‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 94 sur 191 · PARTIE I, LTV. IV, CHAP. XXXVIII · texte numérisé non relu

PARTIE I, LTV. IV, CHAP. XXXVIII

OÙ je remarquai qu'on perdit une belle occasion de défaire toute Tannée des Turcs dans le port , car les Levantins et les janissaires qui y étsdeni, ne doutant point qu'on ne les y vînt attaquer, se tènateurt déjà tout prêts pour s'enfuir par teire, sans vouloir attendre l'événement du combat , tanfi ils étaient épouvantés à la seule vue de notre drafflée. Mais le ciel ne le voulut pas ainsi ; let ce ne ht point ni: la faute ni ]a négligence du général qui corninandaii les nôtires; Effectivement Iklàaly , qui ne se trouvait point en sûreté, se retira à ^ Modon , qui est une lie auprès de Na* varin ; cl ayant mis ses gens à terre , fortifia rentrée du port; et ne sortit point que don Juan ne 8e fût retiré. Les cbrétiens prirent, en s'en retouniaift , une galère appelée la Prise, et que commandât un fils! du fameux Barberousse : ^ee futFexpIoit de>la capitane qu'on nommait ia Louve , commandée par le brave don Alvar >de Baizan , marquis de. Sainte-Groix. Vous ne serez peut^ré pas fâdh^ d'apprendre ce! qui se passa clans» -la prise de cette galère. Le fils de Barbe^ rousçe : était . extrêmement cruel , . et traitait 1 si mal ses esclaves, et en était tellement haï, que ceux qm ramaient dans>sa galère voyant que 'là Louve les poursuivait vivement, et qu'elle était sur le point )de les joindre, ils. laissèrent tout d'un^oup les rames y et se sansisilant de leur ca-

igo DON QUICHOTTE.

pitaine , qui était sur Testenterol , d'où il leuf criait qu'ils ramassent de toute leur force , ils le fireat passer de banc en banc , de la pôupé à la proue , et lui donnèrent tant de coufis de dent, <]u'avant que de passer le grand lù&t, son âme était déjà <fans les enfers.

Nous retournâmes à Constantinople ; et Fannée suivante on apprit que don Juan avait pris Tunis , et mis Muley Hamet en possession de csè royaume 4 en ôtant l'espérance d'y pouiroir rentrer à Muley Hamida , le More le plus vâiîlànt, mais le plus ciiiel qu'il y ait jamais eu au inonde. ' Cette perte fut fort sensible au Grand-Seîgnèur, qui , usant de la prudence et de la politique ordinaire dis la' maison ottomane, fit aussitôt la paix avec les Vénitiens , qui la souhaitaient encore plus que lui; et en 1 564 9 ^ assii%ea la Gou^ iétte et le fort que don Juan avait fait com^ mencer auprès de Tunis.

) Pendant tous ces exploits de 'guerre ^ J-étaiis toujours à la- chaîne , sans aucune espérance de 4it)ierté : au moins n'espérais -je pas de mera-^ chéter par tançon , car j^étais réisolu de ne point donner connnaissarice à mon père! du misérable état où je me trouvais. Enfin nous perdîmes la Goulêtte et le fort, qui étaient assiëgési par soixahte^cinq mille Turcs de solde , et par phis de quatre Cent mille Mores et Arabes, de tous

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