PARTIE n, UV. Vin, CHAP, ïiVlI
saint Martin à cheval^ qui donnait la moitié de son manteau à un pamyre. Ce caralier, dft (Ion Qukhotte, fut ausâi un des aventuriers chré-* tiens ;ftF)e cnns qo'il futnlu» Kbéral que vaiI-« knt y comme ti» peux voii*, Sancho , par la figure , qui le représente partageant son manteau avec un pauT|« t ^^ il fallait que ce fût en hiver, car autrenient il le hii aurait donné tout entier , charitable comme il était, Ct n^'est point cela ,* réy pondît Sancho , mais c'est qu'il savait le proverbe, qui' 4it que pour donner et retenir'^, il faut avoir boon^ tête. Tu as rai^n^ Sancho, dit dou Quichotte; cf il pria qu'on lui fît voir le reste» Os» découvrit ensmte Fimage du patron d'Bspagne , l'épéesan^iante , et foulant }es Mores sous les pieds de son cheràl. Oh voici un chevaBer, celui-ci, dit don Quichotte, et des plus fameux aventuriers qui aient suivi l'étendard de la croix : c'est saint Jacques , surnommé le tueur des Mores, un des plus grands saints , ^et des plus vaiBans chevaheVs qu'il y ait jamais eu au mond^ , et qiii soâ; maintenant dans leciel. Après cela , on fit voir un saint Paul, tombant de dessus son cheval , avec'toutes les circonstances dont on a accoutumé de peindre sa conversion, et qui était assurément lyie pièce achevée. Ce $aint4à , dit don Quichotte , fut quelque temps le plus terrible ennemi <)u'ait eu l'église , et celui
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qui depuis a été le plus grand défenseur qu'elle aura {Uniais ; cheyalier errant p€mr la vie , et un saint inébranlable dans la foi jusqu'à la mort, un ouvrier infatigabler.dans la vigne du Seigneur, le pasteur des gentil^ , qui puisa sa doctrine dans 1q ciel , et que le maître du ciel prit lui-iAéme soin d'enseigner. Enfans, couvrezvos images, dit don Quichotte. Mes frères , ajôuta-t-il , je tiens à bop présage ce que je viens dfi voir là , Car ces saints et ces cavaliers ont fait la même profession que je fais, qui est celle ^es armes; mais il y a cett« différence, qu'ils sont saints, et qu'ils combattirent - suivant les règles de la milice divine ; et moi , pécheur ', je combats à la manière des hommes; ils ont pris le ciel par force , car le royaume des deux souffre violence, et moi, je ne sais ce que j'ai conquis jusqu'à cette heure , quelques travaux qu'il m'en coûte : néanmoins , si ma chère Dulcinée du Toboso était délivrée de ce,ux qu'elle souffre , mon sort deve^ nant meilleur, et ne me tifouvant plus l'écrit embarrassç, peut-être q(ie «je faie mettrais dans une meilleure voie. Dieu le ^Wille , ditSancho , et nous fasse la grâce d'oublier les vieux péchés! ' Les paysans admiraient la figure et les discours de don Quichotte , et ne comprenaient^rien ni à l'un ni à l'autre. Après avoir achevé de dîner, ils ce chargèrent de leuns figures , prirent congé