PARTIE II , LIV. VIlï , CH AP. LXIV. SgS
Chevalier de la Blanche Lune , dont les exploits ne sont point jusqu'ici Tenus à m^ connaissance, je jurera» bien que tous n'aTez jamais tu Tillustre Dulcinée ; car si vous TaTiez vue , tous ne Toudriez pas tous exposer témérairement à un combat dont Tissue est si douteuse , et tous avoueriez tous même qu*il n'y a jamais eu de beauté qui puisse ehtrer en comparaison avec la sienne : ainsi donc , satis vous dire que tous mentez , Mais seulement que vous tous trompez }Àea fort) j'accepte le d^ aux conditions que TOUS avez dites ; et la «fiain à l^œuTre , afin que le jouï* ne se passe point sans décider Taffaire : j'excepte seulemcait tle t^s cotiditions ce que TOUS avez ^ de la réputation de tos grands faits , qui Tont retourner à ma gloire ; je ne sais ce que c'est que cette réputation , et je me contente de la mienne^ telle qu'elle puisse être. Prenez dofu: du champ ce que tous Toudrez , j'en Tais faire autant de ma part, et le succès fera Toir qui sait le mieux se serTir de la lance. On aTâit défcouTert de la ville le cheTalièr de la Blanche Lune, et le vice --roi était déjà averti . qu'on Tavait vu parler à don Quichotte; mais il croyait que c'était quelque -nouvelle aventure que don Antonio ou quelque autre cavalier de la ville , eût inventée; et étant sorti accompagné de don Antonio et de plusieurs autres pour en ■
avoir le plaisir , il arriva justement dans le temps que don Quichotte tournait soti chevS! pouir prendre sa part du champ. Comme il vit que les deux chevaliers retournaient pour se rencon- . tref, il se mit entre deux, çt leur demanda ce qui les obligeait d'en venir si bruscjaement au combat. Le chevalier de la Blanche Lune répondit que c'était sur la préférence de la beauté, redisant en peu de paroles ce qui s'était passé entre lui et don Quichotte , avec les conditions du défi acceptées de part et d'autre. Le vice-roi s'approcha aussitôt de don Antonio , et lui demanda tout bas s'il connaissait le chevalier de la Blanche Lune, ou si c'était quelque tour qu'on voulût faire à don Quichotte ; et don Antonio . ayant répondu qu'il ne savait rien de toute cette affaire , il fut quelque temps en doute s'il permettrait aux combattans de passer outre. Mais ne pouvant pourtant se persuader que Qe pût être autre chose qu'une plaisanterie , il se retira en disant : Seigneurs chevaliers, s'il n'y a point ici <le milieu , qu'il faille mourir ou se confesser , et que le seigneur don. Quichotte ne yeuille point céder, ni le chevalier de la Blanche Lune en démordre, le champ est libre , et Dieu vous conserve ! Le chevalier de la Blanche Lune remercia le vice-roi avec des paroles pleines de courtoisie •'de la permission qu'il leur donnait , et don Qui-