profession que par nécessité ; je me voyais riche, en bon chemin :je ne songeai plus qu'à vivre joyeusement. Je pris congé de tous et les laissai partir.

Une fois dégagé du triste métier d'histrion, je commençai une vie nouvelle, et je devins — je prie vos seigneuries de ne pas s'offenser de ce queje vais dire — je devins amoureux de parloirs et de grilles ; je prétendis à l'Antéchrist, c'est-à-dire que je me fis galant de nonnes. Ce qui me mit sur ce chemin, c'est que l'une d'elles, qui m'avait demandé, lorsque j'étais poete, un grand nombre de cantiques, était belle comme la déesse Vénus. Elle m'avait pris en affection après m'avoir vu représenter saint Jean l'Évangéliste dans une comédie divine. Je lui avais confié que j'étais le fils d'un noble cavalier, et elle

me comblait de bontés ; mais elle m'avait dit qu'elle était fort peinée de me voir comédien. Devenu libre, je lui écrivis la lettre suivante7 :

ci O est pour vous seule, et pour vous plaire, que f ai quitté ma compagnie. Toute autre que la votre est pour moi la solitude, et je serai $ autant plus à vous que je serai plus à moi. Faites-moi savoir quand il y aura parloir, et js saurai en même temps quand j'aurai le bonheur, etc.»

Une converse porta mon billet. Rien ne peut dépeindre la joie de l'excellente nonne, quand elle apprit mon changement d'état. Elle me répondit de la sorte :

« C'est à moi de recevoir et non pas d'envoyer des félicitations sur l'heureux succès dont vous me faites part; fen éprouverais de la peine si je pouvais croire que ma volonté et votre profit ne soient pas tout un. Nous pouvons dire que vous êtes revenu à vous-même. Il ne vous faut plus maintenant qu'une persévérance égale à celle que j'aurai. Je doute qu'il y ait parloir aujourd'hui, mais ne manquez pas de venir aux vêpres : nous nous y verrons , puis e7isuite au balcon, et peut-être pourrai-je tromper la surveillance de l'abbesse. Adieu. »

Cette lettre me combla de joie, car la nonne était réellement belle et intelligente. Je dînai, je revêtis le costume avec lequel je jouais les galants à la comédie, et me rendis à l'église. Je priai, puis je me mis à examiner tous les jours et toutes les ouvertures de la grille, pour voir si elle viendrait, et, l'oreille au guet, j'attendis le signal d'usage au couvent : un petit accès de toux. Enfin, par la grâce de Dieu et pour mon bonheur — je devrais dire plutôt pour mon malheur et par la malice du diable, — j'en-

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tendis le signal d'usage ; elle commença à tousser : mais c'était une toux de Barrabas ; je répondis de même : c'était un catarrhe, et on eût dit qu'on avait semé du poivre dans l'église. Enfin, fatigué de tousser, je m'approche de la grille et vois paraître une vieille asthmatique.

C'est là le dangereux résultat des signaux de couvent ; ce qui n'est qu'un jeu pour la jeunesse est une habitude chez les vieilles , et l'homme qui attend prend pour l'appel d'un rossignol le sifflement de la chouette.

J'attendis longtemps dans l'église et jusqu'au commencement des vêpres; je les écoutai tout au long, et c'est pour cela qu'on nomme les galants de nonnes des amoureux solennels ; d'abord parce qu'ils sont grands consommateurs de vêpres ; en second lieu, parce que rarement ils en sortent contents : l'heureux instant n'arrive jamais8. J'entendis des vêpres par paires ; j'avais le cou plus long d'une aune qu'au commencement de ces amours, à force de me détirer pour regarder ; j'étais devenu le camarade du sacristain et de l'enfant de chœur , et le vicaire, qui était un homme de bonne humeur, m'a vait pris en amitié. A force d'entêtement, j'en étais roide comme barre ; on eût dit que je déjeunais de broches et que je dînais de javelots.

Après vêpres, j'allais sous les fenêtres du couvent ; elles donnaient sur une place passablement grande, et néanmoins il fallait envoyer retenir sa place, dès midi, comme pour une comédie nouvelle; il y avait queue de dévots. Je me plaçais où je pouvais ; et c'était un spectacle curieux que les différentes postures des amants qui venaient là : celui-ci regardait sans cligner de l'œil ; celui-là prenait position, une main sur son épés et l'autre sur son ro-

saire, comme une figure de pierre sur un tombeau ; tel levait les mains et tendait les bras d'un air séraphique ; tel autre, ouvrant la bouche plus qu'une pauvresse, ne disant mot, semblait montrer son cœur à sa bien-aimée à travers sa gorge ; l'un, collé contre la muraille, molestant les briques, paraissait vouloir prendre sa mesure ; l'autre se promenait, pour faire juger de son allure, sans doute, comme on fait d'un mulet. Tel encore se tenait, un leurre à la main, comme un chasseur à la plume, et semblait appeler le faucon. Les jaloux formaient bande à part ; on en voyait qui, réunis en petits comités, riaient en regardant vers le couvent ; d'autres qui lisaient ou apprenaient des stances ; celuici, pour tourmenter sa belle, passait sur la terrasse en donnant le bras à une femme ; celui-là causait avec une servante qui lui remettait un message. Tout cela se passait en bas, de notre côté ; mais en haut, où se trouvaient les nonnes, c'était chose plus curieuse encore. Leur galerie était une tourelle pleine de barbacanes, avec une muraille percée de petites lucarnes qui lui donnaient quelque ressemblance avec une poivrière ou une boîte à odeurs. A toutes ces ouvertures on apercevait des signaux ; c'était un abattis de béatilles; ici une main, là un pied ; d'un autre côté, des choses du sabbat, des têtes, des langues et peu de cervelles ; plus loin, une boutique tout entière ; ailleurs encore, tout un étalage, le rosaire de l'une, le mouchoir de l'autre, le gant de celle-ci, le ruban vert de celle-là. D'une lucarne il parfait quelques mots dits tout bas, à l'autre on toussait.

L'été, les pauvres cavaliers se rôtissent, se brunissent au soleil sans se plaindre, et c'est chose plaisante que de voir ces dames si blanches, si fraîches,

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ét leurs adorateurs si rissolés. L'hiver, nous né manquons pas un flocon de neige; il n'est pas une pluie dont nous n'ayons notre part; et tout cela, au bout du compte, pour voir une femme à travers un grillage ou une vitre, comme l'ossement d'un saint ; autant vaut s'amouracher d'une grive en cage, pour- Vu qu'elle parle, ou d'un portrait si elle ne parle pas. Les faveurs qu'on obtient de ces dames sont un doigt qü*ón ne parvient jamais à toucher, une chiquenaude qu'on ne peut jamais recevoir, un signe de tête derrière le grillage, des soupirs qui s'arrêtent aux embrasures des lucarnes, et des paroles qu'on voit et qu'on ne peut entendre. Pour tant de bonheur, il faut supporter la colère de quelque vieille, les boutades d'une portière ou les mensonges d'une tourière ; puis souflfir leur jalousie, leur entendre dire que leur amour est le seul véritable, et supporter les inventions diaboliques qu'elles imaginent pL^ur le prouver. J'en étais arrivé à dire Madame à l'abb>esse> Mon Père au vicaire, et Frère au sacristain C>,est a ce^a SLue Ie temPs et Ia force des choses peuvent conduire un homme désespéré !

Cependan * *es nonnes fF* m'appelaient et les tourières quim^'condu*sa*ent commenc^rent a m'ennuver. Je me mis S* calculer tout ce <lue me coûtait un enfer que tant dW tres reÇoiv?nt §rat!s et auquel , on arrive en cette vfe jh^ tant ^ chemins. Fatigue de parler bas, de ne úm attemd.re « de prendre chaque jour , sur mon fr^Pe.mPremte de t0.utes lc» grilles et de tous les grillages, /e nie sentis peu a peu complètement refroidi. ., Je m.e ? s.olus <?onc a laisser là ma nonne. Cependant je * U1 sous prétexte de les mettre' en loterie, une prvovlsl°n de colifichets de prix, d es bas de soie, des sachets «d'ambre, des friandises • dont la valeur allait biv*n à

cinquante écus, et je pris le chemin de Séville, où je comptais trouver plus d'espace pour courir l'aventure. Je vous laisse à penser combien la nonne donna de regrets et de larmes, plutôt à ce que j'emportais qu'à moi-même.

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