‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 3)Chapitre 11 sur 109 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

hê la condition et de l'exercice du fameux don Quichotte.

Dans une contrée d^Espagne, qu'on appelle la Manche, vivait il n'y a pas long-temps un gentilhonime , de ceux qui ont une lance au râtelier, une vieille rondache , un roussin maigre et quelque chien de chasse. Un morceau de viande dans la marmite , plus souvent bœuf que mouton ; une galimafrée le soir, du reste du dîner; le vendredi des lentilles ; des œufs au lard

a DON QUICHOTTE.

le samedi, à la manière d'Espagne, et quelque pigeon de plus les dimanches, consummaient les trois quarts de son revenu. Le reste était pour la dépense des habits, qui consistait^nt en un jupon de beau drap, avec des chausses de velours, et les muUes de même pour les jours de fête, et les autres jours c'était un bon habit de drap du pays. Il y avait chez lui une espèce de gouvernante qui avait, quoi qu'elle en dît, un peu plus de quarante ans , et une nièce qui n'en avait pas encore vingt , avec un valet qui servait à la maison et aux champs, qui pansait le roussin et allait au bois. L'âge de notre gentilhomme approchait de cinquante ans. Il était d'une complexion robuste et vigoureuse, maigre de visage , et le corps sec et décharné ; fort matmeux et grand chasseur. Quelques-uns lui donnent le surnom de Quiœada ou Quesada, Les auteurs qui en ont écrit en parlent diversement : quoi qu'il en soit, il y a apparence qu'il s'appelait Quiûcada ; mais cela importe peu à l'histoire , pourvu que dans le reste on la rapporte fid^ement. Les jours que notre gentilhomme ne savait que faire , ce qui arrivait pour le moins les trois quarts de l'année , il s'amusait à lire des livres de chevalerie , mais avec tant d'attachement et de plaisir, qu'il en oublia entièrement la cha^e ef, le spin de s^^ affaires ; iji en vint mé^e à; tel

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