PARTIE I , LIV. IV, CHAP. XLI
ries de don Qukhotte , et que Cardenio , don Femand , et ses compagnons avaient rudement étrillés, ne voulaient point cesser le combat ; pour le pauvre barbier, il ne demandait pas mieux, car son bât était rompu , et à peine lui restait-il un poil de barbe ; Sancho s'était arrêté dès qu'il avait entendu la voix de son maître , et U prenait haleine en s^essuyant le visage ; les valets de don Louis s'apaisèrent , voyant combien il leur importait peu de se le pas faire ; rhôte seul ne potftait r^rimer sa colère : il s'opiniâtrait à vôuloû: faire châtia ce fou , qui à tout moment mettait la division et le trouble dans sa maison. Enfin |>ourtant les querelles s'apaisèrent pour lors, ou du moins il y eut cessation d'armes : le bât demeura barnois , le bassin armet , et rhôtellerie passa pour un ehâr teau dans ^imag^iatio]l de don Quichotte. Les soins de ^l'auditeur et du curé ayant rétaUi la paix, et tous étant redevenus aims, ou en faisait semUant, les valets de don Louis le sollicitèrent de nouveau de partir tout-à-l'heure pour aller retrouver son père ; et pendant qu'il composât avec eux dans l'intention de s'en défaire , l'auditeur, tirant en psffticulier don Femand, Cardenio et le curé, leur ap^it ce que lui avait dit don Louis, et les pria de lui dire ce qu'ils pensaient qu'il y eût à faire : ils arrêtèrent tous
ensemble que don Femand se ferait connaître aux valets de don Louis, et qu'il leur dirait qu'il Je voulait emmener en Andalousie, où le marquis son frère le recevrait avec toute Testime et toute l'amitié qu'il en pouvait attendre, parce que don Louis était absolument résolu de ne se présenter point devant son père.
Les valets, sachant donc la qualité dé don Fernand , et la résolution de don Louis , conclurent que trois d'entre eux iraient donner avis au père de ce qui se passait , et que Tautre demeurerait auprès du fils pour le servir, en attendant des nouvelles. De cette manière l'autorité d'Agramant et la prudence du roi Sobrin apaisèrent tous les discords , et ruinèrent cette épouvantable machine de divisions et de querelles. Maâs l'irréconciliable ennemi de la paix ne put souffrir de se voir arracher le fruit qu'il attendait d'une si grande semence de désordres, et par une seconde tentative il fit tant qu'il suscita de nouveaux troubles. Les archers voyant que ceux à qui ils avaient à faire, étaient des gens de qualité , avec qui il n^y avait à gagner que des coups, se retirèrent doucement de la mêlée; mais l'un d'eux, et justement celui qui avait été si mal mené par don Femand , s'étant ressouvenu que parmi les décrets de prise de corps qu'il avait contre quelques délînquans, il y en