PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XL
après avoir donné sa parole , il les aurait attaqués tou3 quatre ensemble , et les eût bien obligés de lui répondre» Mais ne pouvant pas commencer une entreprise jusqu'à ce qu'il eût remis là princesse de Micomicon isur le trône , il prit patience malgré lui, et regarda faire les voyageurs. L'un d'eux, ayant rencontré le jeune gar-' çon qu'ils cherchaient, dormant tranquillement à côté d'un muletier, il le saisit par lé bra^,''èt lui dit, en le tirâtit : En bonne foi, îSeîgriéur don- Louis , je vous trouve dans^ un équipage bien digne de vous, et ce Ht répond bien aii^' délicatesses où vous avez été élevé*! ' Le jeun ë* garçon, encore tout assoupi, commença à se frott-er les yeux ; et considérant tout 4 loisir celui qui le tenait, reconnut que c'était un des valets de son père , ce qui le surprit si fort , qu'il fut lonç-temps sans pouvoir dire une seule pa-' roler. Seigneur don Louis, continua le valet',' tout ce qu'il y a à faire, c'est de prendre patience, ^t de retourner chez monsieur votive père, si vous ne voulez vous en voir* bientôt défai% ; car il n'y a guère autres chose à atteridirfe de rétat ou l'a mis votre fuitc^ Hé ! comment, répondit don Louis, mon pière a-t-il su qiie je prenais ce chethin, et que je me siiis ainsi' déguisé ? Un tfcoli«r à qui vous aviez dit Votre dessein , a tout découvert à monsieur votre père, T. IL 18
le voyant affligé comme il était : il nous a tout aussitôt envoyés après vous , ces trois cavaliers que vous voyez et moi , et nous sommes bien heureux de vous pouvoir remettre dans peu entre les maii^s d'un père qui vous aime tant. Oh ! il n'en sera que ce que je voudrai, repondit don Louis. Et qu'est-ce qui peut vous retenir ici,: dit l'autre, sachant l'état où est monteur votre père ?
Le muletier, auprès de qui don Louis était couché, ayant entendu toute cette conversation, en alla donner avis à don Fernand et aux autres, qui étaient déjà tout habillés, leur dis«ait que le valet appelait le jeune homme monsieur, et qu'on le voulait emmener malgré lui> Cela joint à la belle voix qu'on leur avait: dit qii'il avait, fit naître à toute la compagnie 1! envie de savoir plus particulièrement qui il était, et de lui donner du secours , au cas qu'on lui voulut faire quelque violence ; et dans ce dessein ils allèrent tous à l'écurie, où ils trouvèrent le jeune garçon contestant encore avec le valet Sur celîi Dorothée sortant de ^ chambre, et rencoutrant Car4^ nio , lui conta en peu fle niots ce qu'elle savait de Glaire e\ du musicien , et liii, de sonxôte, lui apprit ce qui se passait entre, don Louis et les gens de son père; mais il ne le fit p^s si secrètement que Claire, qui suivit Qorothée, ne l'en-