‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 166 sur 248 · PARTIE II, IIV. tin, GHAP. LX · texte numérisé non relu

PARTIE II, IIV. tin, GHAP. LX

géant : il avail une cotte |}e maille, et quatre pistolets à la ceinture^ de ceux qu'on appelle en ce "Jiays-Ià poîirin^y, qui sont cpmitie de petites arquebuses^ et montait un piiissaiit cheval. Comme il vit en arrivant que se* écuyers* ( c'est ainsi quHlft appellent ceux qui font ce noble métier ) al-^ laient dépouiller Sancho^ it leu;* dit de n'en rien faire, et ïkê le laissèrent aus|it6t; et c'est de cette sorte que la ceinture ^'en sauva. Le capitaine , . étonné de voir une lance cqntre un arbre et un écu par terre , «t don Quichotte armé de pied en cap, comme il était, avec une mine trfste e\ mé-^ lancolique , s'approcha di^ lui^ <<rt: lui dit : Ras-» surez-vous , moi^ieur, itous n'êtes pas tombé en-^ tre les mains d'un ennemi dangereux ^ mais en -celle de Roque Cuinârd^ qui ne sait point maltraiter ceux qui ne l'ont jamais désobligé. Mon déplaisir, répondît don Quichotte, ne vient pas d'être en ton pouvoir, ô valeureux Roque , dont la T^Bominée b6 trouve point de bornes sur la terre ; mais de ce que- tes soldatà m'ont pris au dépourvu e^en désordre, étant obligé par les lofs de la chevalerie errante, dont je fais profession , d'être dans une continuelle vigilance , et de me servir toujours de sentinelle à moi-même; car , afin que tu le saches , brave Roque ^ s'ils m'avaient trouvé à cheval , la lance et l'écu au poing , ils n'en seraient pa» venus si facilement

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à bout : tu sais bien quelle est dans le monde la réputation de don jQuichqtte de la Manche.

Il ne fallut que cela pour fair^e connaîtjre à Roque Cuinard quelle ë^it la maladie de don Quichotte ; il en avait souvent ouï parler, mais il ne croyait pas que ce que J' on en disaiï fût véritable y ne pouvant se (Jt^r^uàder que' de^semblables imaginations pussent entrer dans r«^rit d'un homme. H fut ravi de TaToir rencontré, et de pouvoir juger lui-même si Toriginûl répondait aux copies. Vaillant chevalier , lui dit-il , consolez^Vbus, et n'interprètes point à di^pràce Tétat où vous vous t]X)uyézf ce n'est pas ickune chute, mais peut-être une crise, qui rétablira vîotre fortune abattue et. languissante ; c'est par des voies inconnues aux hommeç que le ciel fait des miracles , et qu'il relève lès humbles et enrichit les pauvres.

Don Quichotte allait faire des remercîmehs dignes de lui et du grand RoqiJl , quand ilsr entendirent derrière eux \m grand bruit comme d'une troupe de gens dé éheval : il n«y avait poui^ tant qu'un cavalier, mais il était monté sur un puissant cheval , et courait à toute bride. Ils tournèrent la tête, et virent que c'était un jeune homme de fort bonne mine , et d'environ vingt ans, vêtu d'un damas vert avec delà dentelle d'or, le chapeau retroussé à la valonne , les bottes jus-

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