‹ Histoire de don Pèdre Ier, roi de CastilleChapitre 11 sur 19 · V. § XII. —V · texte numérisé non relu

V. § XII. —V

(2) Testamento del rey don Pedro. Cronica de Ayala. Ed. Llaguno, p. 558 et suivantes.

HISTOraE DE DON PÈDRE. 3tT

présentants de la nation, pour l'infante Beatriz, le serment qu'ils avaient prêté; l'année précédente, à son frère don Alphonse. Contre l'usage, il convoqua les cortès en dehors des frontières de la Castille, à Bubierca, ville aragonaise dont il venait de s'emparer. En réunissant l'assemblée au milieu d'un camp, sur une terre conquise par ses armes, peut-être voulait-il montrer que les limites du royaume avaient reculé et qu'il régnait partout où il avait planté sa bannière. Ce ne fut pas la seule innovation que l'on vit dans ces cortès dont les actes sont malheureusement peu connus. L'infante Beatriz ayant été solennellement proclamée héritière de la couronne, le roi prévit et régla, comme il l'avait fait dans son testament, les droits éventuels de ses deux autres filles, pour le cas oîi leur aînée mourrait sans postérité. Je ne trouve point qu'il ait été fait mention du fils naturel, appelé dans son testament à succéder aux infantes. Peut-être le roi craignait-il de trop exiger de l'obéissance de ses peuples. Après avoir reçu le serment des cortès, il fit rédiger un procès-verbal de la séance, auquel tous les députés présents apposèrent leur signature, formalité singulière et tout à fait inusitée à cette époque. Puis, comme s'il eût voulu associer toute la nation à sa vengeance, il fit proclamer, au milieu de l'assemblée, la liste des seigneurs bannis du royaume et déclarés coupables de haute trahison (1). Cette table de proscription était la plus longue qui eût encore paru. Nulle protestation ne se fit entendre; mais l'arrêt n'en fut pas moins vivement désapprouvé par toute la

(1) Avala, p. 366. — Ayala n'a point fait connaître les noms des seigneurs proscrits par don Pèdre; on ignore quels ont été les motifs de cette réticence. Il est certain qu'il n'était pas lui-même compris dans cette liste, bien que quelques auteurs modernes l'aient avancé.

noblesse. C'en était fait de ce privilège si cher aux richeshommes de changer à leur gré de patrie et de suzerain. Esclaves maintenant, ils voyaient le glaive toujours levé contre quiconque essaierait de rompre ses chaînes.

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