‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 97 sur 191 · PARTIE I, UV. IV, CHAP. XXXVIII. igS · texte numérisé non relu

PARTIE I, UV. IV, CHAP. XXXVIII. igS

pour vous soulager. Voici celui de la Goulette :

Esprit! 9 qoi » dégagés die la masse da corps, Jouissez maintenant de cette paix profonde Que jamais les mortels ne trouvent dans le monde.

Ce digne et juste prix de tos nobles efforts.

Que vous fîtes bien voir par d'illustres transports. Qu'un Bêle ardent et saint rend la valeur féconde, Lors<^e de votre sang teignant à peine l'onde. Vous fîtes des vainqueurs des montagnes de morts.

Vous m&nquAtes de vie et non pas de courage, Et T09 corps épuisés après tant de carnage , ' Tombèrent invaincus, les armes à la main« '

Valeur cent fois heureuse I une seule journée Te fait vivre ici-b as à jamais couronnée , ' Et le maître du ciel te couronne en son sein.

C'est comme cela que je le sais , dît Fesclâve. Voici celui qui fut fait pour le fort, reprît le cavalier:

Ces murs tout démolis dans ces champs infertiles. Sont le fameux théâtre où trois mille soldats. Pour renaître bientôt en des lieux plus tranquilles, Soulfinsent' par le for uA! iflastre trépas. ■ ^ '

Après avoir rendu leurs remparts inutiles^ Leurs lâches ennemis ne les vainquirent pas ; Mais leurs corps épuisés, languissans et débiles, Cédèrent sous Teffort d'un million de bras.

C'est là , ce lieu fatal , où depuin tant d'années ,

Par les itévères lois des saintes destinées y

On moissonne en mourant la gloire des lauriers*

Mais jamais cette terre , en prodiges féconde 9 .N'a nourri pour le ciel, ni fait voir dans le monde. Ni de plus vrais martyrs , ni de plus grands guerriers»

Les sonnets furent trouves assez bons , et l'esclave continua ainsi son histoire. Les Turcs ayant pris ces deux places , firent démanteler la Goulette ; et pour en venir plus promptement à bout , ils la minèrent de trois côtes : avec tout cela il ne purent jamais renverser les vieilles murailles, qui semblaient les plus faibles, et tout ce qui avait demeuré entier de la nouvelle fortification du fortin , fut ruiné en un instant. Pour le fort , il était en tel état , qu'il ne fut pas besoin dé le ruiner davantage. Enfin toute l'armée retourna victorieuse et triomphante à Constantinople, où Uchialy mourut quelque temps après. On l'avait surnommé Fartax , qui veut dire teigneux en langue turque , parce qu'effectivement il l'était, et que c'est la coutume des Turcs de se donner des noms qui expriment leurs vertus et leurs vices : cela vient de ce qu'ils n'ont entre eux que quatre noms de familles , qui appartiennent à la maison ottomane , et tous les autres, qui bien souvent ne connaissent pas leur

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