PARTIE I , MV. IV, CHAP. XXXVIII
Notre Sauveur^ et qui vous met dans le cœur d'aller parmi les chrétiens , parce qu'elle vous aime. Priez-la vous même qu'il lui plaise de conduire le dessein qu'elle vous inspire : elle est si bonne, qu'elle ne manquera pas de le faire. Je vous promets de ma part, et de celle de mes compagnons , que nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour votre senâcè , jusqu'à perdre la vie. Ne craignez point de m'éerire , et donnez-moi avis de tout ce que vous aurez résolu; je ne manquerai pas de vous faire réponse : nous avons ici un esclave chrétien , qui sait écrire en arabe , comme vous verrez par cette lettre. Pour ce qui est de l'offre que vous me faites , d'être ma femme quand nous serons chez les chrétiens , je la reçois de bon cœur et avec la dernière joie ; et dès à présent je vous donne ma parole d'être votffe mari , et je vous le jure en chrétien : vous savez qu'il tiennent mieux leurs promesses que les Mores. Le grand Alla et Lela Marien vous conservent ! »
Deux jo*!)?* après j lorsqu'il n'y avait personne dans' te bain^ j'allai sur la terrasse, et je n'y fas pas long-temps saris voir paraître la canne , à laq^dUe» j'attachai ma réponse. Quelque temps après, notre étoile salutaire reparut, et je trouvai cette fois4à dans un mouchoir qui tomba à mes pieds plus de cinquante écus, qui
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redoublèrent et notre joie et nos espérances, La même nuit , notre renégat nous vint trouver , pour nous apprendre que cette maison était à AgimoratO) un des plus riches Mores d'Alger, et qui n'avait pour héritière de tout ce grand bien <]u'une seule fille , qui , à ce qu'on disait dans la ville, était la plus belle personne de toute la Barbarie , et qui avait refusé des gens de la plus grande considération qui l'avaient fait demander en mariage ; il nous dit aussi qu'elle avait eu une esclave chrétienne qui était morte : ce qui s'accordait avec tout ce qu'elle nous avait écrit. Nous consultâmes avec le renégat les moyens de nous sauver, et d'emmener la belle More ; et avant que de rien conclure , nous résolûmes d'attendre encore une fois des nouvelles de Zoraïde ; car ainsi s'appelle celle qui souhaite si ardemment d'être nommée Marie, ne pou« vaut rien arrêter ni faire rien sans elle. Cependant le renégat, qui nous vit bien- résolus de nous sauver, nous dit que nous le laissassions faire , et qu'il en viendrait à bout, ou qu'il y perdrait la vie. Le bain ayant été quati^e jours plein de gens, nous fûmes autant de temps sans voir la canne; le cinquième jour, que ilous nous trouvâmes seuls , elle reparut , mais avec un mouchoir beaucoup plus plein qu'il n'avait encore été : on Tabaissaià l'ordinaire, seulement pour