‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 95 sur 191 · PARTIE I, LIV. IV» CHAP. XXXVIII. igt · texte numérisé non relu

PARTIE I, LIV. IV» CHAP. XXXVIII. igt

les endroits de TAftique , avec un noml^ infini de munitions et d'instarpinens de guerre. Il y avait outre cela tant de pionniers et de gens d'équipage » qu'il y a long^tepaps qu'op n'a vu une chose si prodigieuse. La Goulette , qu'on avait jusqu'alors crue inàpreiiajble , fut la première prise, quelque. x^siatance ^e pussent faire ceux qui la gardaient. Mbis les Turcs ayant reconnu qu'il dtait facile de faire des tranchées dans le sable, parce que l'eau qu'on y trouvait aupara-* vant à utt pifid. et demi , ne se trouva pour lors qu'à, plus de: deux- toises , en élevèrent une si haute avec des sacs ^pleins de sable , qu'elle sur^ passait les murailles du fort; et par ce moyen, tirant de haut en baSi» personne n'osa plus pa* raître. On lUsait que les nôtres avaient fait uiie grande faute de se renfermer dans ia Goulette , et qu:'ils devaient tenir la campagne pour empé^ cher la descente des ennemis; mais ceux qui par-* lent de cette manière font Irien voir qu'ils n'y étaient pas, ou qu'ils n'ont guère d'expérience. Comment auraient-ils voulu que sept mille hom* mes qu'il y avait tout au plus' dans la Goulette et dans le fort, pussent se partager pour garder ces deux places ,• et tenir en mêj^e temps la campagne contre une si grande armée? et d'ailleurs où est la place, quelque forte qu'elle puisse être, qui ne se reïide point si elle n'est secourue , sut?-

iga DON QUICHOTTE.

tout iquand elle est attaquée par' un nombre in-^ fini de gens opiniâtres , et qiii combattit dans leur pays? ; ' j

Pour moi^ j'ai cru, avec beaucoup* d'autres, que la prise de la^ Gbûlette était une )g)râce particulière que le cielfafeait à l'Espagne. Car ce n-était qu'une retraite de scélérats v qui coûtait beaucoup à entretenir ci à dâfendré sons servir à autre cbdse qu'à conserver là mémoire de Charles-Quint, connue si ce grand prince avait besoin de cette masse de pierres'pour l'éterniser! lie fort fut pris aussi , mais il coûta bien cher aux Turcs^ qui perdirent plus de vingt-cinq mille hommes en^ vingt-^deux assauts gâ^ératix qu'ils donnèrent , et les assiégés combattirent avec tant d' opiniâtreté, que de treize cents qai restèrent, on n^en prit pas un seul qui me Eut blessé. Un petit fort, qui était au milieu du lac, et/du commandait le cavalier don Jean Zoiiagiiera, brave soldat du royaume de Valence, se rendit à composition. Don Pedro Porto Carerp^ commandant dans la Goulette ; fût fait prisonnier , après s'être signalé à la défense de la placer, et la perte lui. en .fut si sensible, qu'il en mounrt de déplaisir sur le chemin de Constantinople , où on le menait; On fit aussi prisonnier le commandant du fort, Gabriel Gerbelloti , cavalier Milanais; excellent ingénieur^ et très-vaillant

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