‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 85 sur 191 · PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XXXVI. I · texte numérisé non relu

PARTIE I, LIV. IV, CHAP. XXXVI. I

et ce fut à qui lui rendrait plus de soins et lui ferait plus de caresses. Dop Femand pria Fesclave de lui dire le nom de la More , et il lui répondit que c'était Leia Zoraide; mais elle^ devinant par I9 réponse de resclave ce que deipandait doij Fe^ns^pd , s'écria . pr^^piptemei^t d'une manière qui marquait de 14nquiéti)de :

No , no , ZoTfad^i Sfs^ria ^ Maria ; copiant dire qu'elle s'appelait Marie , et non pas l^oraïde. Ces parples et l'air dont la More les avait pîjononcées , tirèrent des larmes des yeux de toute la compagnie, et particulièrement d^sd^mes, qui étant naturellement tendres , se trpuvent J)pau- CQ^p plus sensibles à ces sortes de choses. Ijuscinde embrassa tendrement la belle Mpri» ; en lui disant : Si ♦ m » Maria , Mari^ ; et la Morç répondit avep le même empressement que la première fois : Si , si , Maria ; Zoraïd^ , m^cangé , qui veut dire %^ nop pas 2praïde.

Cependant l'heure du spupei^ étant venue , et don Femand ayant confuniandé qu'on cherchât de tous côtés de quoi faire bqnne chère , o^ §e mit à table ; et comm^ on fQrÇ4 dPTi Quichotte de prendre la prettiiète plftçe > il voulut que la princesse de Micomicon s^e mît', auprès de lui , puisqu'elle était sous sa protection;, tîîscinde ^t Zoraïde s'asfiiri^nt au-dessou$ de Dorothée et de don Fernand , et Cardeniois'étant mis vis-à-yis

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d'elles , le curé et le barbier prirent aussi leurs places à côté des dames , et Tesclave et les cavaliers de don Fernand se mirent à table.

On soupà avec plaisir, parce que la compagnie était agréable , et qu'ils avaient tous sujet d'être contens. Mais ce qui augmenta le divertissement , c'est que don Quichotte , animé du même esprit qui lui fit faire autrefois ce grand discours en soupant avec les chevriers , commença à dire avec une espèce de transport : En vérité , messieurs , il faut avouer que ceux qui font profession de la chevalerie errante , sont accoutumés à voir des choses bien extraordinaires ! Dites-moi , je vous prie , s*il y a quelqu'un dans tout le monde , qui , entrant à l'heure qu'il est dans ce château , et nous voyant de la sorte , pût juger jamais qui nous sommes ? qui estce qui devinerait que cette dame , qui est à côte de moi , est cette grande reine que nous savons , et que je suis ce chevalier de la Triste-Figure y dont la renommée publie tant de choses? peuton douter maintenant que cet exercice ne surpasse tous ceux que les hommes ont inventés ; et n'est-il pas d'autant plus à estimer , qu'il est le plus exposé à toute sorte de périls ? Qu'on ne vienne donc plus me dire que les lettres sont préférables aux armes , ou je répondrai à qui que ce puisse être qu'il ne sait ce qu'il dit. Car la

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