‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 180 sur 191 · PARTIE I, LIV. IV, CHÀP. XL VU. Syi · texte numérisé non relu

PARTIE I, LIV. IV, CHÀP. XL VU. Syi

ses prouesses , dont il n'était pas chiche, l'ayant ravie, et le diable faisant le reste, elle en devint éperduement amoureuse avant que lui-même eût osé lui parler d'amour. Et comme on dit qu'en matière d'amour l'affaire est bien avancée quand le galant est regardé de bon œil , la Roque et Leandra s'aimèrent bientôt, et ils étaient déjà d'intelligence avant qu'aucun de nous autres s'en aperçût; aussi n'eurent^ils pas de peine à faire ce qu'ils avaient résolu : Leandra s'enfuit un beau jour de la maison de son père , qui l'aimait si chèrement, pour suivre un homme qu'elle ne connaissait presque pas; et la Roque fut lAea plus heureux dans cette rencontre qu'il ne se vantait de l'avoir été en toutes les autres.

Une chose si surprenante étonna tout le monde; le père s'en affligea au dernier point, et Anselme et moi nous en pensâmes mourir de désespoir. Cependant les parens, bien irrités, eurent recours à la justice, et on mit incontinent j[les archers en campagne , qui se saisirent des passages et de toutes les avenues des bois , et cherchèrent si bien comme gens payés par avance , qu'au bout de trois jours ils trouvèrent dans une caverne Leandra en chemise, et n'ayant plus ni Tor ni les pierreries qu'elle avait emportés avec elle. La pauvre créature fut ramenée à son

père; on lui demanda le sujet de son malheur, et

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elle confessa que Vincent de la Roque ravait trompée ; que sous promes^ d'être son mari, il lui avait persuadé de s'en aller avec lui à Naples, où il arait , disait-^il , de gir^ondes connaissances , et qu'ainsi ce méchant , abusant de sa facilité et de la confiance qu'elle avait en lui , après lui avoir fait prendre ce qu'elle avait pu d'argent et de bagues, l'avait H)enée. dan3 cette montage la. mèaie nuit qu'elle s'en était enfuie^ et l'avait enfermée dans la caverne ^ en l'état qu'ils l'avaient tirouvée, sans lui demander pourtant autre choee^ ni li^i faire aucune violence^

Ce fut une clio^e difficile à croke que Find^-férence du jeune soldait ^ mais Leandjra en juia.^ et l'assura de t^nt de manières , que^ le pauvre père afStigé se consola sur la parole ée sa fUle^ et rendit mille gi^âces à Dieu de ravoiat ainsi préserva par une espèce de miraele. Le même ^our que I^eandra fut retrouvée, son père la fit disparâ^tjjre, et l'alla enfermer dans un. couvent de filles , à une ville ioi proche , en attendaxiit que le temps ait ef&cé' U tache qu'elle s! est faite par son imprudence. Le peu d'âge de cette fille a servi d'excuse à sa légèreté , au moins auprès de ceux qui ne prennent paa d'injtérét en elle: mais ceux qui la connaissent bien n'attribuent point safaute à son> ignorance , et ils en accusent plutôt l'inclination naturelle des femmes ^ qiû sont la phi*-

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