‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 102 sur 248 · PARTIE n , LIV. YII , CHAP. XLIX. 20 r · texte numérisé non relu

PARTIE n , LIV. YII , CHAP. XLIX. 20 r

compassion. Jusqu'ici il n'y a point lieu de s'affliger, dit l'intendant ; rassurez-vous , mademoiselle , et continuez ; vous devez tout espérer de monsieur le gouverneur. Je n'ai presque plus rien à vous dire , répondit la demoiselle ; mais j'ai beaucoup à pleurer de mon imprudence et de ma curiasité. Le maître-d'hôtel ^ qui avait été frappé tout: d'un coup deia beauté de cette jeune fille , ^e cessait de la considérer, et ne la regardant plus avec indifférence , il craignait mortellement que le sujet de sa tristesse ne fût aussi grand que le tiâiioignaient ses soupirs et ses larmes; et appréhendant surtout d'y trouver quelque chose qui intéressât les sentimens qu'il avait pour elle , il ne savait s'il devait souhaiter d'entendre le reste de l'aventure. Le gouverneur se désespérait dé ce qu'elle était si long-temps à raconter son histoires et il lui dit de finir promptemcBt, qu'il était déjà tard , çt qu'il y avait encore bien des quartiers à voir.

La pauvre fille , d'un^ voix mal assurée , et miéléê de soupirs €t de sanglots : Voici donc, ditelle , la véritable histoire de cette malheureuse sortie : j'avais prié mon frère de me prêter un de ses habits , et que nous allassions ensemble nous promener par la ville , pendant que mon père dormirait ; mon frère, importuné de mes prières, in'a donné tantôt son habit , et a pris le mien ,

qui lui sied à merveille,, et on le prendrait pour la plus belle fille du monde ; il y a environ une heure que nous sommes sortis ât la maison , et après avoir bien couru par la villie, comiQe nous nous en revenions , nous avons vu venir une grande troupe de gens , et mon frère m'a dit : Ma sœur , il |aut que ce soit là la"r#nde , :tâche de me suivre , et^ ftiyén^ le plus^ vite cfle nous pourrons , afin que nous ne soyons poinl^econnus, car on en pourrait mal parler. Il s'est mis à fuir aussitôt, mais si fort^qfu'on eût dit qaMl volait; pour mai, je n'ai pas ëtétgin, car je suis tombée de la peuf que j^vais ;^et en n^^^e temps est arrivé cet homme qui m'a amenée ici, où j*ai la honte dé paraître pcrAie d'honneur devant tant de genSt^^Et ne vous^st-il as^rément*arrîvé que cela i^^demanda Sandbof n'y à-t-il point de jalousie , comme tous, disiei^ d'abord , ou quelque autre chi^se ^i vous^ ait fait sortir d% chez vous? Il ne m'est ritn anévé que cela, Dieu merci , et ^ep ifte m*a fait iortir que le dessein de voir le monde, et tout au plus les riles de cette ville que je n'ava& jâinais vues.

Tout ce qu'avait dit la jeune demoiselle fut confirmé par îJon frère, qu'un des archers venait d'amener , après avoir eu bieh de U peine à l'attraper. Le jeune garçon était en déshabillé de femme , avec une simarre ou robe de chambre ,

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