PARTIE I, LIV. IV, CfiAP. XLVI
en serpentant de petits flots d^argent et de perles sur un sable d'or ; là il voit une riche fontaine de jaspe de diverses couleurs, dont l'invention est toute nouvelle , et qui est ornée de statues si achevées, qu'il semble que l'art ait voulu travailler à l'envi de la nature ; ici il en trouve une autre d'un ouvrage grotesque > où les menues coquilles de moules , mêlées avec celle des lima* çons dans une confusion concertée , et relevées par l'éclat d'un nombre infini de pierres brillantes, font une si agréable variété dans l'ouvrage qui représente une grotte marine , pleine de tritons et de syrènes, qu'en ipême temps que l'on doute que Ton est en sûreté parmi des monstres farouches qui sortent de tous les enfoncemens, on ne peut se résoudre à sortir d'un'lieu si admi* rable. é)'un autre côté il voit élever ;subitement un magnifique palais, dont. ks^miai^aill^ ^ont d'or massif, les créneaux de diamans^ lesporteàde jadnth^, et en un mot d'une si admirable- «structure, que les rubis, les escarboucles^ les p^çrles et le^ éiiierw4es en étant la mdindre matière, l'ouvrage est pourtant mille fois plus beau et incomparablement plus riche ; il voit sortir ensuite |^ar une des jportes de ce château quantité de demoi^ selles , et Dieu sait si elles sont belles ! dont les habits sont si magnifiques el si éclatans, qu'ils m'éUouissent à l'heure que je vous parle , et je
n'aurais jamais.fait si je m'amusais à vous les dépeindre : et alors celle qui paraît être la maîtresse de toutes, prend par la main ce hardi chevalier, et, sans lui dire une seule parole, le mène dans le riche palais , où l'ayant fait déshabiller par les demoiselles , on lé met dans un bain d'eaux délicieuses, on le frotte de précieuses essences et de pommades de senteur ; et au sortir du bain on lui donne une chemise de lin lin toute parfumée; cela étant fait , une autre demoiselle iui met sur les épaules un magnifique manteau , qu'on dit qui viaut pdur le moins une, bonne ville, et encar'e plus. Mais ce n'est pas tout : on le tnènre dans une autre sall0 , où la richesse des meubles surpasse l'itoagination : il' y trouve la table couverte, on? iui donne à laWr dans un bassin d'or ciselé^ enrichi de dianlians, avec de l'essence d'ambre, «t' des ^eattix distillées des herbes le^ plus odoiiêâdantps; on te 'fait asseoir dans une chaise d'ivoire y 'et teintés ies deÀioiseiies le servent à Tenvi, cfveii un>mert{eilleui silence. Qui peut dire les )âi£férèMes viimdes qu'6n lui sert ,'€^teaïr délii^^itesse? qudlet piaf oies peu vent i^x^inreir Fexcei^ence de la tnu^ique qu'on lui dôqine pendant le'iie|ias^.)sahé quHl^vôie ni ce^x qui^^ctiàritént, ni teui^ Iqoi jduèiirt des inâ^rumens^? I:ie ï'èpas achevé-, tl tes tables levées ,'pendant'qtfé leichevalieç, étendu dans sa chaise , se lave ^peul^tre