‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 165 sur 191 · PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XLÏV · texte numérisé non relu

PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XLÏV

pour la gloire , et les comédies sont devenues une marchandise que lès comédiens n'achèteraient pas si elles n'étaient faites ainsi : si bien qu'il faut que le poèfte s'accbmmode au sentiment de celui qui doit payer son ouvrage , et qu'il Iç rende comme on le lui a commandé.

Qu'ainsi ne soit , n'avons-nous pas vu un grand nombre de comédies , d'un des plus beaux et des plus rares esprits de ce royaume, où tout est agréable et galant, les vers élégans, les tourfe admirables, les raisonnement justes et pleins de belles maximes, en un mot, les pensées et l'expression les plus heureuses du monde ? et parce que pour s'accommoder au goût des comédiens, il a négligé de donner la dernière main à ses ouvrages, il y en a qui ne sont pas aussi: excellens qu'il pouvait les rendre; il y en a d'autrfes qui écrivent avec si peu de discrétion , qu'après une âeide représentation de leurs comédie» , les acteurs sont obligés de s'absenter , comme nous l'avons vu quelquefois, de crainte d'être châtiés pour avoir parlé de la conduite du prince , pu contre l'honneur de sa maison. On' pourrait itemédîer à tous ces inconvéniens , s'il y avait à la cour un hotaïne d'autorité et d'intelligence qui eût charge d'examiner ces sortes d'ouvrages, et de ne pei^et- * tre l'impression ni le débit d'aucun qui n'aurait pas son approbation et le sceau royal. Ge bort

ordre purgerait le théâtre de toute sorte de licences ; et la crainte d'un examen sévère obligerait les auteurs d'écrire avec plus d'application et de retenue ; on ne verrait plus aussi que de bons romans , et dans la perfection dont vous avez donné les règles ;. les nouveau! feraient mépriser les vieux : notre langue deviendrait et plus belle etplusabondalite, et les hoxmétes gens, qui ne peuvent se divertir à des thoses ba^es , trouveraient de quoi s'occuper agréablement aussi bien jgue les autres. En cet endroit de la conversatioa du chanoine et du curé , le barbier s'approcha d'eux , et dit au curé : Voici le lieu que je vous ai dit qui était propre à se reposer , et eu les l^ufs trouveront de l'herbe frafiche. Il me le semble , dit le turé ; et il demanda . en même ^mps.au çhànjoiae^e qu^il avait envie de faire. Le chaxioiAe répondit qu'il serait lâenL.aise de demeurer avec eux , t«at pour jouir de la beauté d'ujae vallée qiïi s'offrait à leur vue ,. que de la Conversation d^ curé , qui lui paiia^saii) honnête homme , ^t pour apprendre ausâ plus particulièrement l'histoire et les faits de doA Quichotte ; il çi^mmigakda aussitôt a un de ses gens d'aller à l'hôtellerie chercher à manger , afin ;4é passer en cet/çndroit toute l'aprèsnluiée ; etparcequ'on lui irépondit , que lé mulet de bagage, qui était hiett pounni de vivres y devait être arrivé , il en-

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