PARTIE H, UV. Vin, CHAP. LXIV. SgS
par où diable le mener en Espagne , puisque la mer est entre deux i^ Il y a rejnède à tout, hors à la mort, répondit don Quichotte, et notre vaisseau étant à la côte, ne potivons-nous pas nous y embarquer quand toute la terre s'y opposerait ?. Cela ne coûte guèr^ à dire, monsieur, repartit Sancho, mais du dit au fait il y a un grand trait , et pour moi, je m'en fie bien autant au renégat, qui me paraît habile et, homme de bien. Don Antonia dit1[]ue si le renégat ne réussissait pas, on aurait recours à la valeur du gfand don Qui^ho1;J^ , et qu'on le passerait Ai Barbarie. Be là à deux jours, le renégat partit dans un eH^arjjue légère à six rames par banc , et équipée de braves rameurs^ Deux jours après. Je général ayant prié le vice-roi de lui vouloir mander des nouvelles d'Anne Félix, et tout ce qui se l^assqjr^iit dans la liberté de don Grégorio , il prit congé d£ lui, et les galères prirtnt la route du Levant.
Un matin que dqii Quichotte était al^ voir la mei>et se promenait sur le rivage, armé dô toutes pièces., ses armes, à ce qu^il disait toujours, étant toute sa parure, aussi bien que le combat son repos, il vit vçnir un cavalier armé comme lui de pied en cap , avec un écu où était peinte une lune éclatante. Le cavalier s'approcha assez près pour se faire entendre , et adressant ces paroles à don Quichotte , il. cria à haute voix :
394 l>^^ QUICHOTTE.
Illustre chevalier, valeureux don Quichotte de la Manche! je suivie chevalier de la Blanche Lune , dont les ei^loits inou&seront sans doute parvenus jusqu'à tes ôreflfts; je viens ici pour te combattre , et pour éprouver mes forces contre les tiennes , avec dessein de te faire avouer que ma dame , telle qu'elle puisse élre , est incomparablement plus belle que ta Dulcinée du Toboso : si tu veux confesser librement cette réritë, tu évites sftrement 1k mort , et tu me délivres de la ^in^jguefe preiidtais à te la donner; et si tu as envie de combattre / je ne te demande autre chose , après H'avotr taincu , si ce n'est que tù cesses de porter les armes , et. de chercher les aventures durant Fei^ace d'un an , que je prétends que tft te retires en ta maison , sans porter l'épée; 6t vtl^nt doucement , et dans un repos utile*^ ta santé et à tes affaires ; et s'il arrive par hasard que tu me vainques , ma tête est à ta disciétion ; je t'abandoihie mon cheva> et mes armes , et la réputation de mes hauts Yaits tournera entièrement à ta gloire : regalïrde ce que tu trouves de meilleur , et réponds promptement, car je n'ai que ce four-ci pour vider cette affaire. •
Don Quichotte , fort étonné de l'arrogance du chevalier de la Blanche Lune , et du sujet de son défi , lui répondit d'un air fier et sévère :