PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XXXIX
démon s'en iriêle , ni qui nous a mis à Tun et à l'autre ces penséès-là dans la tête , étant tous deux si jeunes, qu'en vérité je ne crois pas qu'il ait encore seize' ans, et moi je n'en aurai que treize datas ^quelques mois, à ce que m'a dit mon père. '
Dorothée rie put s^empêcher de rire voyant l'ingénuité de ' la pauvre Claire j et comme elle parlait en enfant: Dormons un peu , mon enfant, lui dit-elle, pour le peu qui reste dé la nuit; le jour viendra , et il faut espérer que Dieu aura soin de toutes choses. EHés^ s'endormirent, et tout demeura en repos et en silence dans l'hôtellerie , hors là fille de l'hôtesse et Maritornd, qui, connaissant bien la faiblesse de don Qui-ichotte, songèrent à se donner du plaisir en lui jouant quelque tbur, pendant que le chevalier, tout ai?mé et à cheval ', ne pensait qu'à faire uiiè garde exacte. '- '•
Il n'y avait dans toutie k maisorf d'autré'fe^ nêtre qui regardât sur la campagne , qu'urie oû^ vcrture dans la- muraille ,• ^àir où on jetait là paille pour l'écurie. De cet endroit , la fille 'de l'hôte et Maritbme àiperçurent don Quicîhblte à cheval^ appuyé languissamfmrént sur sa lahëe j et pou53ant de temps en* temps de dolefn's et' profonds soupirs, comme s'il eût été près de rendre rime. O madame Dukîncé dû Tdbosô ! dii^'aii-^il
d'une voix ^ônqureuse et tendre \ dame souveraine de la beauté , comble de discrétion et de sagesse, trésor d'agrémens et de grâces, sacré dépôt de toutes les vertus, exen^laire, prototype de tout ce qu'il y a d'honnête et d'utile et de délectable au monde ! que penseriez-vous , à l'heure qu'il est, si vous voyez cet esclave de votre beauté , qui s'e^qpose pour vous seule avec tant de périls et avec tant d'ardeur ? O toi ! luminaire inconstant, déesse aux trois visages, apprends-moi des nouyelles de ma dame. Je m'imagine qu'à l'heure qu'il est, tu la considères avec envie ^ pendant .qu'elle se promène dans quelque riche gale|ie d!un de ses magnifiques palais , ou qu'appuyée sur un balcon doré , elle pense aux moyens de remettre le calme dans mon âme agitée , de quelle sorte elle ; doit finir mes inquiétudes et me rendre le repos; en un mot , comment elle peut me rappeler d'une rigpu;*eu^ mort à ui^e délicieuse vie., et sans intéçesser.sa gloire^, r^çoinpenseç mq» amour et mes services. Et toi! soleil^ qui sans doute préçipi^t^ ta cpurse,^ uqu pas tant pour rendre^le jour aux mortels;quç pour voir ce chef-d'œuvre .4es^9^iaçles,. s^liLenlade ma part^ je t'en prie, 4ps qu^.t^ijia yerrasi', mais donne-toi bien garde de la baiser en la saluant , parce qu'elle estextrêtnemçiçt .réservée.,; et tu.ixe lui ferais pas moins