PARTIE II, LIV. y III, CHAP. LXII
dire que ton iils ne souhaite que de t'enterrer. » Je le connais biéb, dit le cavalier, et n'en veux pas saToir davantage* La femme de doi\ Antonio s'approcha comme les autres , et dit à la tête : Je ne sais que te demander ; je voudrais seulement savoir si je vivrai long-temps avec mon char mari. « Oui , répondit la tête , car sa bonne santé et sa manière de vivre lui promettent une longue vie , que la plupart accourcissent par la débaudie et l'emportement. »
Don < Quichotte s'approcha ensuite avec sa manièv grave et d'un ton à consulter f oracle : Dis^moi , demanda*t41 , toi qui réponds si bfen , est-ce une vérité ou un songe que ce que j'ai rencontré dans la 4:xveTm de Montesinos ? Sancho , mon écuyer , se donnerart*il les coups dé fouet qu'il a promis ? et verrons-nous le désenchantement de Dulcinée ? « Quant à ce qui est de la caverne, >4it la tête, il y a bien des choses à dire, Taventure tient de la vérité et du songe; les coups de fouet de Sancho seront effectifs , et l'enchantement de Dulcinée finira. » Je n'^i autre chose à s^oir , répliqua don Quichotte , pourvu que je voie Dulcinée désenchantée , je me tiens bien sûr de toutes, les aventures que je voudrai entreprendre. Le dernier qui interrogea, la tête , ce fut Sancho , et il le fit en ces termes : Dis-moi, tête , n'aurai-je point par hasard un autre gou-
vernement ? quitterai*je une fois en ma vie le misérable métier d'écuyer errant , \Bt reverrai-je ma femme et mes enfans? Il lui fut répondu : « Tu gouverneras en ta maison , si tu y retournes ; tu pourras y revoir ta femme et tes enfans , s'ils y, sont; et quand tu ne voudras plus servir, tu ne seras plus écuyer. » Pardi, celui-là n'est pas pourri , ^repartit Sancho ; il ne faut pas être sorcirer pour me dire cela , et je le savais bien sans qti'on me le dît. Et que^ veux-tu donc qu'on te dise, animal? dit don Quichotte : n'es%-ce pas assez, q^e les réponses de la tête s'acçprdent avet les demandes? C'est bien assez, puisque vous Iç voulez , répondit Sancho , mais je vou-. drais qu'elle se fût un ^i\ mieux expliquj^e , et qu'elle m'en <Ht davantage.
Ge fut là la fin des demandes et des réponses;^ mais l'étonnement de la compagnie ne finit pas pour cela ,'et Us étaient tous en admiration , hors les aq^s de doA Antonio , l:iui savaient le secret Cid Hamet Bejiengeli , qui fait scrupule de laisser le lectQiir en suspens, craignant qu'il ne s'ima-gine qu'il y ait de la magie dans une chose ex-traordinaire , le veut aussi révéler.' Don Antonio , dit-il , qui était curieux , fit faire cette tête à rimita4:ion d'une autre qu'il avait vue à Ma- • drid*, pour se divertir auit dépens des ignorans. La t^lje avec son pied, d'où sortaient quatre