T. IL
aide à marcher, quoique tu ne t'en sois pas aperçu ; car il y a tel sage, parmi ces messieurslà, qui vous prend un chevalier errant tout endormi dans son lit, et il se trouve le lendemain , sanà savoir comment , à deux ou trois mille lieues de Teudroit où il était couché le soir d'auparavant ; et si ce n'était cela , les chevaliers ne pourraient pas subsister, ni se secourir les uns les autres, comme ils le font à toute heure. Il arrivera quelquefois qu'un chevalier sera dans les montagnes d'Arménie , combattant un endrîague , ou un autre monstre , ou contre quelque chevalier, qui le serre de si près, qu'il se trouve en danger de sa vie ; et lorsqu'il y pense le moins, il voit arriver sur une nue , ou dans un charrîot ardent, un chevalier de ses amis, qu'il savait être auparavant en Angleterre , qui le délivre du péril où il est ; et le soir même le chevalier se trouvera chez lui frais et gaillard comme s'ilrevenait de la promenade ; et il y a quelquefois deux ou trois mille lieues d'Allemagne , d'un lieu à l'autre. Tout cela se fait par la science et l'industrie de ces sages enchanteurs , qui prennent soin des chevaliers errans, et semblent, les avoir adoptés. Ainsi je ne m'étonne plus, ami Sancho , si tu as mis si peu de temps en chemiaytîar tu as assurément été mené de la sorte. Par ma foi , je le croirais bien , dit Sancho , car