SUB CERVANTES. U
cinq ans , et quand il revint en Espagne', il était dans sa trente-quatrième année. De ce moment sa vie est toute entière dans ses ouvrages.
Après avoir essayé de différentes professions, et se sentant de nouveau tourmenté par son ancienne passion pour la littérature, il se remit à écrire. On a lieu d'être étonné que Cervantes, quittant le climat br&lant de l'Afrique, et un rude esclavage, ait trouvé dans son imagination des idées assez tendres et langoureuses pour composer une pastorale ; Galatée, fiit le premier ouvrage qu'il publia à son retour d'Alger. Mais il était alors amoureux , et peu de temps après il épousa dona Gatalina Salazar y Palacios, demoiselle d'une famille noble, mais aussi pauvre que celle de son mari» Les biographes n'ont point encore pu décider si c'est bien sa femme qu'il peignit sous les traits de Galatée, ce qui rend difficile la solution de ce point important, c'est que l'année même de son mariage, fat aussi celle de la naissance de sa fille naturelle.
La Diane, de Georges de Montemayor, avait mis les pastorales à la mode : ce genre, assurément très-faux, et selon moi très-ennuyeux, composait, avec les romans de chevalerie et les romances, presque toute la littérature espagnole. Déjà l'on avait fait plusieurs continuations de la Diane. Cervantes l'imita , mais ne put l'égaler. Nous verrons plus d'une fois ce grand homme, s'ignorant lui-même, chercher au hasard sa vocation , et long-temps ne pas la rencontrer. Sa prose, .dans la Galatée, est encore plus laborieusement contournée que ses vers : les inversions y sont fréquentes , et