‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 193 sur 248 · PARTIE U, LIY. VIII, CHAP. LXIII. 3èj · texte numérisé non relu

PARTIE U, LIY. VIII, CHAP. LXIII. 3èj

suivant il verrait avec moi comment je p^nrais aller en Espagne prendre le trésor que j y avais caché. Cepend^t j'entretins don Q^ar des ris^ ques qu'il courait d'être reconnu , çt Voyant har bille en Morisque , je le mep^ dè$ le soir m^nie devant le to\ , qui fut si surpris dç sa beauté , qu'il ordonna qu'on le gardât po^r en faire présent au grand-€ieigneur ; 'et pour le mettire à couvert du peu de sûreté qu'il y savait d^i^ le ^éyail de se$\ femmes, et craign^qt a^s^j d'ep être tenté lui-même, il le donna en garde ^ une d«m^ More, des principales de la vjl|çy lu) reçQuaup^^^ndant d'en avoir grand soin, et de lui en répondre. On nous sépara ^insi l'un de l'autre; et je laisse à juger à ceux q\ii s'aijinent, ce quç noH^ sentîmes tous deux en cçtte sép^r^tî^Q-

Par l'ordre difvq\ je partis le lendemain dans ce brigantin , accompagnée de dam Tu? es , qui sont ceux qui ont tué yos spldatfi , et d0 ce renégat espagnol , montrât çeïui qni l'avait fait eour naître pour le patron , qni eist plfféjden dans son âiqe y et ^ plus d'envie 4e demeurer en Espagne que de retourner en Qarbiniet; le reste de I^ chiourfnê, ce wnt Mores et Tnrcs, qui ne ser^ vent qij'à la raine. Ces d^u?^ T^rcs, avares çt insolens , contre l'ordre qu'ils avaient de nous mettre à terre , l^ rené^t et moi , en habit de chrétiens , au premier endroit de l'Espagne que

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nous dëcouvririotis , ont Voulu premièrement courir cette côte eVtâcher de faire quelque prise, craignant que s'ils nous mettaient à terre auparavant, nous ne découvrissions peut-être que le brigantin était à la mer , que s'il y avait dés galères à la côte , elles ©c vinssent l'attaquer. La • nuit passée , nous avons découvert cette plage , et sans avoir connaissance de vos galères , nous avons été nous-mêmes découverts, et il nous est airivé ce que vous savez ; enfin le pauvre don Gregorio est demeuré en habit de femme parmi des femmes , et à toute heure en grand danger de sa vie : pour moi , je ne sais si je dois me plaindre de l'état où la fortune m'a réduite ; après tant de malheurs , je commençais à me lasser de la vie , et je n'aurai pas beaucoup de regret de la perdre : tout ce que je vous démande, messieurs, c'est que vous me fassiez la grâee de me laisser mourir chrétienne , puisque je suis innocente de la faute ou sont tombés ceux de notre misérable nation. En achevant de parler, la belle More versa quelques*laiïnel& , et la pitié en fit verser à plusieurs des assistans. Le vice-roi , aussi touché de compassion que les autres, s'approcha d'elle sansiui rien dire , et lui délia lui-|héme les^ mains. Pendant tout le temps que cette belle fille avait mis à conter son histoire, un*vieux*pélerîn, qui était entré avec les gens du vice-roi , avait tou-

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