‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 139 sur 191 · PARTIE I , LIV. IV, CHAP. XL · texte numérisé non relu

PARTIE I , LIV. IV, CHAP. XL

me demanda permission de prendre le harnois de son cheval pour le mettre sur le sien ; je le lui permis y et il s'en accommoda ; mais comment ce harnois s*est changé en bât, c'est ce que je ne sais point, si ce n'est que ces sortes de transformations se voient fort communément dans la chevalerie errante; et pour confirmer ce que je dis, Sancho, mon enfant, va quérir tout-àrheure l'armet que ce pauvre homme appelle un bassin. En bonne foi, monsieur, dit Sancho , si nous n'avons pas de meilleure preuve ^ nous pourrions bien perdre notre procès : l'armet de Mambrin est aussi bien un bassin, que le harnois de ce bon homme est un bât. Fais seulement ce que je t'ordonne, repartit don Quichotte; il n'est pas croyable que tout ce qui se fait dans ce château soit toujours conduit par enchantement.

Sancho alla quérir le bassin , et don Quichotte le prenant : Voyez , dit-il , messieurs , comment il es^ possible que cet écuyer ose soutenir que ce n'est pas la un armet ? je jure, par l'ordre de chevalerie dont je fais profession , que c'est le même que je lui ai ôté , sans y avoir ajouté ni retranché la moindre chose. Oui, par ma foi, ce l'est, ajouta Sancho , et depuis que mon maître l'a en sa possession , il ne l'a porté qu'en une seule bataille, qui fut lorsqu'il délivra ces misérables

forçats ; et en bonne foi , bien lui prit d'avoir ce bassin d'armet, car il lui garantit le chef de bien des coups de pierre en cette diabolique rencontre.

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