‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 96 sur 191 · PARTIE I , LIV. IV, CHAP, XXXVIII. I gS · texte numérisé non relu

PARTIE I , LIV. IV, CHAP, XXXVIII. I gS

de sa personne. Il mourut quantité de gens de marque d^s ces deux places ; et entre autres , Pafen Doria, chevalier de Tordre de Saint-Jean , cavalier généreux et d'une magnificence singulière , comme il le fit voir par cette libéralité excessive qu'il fit à André Doria son frère. Ce qui rendit sa mort plus déplorable, c'est qii^l fat tué par des Arabes , à qui il s'était confié apfès la prise du fort ; ces traiîtres lui avaient promis de le mener en habit de More jusqu'à Tabarça , qui est une habitation appartenant aux Génois; qui vont pécher le corail sur les côtes ; mais ils lui coupèrent la tête , et la portèrent à leur général, qui les récompensa suivant le proverbe espagnol qui dit , que la trahison plaît , mais non pas le traître, car il les fit tous pendre poiir né lui avoir pas amené Doria en vie.

Entre les chrétiens qui furent faits prisonniers dans le fort, il y eut un don Pedro d'Agûilar, de je ne sais quel endroit de F Andalousie, vail*lant soldâft , qui avait été enseigne dans le fort; c'était un homme de grande considératioii f «t qui faisait fort bien des vers ; il fut mis suif Jla même galère^ et dans le mime hanc ioùif'éùmfj et fut esclave du même maître. <Ët avaiitif(]^'e nous sortissions du port, il fit debxi/Simhttl^ pour servir d'épitaphe à la Goulette et au :fort. Je ^ m' en vais vous -les ^ire, si )é' m*en: rjésscH*ï. II. i3

Viens ; je m'assure qae vous ne serez pas fâchés de les entendre,

. Quand Tesclave nomma don Pedro d' Aguilar^ don Femand regardant ses compagnons , ils se mirent tous trois à sourire ; et comme Tesclave allait commencer les sonnets , un des cavaliers lui dit : Je vous prie y monsieur , avant que de passer outre , de me dire ce qu'est devenu ce don Pedro d'Aguilar. Tout ce que j'en sais, répondit l'esclave , c'est qu'après avoir été deux ans à Gonstantinople , il s'enfuit un jour avec un espion grec en habit d'Âmaute : je ne sais point s'il se sauva ; j'ai même bien peur que non , parce que je vis le Grec un an après à Gonstantinople;. mais je ne pus jamais trouver occasion de lui demander le succès de leur voyage. Je puis vous assurer qu'il s'en sauva, repartit le cavalifir , car ce don Pedro-là est mon frère : ^1 est dans son pays en bonne santé, richement marié, et il a trois enfans. Ha! Dieu en soit, loué, dit l'esclave ; car selon moi, c'est le plus grand bien du mionde que la liberté , tet j'ai une joie extrême d'apprendre celle de 4Bi9^a 'compagnon.: Je sais aussi les sonnets que 'fy[\jnoa frère-, dit le cavalier : Vous, me ferez ;pkisîar de tes vouloir dire ,s répondit l'esckve , .et vous le ferez bien mieux que • moi. Je m'en vais kt fair'ev dit le cavalier; mais ce ne sera que

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