‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 195 sur 248 · PARTIE 11, Liy. VIII, CHAP. LXIII · texte numérisé non relu

PARTIE 11, Liy. VIII, CHAP. LXIII

montrant qu'il y avait eu dans cette action moins de résistance que de folie , que le général se rendit, çonsidëraint lui-même que c'est une vengeance brutale que celle qu'on prend de sang froid. On parla aussitôt des moyens de tirer don Gaspar Gregprio du péril où il était ; et Bicote offrit pour cela deux mille ducats , qu'il avait sur lui eh pierreries et en perles. De tous les moyens qu'on proposa, U ne s*en trouva point .de meilleur que celui du renégat espagnol , qui s'offrit de retourner à^lger, dans quelque petite barque de. six bancs, équipée de rameurs chrétiens , parce qu*il savait bien où il pouvait débarquer , et en quel temps il le fallait faire , outre qu'il connaissait aussi la maison où était don Gregorio. Le aénéral et le vice-roi faisaient quelque sc|nipule de i5e fier à un renégat , et de lui remettre entre les mains les chrétiens qui devaient ramer. Mais Ani^ Félix %n répondit, et Ricote se chargea de payer la rançon des chrétiens , si par hasard ils venaient à être pi?s. Cela étant ainsi arrêté , le vice-roi prit congé du général, et don Antonio Moreno emmena avec lui Anne Félix *et son père^, le vice- roi lejpriant d'en avoir tous les soins imaginables , et offrant lui-même tout ce qui dépendait de lui , tajut la beauté et la sagesse de la belle More lui avaient domié d'estime et de considération pour elle.

Sgu ^^^ QUICHOTTE,

chapitAe lxiv.

De l'aTenlace qui donna le plus de déplaisir à don Quichotte, de toutes celles qui lui étaient jusque-là a^vées.

La femme Ae don ^ntonio fut ravie d'avoir Anne Félix auprès d'elle ; elle la reçut avec une joie extrême , et lui fR toutes le^ caresses dont elle put s'aviser , autant^^harmée de $a sagesse que de sa l)eauté. Tout ce qu'il y avait d'honnêtes gens, dans la ville venait aussi pour la voir, et tous^ la regstrdaient ay^ admiration.

Dès le mênae soir, don Quichotte dit à don Antonio que la résolution qu'pn avait; prise ppur la liberté de don Gregorio riè lui revenait pas , y ayant tout à craindre, et rien qui donnât espérance de réqfsir; qu'il serait beaucoup plus sur qu'on le passât Jui-mêmç en Çarbarie tout armé , et à cheval ^. et qu'il en tirerait don Gregorio en dépit de tous les Mores , ainsi que don Galiferos avait firé Mélisandre son épouse. Oui, monsieur, répondit S^cho ; mais^ous ne songez pas que quand don Galiferos tira sa femme , ce fut en terre ferme , et il la ramena en France *par la terre ferme; mais ici il y a bien à dire.si par fortune nous délivrons ce don Gregorio ,

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