CHAPITRE LXX
Qui traite des choses nécessaires à rintelligehce de cette histoire.
Sancho coucha cette nuit-là sur un lit qu'on lui avait dressé dans la chambre même de don Quichotte ; ce qui ne lui plut pas trop , parce qu'il était fatigué de l'aventure passée , et qu'il savait bien que son maître le fatiguerait encore à force de demandes et de réponses, sans lui laisser un moment de t^pos, et il eût donné quelque chose de bon pour coucher seul dans une écurie, plutôt que dans une chambre magnifiqiie. Il avait raison de craindre , le pauvre homme! don Quichotte ne fut pas |4utôt au Ht, qu'il lui dit : Que te semble , Sancho , de l'aventure de cette nuit ? n'est<e pas tme chose étrange que la force du mépris dans l'amour ? tu ^s ^ni de tes yeux propres, Altisidore au tombeau ; et ce n'est aucune autre flèche ni autre épée ou venin qui l'a tuée , que le seul déplaisir de voir que je la traitais toujours avec mépris. Qu'elle fût morte, à la bonne , de ce qu'elle eût voulu , et quand elle aurait voulu , répondit Sancho , qu'elle m'eût laissé en patience , puisque ce n'est point moi qui lui donnais de l'amour, ni qui Ta-