‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 3)Chapitre 63 sur 109 · PARTIE I» LIV. m, CHAP. XIV. l · texte numérisé non relu

PARTIE I» LIV. m, CHAP. XIV. l

puis poussant trente ou quarante soupirs entrelardés d'autant de ouf et de aie, et jurant comme un charretier contre qui Favait amené là, il fit tant d'efforts qu'à la fin il se leva sur ses pieds, demeurant pourtant à moitié chemin courbé comme un arc,^ sans pouvoir achever de se redresser. Dans cette étrange posture , il fallut encore qu'il allât prendre son âne qui, •profitant de la liberté de cette journée, s'était écarté assez loin de là, où il se donnait au cœur joie du bien d'autrui. Quand l'âne fut accommodé , Sancho vint lever Rossinante , mais ce ne fut pas sans peine pour l'un et pour l'autre. Sancho suait à grosses gouttes ; et si le pauvre animal eût pu se plaindre , il eût encore fait leçon au maître et au valet. Enfin, après bien des efforts et des cris , Sancho mit don Quichotte de travers sur l'âne ; et ayant attaché Rossinante à la queue, il prit l'âne par le licou, et s'en alla du côté qu'il crut trouver le grand chemiil.

Au bout de trois quarts d'heure , la bonne fortune leur fit découvrir une hôtellerie , que don Quichotte, en dépit de sa chétive apparence, ne manqua pas de prendre pour un château.

L'écuyer soutenait opiniâtrement que ce n'était qu'une hôtellerie, et le chevalier que c'était un château; et la dispute dura si long -temps, qu'elle n'était pas finie quand ils se trouvèrent

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à la porte, où Sancho entra avec sa petite caravane, sans se mettre en peine de faire voir qu'il avait raison.

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