‹ Histoire de Don Pablo de SégovieChapitre 58 sur 67 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

1. Page 134. — On peut comparer l'université de Siguenza à quelqu'un de ces pensionnats de nos jours qui portent sur un écriteau doré le titre pompeux d'institution, et qui comptent, dans les grandes occasions, cinq élèves pensionnaires et trois externes. Les écrivains du siècle où vivait Quevedo avaient un grand faible pour les plaisanteries de ce genre, et leur verve railleuse s'est maintes fois exercée sur le compte des universités mineures d'Espagne. Le bon curé Pero Pérez, voisin et ami de don Quichotte, desservant de l'humble paroisse d'Argamasilla, dans la Manche, portait le titre de licencié de l'université de Siguenza ; le docteur Pedro Recio de Tirteafuera, médecin insulaire et gouvernemental, attaché à la personne de Sancho Panza, avait reçu ses degrés à l'université d'Osuna; Lope de Vega lui-même publia quelques poésies burlesques, entre autres la célèbre Gatomaquia, sous le pseudonyme de Tome de Burguillos, docteur gradué à Oñate.

2. Page 1 35. — La science des ensalmos ou oraisons était une science importante dans laquelle prenaient des degrés toutes les duègnes, tous les mendiants, et dont les aveugles étaient les plus célèbres adepres. Il y en avait pour tous les maux, pour toutes les affections, et leur succès était infaillible si elles étaient récitées avec com« ponction, d'une voix grave et posée. L'oraison à sainte Apolline était, entre toutes, d'une puissante efficacité, et dissipait à l'instant la rage de dents la plus opiniâtre; le savant bachelier Samson Carrasco la conseilla à la gouvernante de don Quichotte; et Célestine, portant

un message d'amour, s'introduisit chez une jeune fille sous prétexte d'en demander copie. L'aveugle qui fit l'éducation de Lazarille de Tormes était un recueil vivant $ ensalmos :il en savait cent et tant ; enfin, Pedro de Urdemalas, le héros d'une comédie de Cervantes, disait en passant en revue les plus célèbres :

Se la del anima sola, Je sais l'oraison de l'âme seule í

Se la de san Pancracio, L'oraison de saint Pancrace,

La de san Quirce y Acacio $ De saint Quirce et de saint Acacej

Se la de los sabañones, Celle qui guérit l'engelure,

La de curar tericia Celle qui guérit la jaunisse

Y resolver lamparones. Et qui chasse les écrouelles.

Le savant P. Feijoo s'est donné la peine de prouver, dans son Teatro critico universal, que les ensalmos, les oraisons, les paroles, n'étaient d'aucune efficacité, et que les empiriques ou saludadores, qui en faisaient usage, ne méritaient aucune confiance.

3. Page 1 36. — Voici la quatrième fois au moins que Quevedo répète cette plaisanterie ; ce n'est pas la dernière. Je respecte cette petite incorrection: elle pourra servir de note à consulter sur les préférences de notre auteur.

4. Page 137. — L'ermite retiré dans les montagnes d'AIcala est une plaisanterie dont je n'ai pu trouver l'explication. Il n'y a point de montagnes autour d'AIcala, et partant point d'ermites .

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